{"id":117184,"date":"2018-08-27T12:00:42","date_gmt":"2018-08-27T11:00:42","guid":{"rendered":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/?p=117184"},"modified":"2018-08-22T16:14:03","modified_gmt":"2018-08-22T15:14:03","slug":"francais-comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/2018\/08\/francais-comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/","title":{"rendered":"(Fran\u00e7ais) Comprendre les d\u00e9fis \u00e9conomiques du Venezuela"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>06 Ao\u00fbt 2018 &#8211; <em>La crise \u00e9conomique que traverse le Venezuela est-elle bien la preuve de la faillite de la r\u00e9volution bolivarienne? <\/em><em>Dans <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/boutique.investigaction.net\/fr\/home\/8-les-7-peches-d-hugo-chavez.html\" >Les 7 p\u00e9ch\u00e9s d\u2019Hugo Chavez<\/a>, Michel Collon analysait le d\u00e9fi qui se posait: r\u00e9\u00e9quilibrer une \u00e9conomie bas\u00e9e sur la rente p\u00e9troli\u00e8re et disposant de maigres secteurs agricole et industriel. \u00a0<\/em><em>Contrairement \u00e0 certaines id\u00e9es re\u00e7ues, Chavez ne s\u2019est pas content\u00e9 de distribuer l\u2019argent du p\u00e9trole aux pauvres \u00e0 travers des programmes sociaux. L\u2019ancien pr\u00e9sident avait entrepris de jeter les bases n\u00e9cessaires au d\u00e9veloppement d\u2019une v\u00e9ritable \u00e9conomie nationale. <\/em><em>Un processus toujours en cours, mais dont le chemin est sem\u00e9 d\u2019emb\u00fbches. Mieux que les d\u00e9p\u00eaches d\u2019agences bas\u00e9es sur les m\u00e9dias d\u2019opposition, cet extrait des <\/em>7 P\u00e9ch\u00e9s d\u2019Hugo Chavez<em> vous aidera \u00e0 comprendre ce qui est en jeu au Venezuela.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p><em><a href=\"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/bolivar-chavez-maduro-mosaico-5000x37502-640x480-venezuela.jpg\" ><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-117185\" src=\"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/bolivar-chavez-maduro-mosaico-5000x37502-640x480-venezuela.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/bolivar-chavez-maduro-mosaico-5000x37502-640x480-venezuela.jpg 640w, https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/bolivar-chavez-maduro-mosaico-5000x37502-640x480-venezuela-300x225.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/a><\/em><\/p>\n<p><strong>Une \u00e9conomie bloqu\u00e9e et peu productive<\/strong><\/p>\n<p>Telle est donc la situation des diverses classes sociales du Venezuela. Une bourgeoisie nationale \u00e9cras\u00e9e et atrophi\u00e9e, une paysannerie chass\u00e9e de la campagne, un prol\u00e9tariat chass\u00e9 des usines et un secteur informel hypertrophi\u00e9 mais improductif. Toutes les classes subissent les effets de la d\u00e9pendance envers l\u2019\u00e9tranger.<\/p>\n<p>Le n\u0153ud du probl\u00e8me\u00a0? J\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 Jos\u00e9 Rivas, directeur \u00e0 la Banque centrale du Venezuela, quelle \u00e9tait selon lui la cause fondamentale des probl\u00e8mes actuels de l\u2019\u00e9conomie v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne. Il m\u2019a r\u00e9pondu sans h\u00e9siter\u00a0: <em>\u00ab\u00a0C\u2019est encore toujours le caract\u00e8re rentier, non productif, de l\u2019\u00e9conomie de ce pays. Nos grands bourgeois ont toujours v\u00e9cu en gagnant assez, sans avoir \u00e0 se pr\u00e9occuper du fait que les gens n\u2019avaient pas de quoi acheter.\u00a0\u00bb <\/em><\/p>\n<p>La \u2018mal\u00e9diction du p\u00e9trole\u2019 alors\u00a0?<\/p>\n<blockquote><p><em>\u00ab\u00a0Non, le fond du probl\u00e8me, c\u2019est\u00a0: que fait-on avec ce qu\u2019il rapporte\u00a0? La rente p\u00e9troli\u00e8re, comme on dit. Si elle part dans les comptes en banque \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, par \u2018les veines ouvertes de l\u2019Am\u00e9rique Latine\u2019, selon l\u2019expression d\u2019Eduardo Galeano, cela bloque le d\u00e9veloppement du pays. La r\u00e9partition de cette rente p\u00e9troli\u00e8re a favoris\u00e9 la concentration du capital et des revenus. Du coup, la consommation d\u00e9pendait surtout des hauts revenus. M\u00eame si elle a \u00e9galement permis le d\u00e9veloppement d\u2019une certaine industrie, et m\u00eame si, \u00e0 certaines \u00e9poques, les travailleurs en ont \u00e9galement touch\u00e9 une petite part, en gros l\u2019argent du p\u00e9trole n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 bien utilis\u00e9.\u00a0De plus, le d\u00e9veloppement du pays a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s in\u00e9gal, ne cr\u00e9ant aucune industrie dans le Sud, abandonn\u00e9.\u00a0\u00bb<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>Chavez a donc h\u00e9rit\u00e9 d\u2019une \u00e9conomie compl\u00e8tement d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9e. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, un poids exag\u00e9r\u00e9 du p\u00e9trole mais aussi des services\u00a0: commerce, finances, sp\u00e9culation immobili\u00e8re. De l\u2019autre, l\u2019industrie et l\u2019agriculture sont rachitiques. Ce n\u2019est pas que les gens ne veulent pas travailler, comme on entend parfois. Non, \u00e0 cinq heures du matin, vous voyez des foules de gens descendre des <em>barrios<\/em> de Caracas. Ils ne restent pas au lit, ils vont bosser. La question, c\u2019est\u00a0: quel travail\u00a0s\u2019offre \u00e0 eux ? Ca se limite au commerce, la construction, quelques petites industries\u2026 Il n\u2019y a pas un tissu \u00e9conomique valable.<\/p>\n<p><strong>Faire le bon diagnostic<\/strong><\/p>\n<p>Faire le bon diagnostic est donc vital pour toute alternative\u00a0en Am\u00e9rique latine : c\u2019est la d\u00e9pendance qui envoie au Nord toute la plus-value produite dans ces pays et emp\u00eache qu\u2019elle serve au d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>D\u00e9signer la vraie cause de la pauvret\u00e9 est donc fondamental, comme l\u2019indique le sociologue James Petras\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p><em>\u00ab\u00a0Les niveaux de vie en recul et la pauvret\u00e9 massive sont \u00e0 la fois la cause et la cons\u00e9quence de la centralisation de la richesse et du capital entre les mains d\u2019un petit nombre de banques \u00e9trang\u00e8res et nationales. Les in\u00e9galit\u00e9s ont atteint des niveaux sans pr\u00e9c\u00e9dent tandis que le capital et les produits \u00e9trangers dominent les march\u00e9s et les \u00e9conomies locales. \u00bb<\/em><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><\/a><a >[1]<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>C\u2019est en d\u00e9cidant de se sp\u00e9cialiser dans l\u2019exportation des produits agricoles et miniers au service des pays imp\u00e9riaux que l\u2019\u00e9lite latino-am\u00e9ricaine a provoqu\u00e9 un ch\u00f4mage massif.\u00a0Jamais, dans ses innombrables \u00e9tudes et rapports sur la pauvret\u00e9, la Banque mondiale ne signale que ce sont les grandes puissances, les multinationales et la Banque mondiale elle-m\u00eame qui ont provoqu\u00e9 cette pauvret\u00e9.<\/p>\n<p>Comme toutes les grandes agences internationales, comme tous les m\u00e9dias dominants, la Banque mondiale veut bien parler des pauvres mais sans jamais expliquer pourquoi ils le sont. Sans jamais faire le lien avec les riches. Comme si ces deux ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9taient s\u00e9par\u00e9s, comme si la fortune des uns ne venait pas de \u2019exploitation et de la mis\u00e8re des autres.<\/p>\n<p>A cause de cette d\u00e9pendance envers les multinationales, tous les r\u00e9gimes qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 Chavez se sont montr\u00e9s incapables de d\u00e9velopper au Venezuela une \u00e9conomie moderne, \u00e9quilibr\u00e9e et satisfaisant les besoins de la population. Mais y a-t-il un rem\u00e8de pour sortir de cette impasse\u00a0?<\/p>\n<p><strong>La solution\u00a0? Un d\u00e9veloppement \u2018endog\u00e8ne\u2019.<\/strong><\/p>\n<p>Au lendemain du coup d\u2019Etat \u00e9conomique de janvier 2003, Hugo Chavez lance un appel solennel \u00e0 tous les secteurs du pays\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p><em>\u00ab\u00a0Ind\u00e9pendamment de notre id\u00e9ologie, ind\u00e9pendamment de nos concepts politiques et philosophiques, nous avons tous un but commun : faire progresser le pays et l\u2019\u00e9conomie afin de les d\u00e9velopper. Pour cr\u00e9er de l\u2019emploi, il est n\u00e9cessaire de r\u00e9activer l\u2019ensemble de l\u2019\u00e9conomie : les petites et moyennes entreprises, les grandes entreprises, l\u2019agro-industrie et l\u2019agriculture. J\u2019adresse un appel \u00e0 tous, patrons d\u2019entreprises et travailleurs, travaillons ensemble pour l\u2019avenir du pays. Le Venezuela ne doit pas se contenter d\u2019exporter du p\u00e9trole. <\/em><em>Il doit \u00e9galement devenir un pays industrialis\u00e9, un pays agricole, un pays touristique. Et dans tout ceci l\u2019industrie doit jouer un r\u00f4le fondamental.\u00a0\u00bb<\/em><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><\/a><a >[2]<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>Et comment d\u00e9velopper le pays\u00a0? En cr\u00e9ant une \u00e9conomie qui \u00e9chappe \u00e0 la d\u00e9pendance envers les multinationales\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p><em>\u00ab Avant tout, la production pour le march\u00e9 national afin de satisfaire les besoins internes du pays. Exporter n\u2019est pas la priorit\u00e9 pour notre pays.\u00a0\u00bb<\/em>. C\u2019est ce que Chavez appelle le d\u00e9veloppement \u2018endog\u00e8ne\u2019\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Etre en mesure de produire nous-m\u00eames les graines dont nous avons besoin pour ensemencer, la nourriture que nous consommons, les v\u00eatements que nous portons, les produits et services dont nous avons besoin. Nous devons briser le carcan de la d\u00e9pendance \u00e9conomique, culturelle et technologique.\u00a0\u00bb<\/em><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftn3\" name=\"_ftnref3\"><\/a><a >[3]<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>\u2018Endog\u00e8ne\u2019 signifie, selon le petit Robert\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Qui prend naissance \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un corps, d\u2019un organisme.\u00a0\u00bb <\/em>L\u2019id\u00e9e est que le salut ne viendra pas des exportations, mais de la croissance interne. L\u2019id\u00e9e, c\u2019est de d\u00e9velopper l\u2019industrie et la production alimentaire nationale\u00a0tout en augmentant la collaboration avec les autres pays latino-am\u00e9ricains (qui d\u2019ailleurs font partie du m\u00eame \u2018corps\u2019 dans la vision de Chavez). Objectif\u00a0: r\u00e9duire fortement la d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019\u00e9gard des investissements et des importations provenant des \u00c9tats-Unis. La priorit\u00e9, c\u2019est de soutenir les initiatives locales. Par exemple, le d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel 3898 oblige toutes les industries de bases \u2013 publiques ou priv\u00e9es \u2013 \u00e0 fournir d\u2019abord les entreprises de transformation nationales et \u00e0 exporter seulement l\u2019exc\u00e9dent.<\/p>\n<p><strong>Une \u00e9conomie mixte o\u00f9 coexistent diverses formes de propri\u00e9t\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Pour d\u00e9velopper cette production nationale, deux \u00e9l\u00e9ments sont indispensables\u00a0: 1. Une intervention forte de l\u2019Etat pour rem\u00e9dier aux faiblesses de cette \u00e9conomie. Et la d\u00e9fendre contre les multinationales qui ne voient pas d\u2019un bon \u0153il ce pays leur \u00e9chapper. 2. Une \u00e9conomie mixte combinant diff\u00e9rentes formes de propri\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0La r\u00e9volution n\u2019est pas l\u00e0 pour d\u00e9truire la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, <\/em>affirme Chavez. <em>Au contraire, nous devons la stimuler et la soutenir afin de d\u00e9velopper le pays en compagnie du secteur public.\u00a0\u00bb <\/em>Vu l\u2019arri\u00e9ration et la faiblesse de l\u2019\u00e9conomie v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne, il faut absolument mobiliser et soutenir toutes les formes de propri\u00e9t\u00e9 et d\u2019organisation \u00e9conomiques qui pourront s\u2019av\u00e9rer utiles. L\u2019\u00e9conomie v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne sera donc, et pour longtemps, mixte\u00a0: un secteur priv\u00e9, un secteur public, un secteur coop\u00e9ratif. Tous les trois. Il s\u2019agit de lib\u00e9rer les initiatives et la cr\u00e9ativit\u00e9 des classes populaires tout en maintenant les formes de propri\u00e9t\u00e9 capitaliste dont on ne peut se passer.<\/p>\n<p>Ceci implique des politiques positives envers les capitalistes petits et moyens, envers la classe ouvri\u00e8re, envers les paysans et aussi pour r\u00e9int\u00e9grer les informels dans la production. Ces quatre axes sont tous indispensables\u2026<\/p>\n<p>D\u2019abord, le gouvernement entend prot\u00e9ger les entreprises des petits et moyens capitalistes, car elles ont un r\u00f4le important \u00e0 jouer.<\/p>\n<blockquote><p><em>\u00ab\u00a0Nous devons,<\/em> dit Chavez, <em>les prot\u00e9ger contre les monopoles, contre les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9lev\u00e9s des banques, contre n\u2019importe quelle menace susceptible de d\u00e9stabiliser les petits et moyens projets que tant de V\u00e9n\u00e9zu\u00e9liens voudraient lancer ou ont d\u00e9j\u00e0 lanc\u00e9s.\u00a0\u00bb<\/em><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftn4\" name=\"_ftnref4\"><\/a><a >[4]<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>Une loi pour la promotion des investissements donne la possibilit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00c9tat de soutenir les entrepreneurs partout dans le pays. De m\u00eame, l\u2019instauration de la cha\u00eene de magasins publics Mercal, d\u00e9crite au d\u00e9but de ce livre, a permis aux pouvoirs publics de passer des contrats avec des coop\u00e9ratives, mais aussi avec les petites et moyennes industries. N\u00e9anmoins, la faiblesse g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019industrie ne permet pas d\u2019offrir rapidement des emplois \u00e0 ces millions de gens perdus dans le secteur informel. Que faire alors\u00a0? La cr\u00e9ation de coop\u00e9ratives semble une bonne r\u00e9ponse au probl\u00e8me\u2026<\/p>\n<p><strong>Les coop\u00e9ratives\u00a0: un beau projet\u2026<\/strong><\/p>\n<p>A l\u2019arriv\u00e9e de Chavez, le Venezuela comptait seulement 762 coop\u00e9ratives l\u00e9galement enregistr\u00e9es. Depuis, leur nombre a explos\u00e9. Il y en aurait entre cinquante et septante mille. Il s\u2019agit soit de petits commerces, restaurants ou h\u00f4tels, soit de petites entreprises de transports comme les <em>moto \u2013 taxis<\/em> de Caracas, soit de coop\u00e9ratives agricoles, soit encore de petits groupes qui s\u2019occupent d\u2019entretenir et d\u2019embellir les quartiers. La plupart de ces coop\u00e9ratives comptent \u00e0 peine cinq ou six membres, souvent d\u2019une m\u00eame famille.<\/p>\n<p>8% des coop\u00e9ratives r\u00e9alisent une production industrielle, et dans ce secteur, la taille est plus importante. Par exemple, lors de notre visite, pr\u00e8s de trois cents ouvri\u00e8res \u00e9taient employ\u00e9es dans les deux usines du noyau endog\u00e8ne Fabricio Ojeda, dans la banlieue de Caracas. L\u2019une fabrique des chaussures. L\u2019autre des T-shirts, des bleus de travail, des pantalons\u2026<\/p>\n<p>La cr\u00e9ation de ces coop\u00e9ratives a constitu\u00e9 une v\u00e9ritable petite r\u00e9volution : <em>\u00ab\u00a0J\u2019\u00e9tais une m\u00e8re qui restait \u00e0 la maison\u00a0\u00bb,<\/em> nous explique Maria, ouvri\u00e8re de 35 ans qui parle avec un enthousiasme communicatif au milieu du bruit des machines\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p><em>\u00ab\u00a0Je me consacrais seulement \u00e0 mon foyer. Quand la Mission est arriv\u00e9e, je me suis motiv\u00e9e. J\u2019ai termin\u00e9 mon baccalaur\u00e9at (je n\u2019\u00e9tais pas all\u00e9e jusqu\u2019au bout), je me suis form\u00e9e, et aujourd\u2019hui, je travaille\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftn5\" name=\"_ftnref5\"><\/a><a >[5]<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>M\u00eame enthousiasme chez Alida Bastida, superviseuse \u00e9lue par les travailleuses de l\u2019usine de T-shirts. La quarantaine rayonnante, un sourire lumineux \u00e9clairant son visage, elle nous fait visiter les divers postes de travail : <em>\u00ab\u00a0Ici, nous avons des femmes qui \u00e9taient compl\u00e8tement enferm\u00e9es dans leurs maisons. Quand le pr\u00e9sident a parl\u00e9 de former une coop\u00e9rative qui nous donnerait une formation et du travail, et qu\u2019alors nous serions nos propres propri\u00e9taires, eh bien, tout cela a \u00e9t\u00e9 une merveille pour nous. <\/em><em>Nous \u00e9tions remplies de fiert\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb\u00a0<\/em><\/p>\n<p>Est-ce ici la pr\u00e9figuration d\u2019un nouveau type de soci\u00e9t\u00e9\u00a0? Alida en est convaincue\u00a0:<em> \u00ab\u00a0Ici, nous sommes toutes associ\u00e9es, pas de patron, nous sommes toutes propri\u00e9taires.\u00a0\u00bb<\/em> En parlant avec ces femmes, on sent que leur vie a chang\u00e9 du tout au tout. D\u2019autant que leurs enfants sont pris en charge par une garderie, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019atelier, et ne sont plus un souci. L\u2019\u00e9mancipation gr\u00e2ce au travail.<\/p>\n<p><strong>\u2026pour d\u00e9velopper une \u00e9conomie populaire<\/strong><\/p>\n<p>Comment fonctionne la coop\u00e9rative\u00a0? Les grandes d\u00e9cisions se prennent en assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, chaque mercredi\u00a0: au milieu de la grande cour, entre les ateliers et le dispensaire de soins qui fait aussi partie du complexe Fabricio Ojeda, on a construit deux gradins de bancs qui se font face. Sous un large auvent, et sans murs car il faut que l\u2019air circule. Ici, la nouvelle d\u00e9mocratie \u00e9conomique fonctionne \u00e0 ciel ouvert.<\/p>\n<p>Ce projet a \u00e9t\u00e9 financ\u00e9 par PDVSA, la soci\u00e9t\u00e9 publique du p\u00e9trole. Mais la d\u00e9cision de fonder une coop\u00e9ratives ne peut \u00eatre parachut\u00e9e d\u2019en haut, les gens doivent d\u2019abord s\u2019organiser en collectif. L\u2019initiative est venue des gens du quartier, nous explique Briteira Perez:<\/p>\n<blockquote><p>\u00a0<em>\u00ab\u00a0Nous avons commenc\u00e9 avec des assembl\u00e9es, les gens se sont mis \u00e0 discuter. Nous avons demand\u00e9 aux enfants, aux adolescents, aux adultes, aux personnes du troisi\u00e8me \u00e2ge\u00a0: \u2018Que devons-nous faire sur ce terrain l\u00e0-bas qui appartient \u00e0 PDVSA\u00a0?\u2019 Ils nous ont r\u00e9pondu\u00a0: \u2018Nous n\u2019avons pas de terrain de jeu, pas de clinique, ni magasin, ni centre de r\u00e9cr\u00e9ation\u2019. Alors, nous avons r\u00e9dig\u00e9 un document et l\u2019avons apport\u00e9 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 PDVSA, qui nous a bien soutenus. Aujourd\u2019hui, notre r\u00eave s\u2019est r\u00e9alis\u00e9. <\/em><em>Nous avons une clinique, un magasin, un terrain de jeux, un centre de production, et de loisirs en m\u00eame temps. Donc, une bonne qualit\u00e9 de vie.\u00a0\u00bb <\/em><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftn6\" name=\"_ftnref6\"><\/a><a >[6]<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>Ce qui est en train de na\u00eetre ici, c\u2019est peut-\u00eatre une nouvelle forme d\u2019\u00e9conomie, li\u00e9e \u00e0 la vie des gens du quartier. Plus d\u00e9mocratique au fond. Comme le dit Wilmar, un des rares hommes membres de la coop\u00e9rative\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p><em>\u00ab\u00a0Il s\u2019agissait de partir des gens qui sont ici pour r\u00e9aliser la transformation \u00e9conomique. On forme \u00e0 un travail afin de r\u00e9aliser une nouvelle mani\u00e8re de produire. Au lieu de produire pour quelques-uns, on produit de tous pour tous.\u00a0\u00bb <\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>Pour d\u00e9marrer, ces coop\u00e9ratives ont fortement besoin des mesures d\u2019encouragement de l\u2019Etat\u00a0: cr\u00e9dits g\u00e9n\u00e9reux, longs d\u00e9lais de remboursement et exemption de toutes taxes. Les premi\u00e8res machines de <em>Fabricio Ojeda<\/em> ont \u00e9t\u00e9 financ\u00e9es par de telles aides. Mais le but est qu\u2019une coop\u00e9rative devienne ind\u00e9pendante, rembourse les emprunts initiaux et soit capable d\u2019acqu\u00e9rir elle-m\u00eame ses \u00e9quipements. En 2006, <em>Fabricio Ojeda<\/em> a pu acheter sur ses fonds propres huit nouvelles machines \u00e0 coudre. Avec quelle fiert\u00e9\u00a0!<\/p>\n<p><strong><em>\u00ab\u00a0Maintenant, nous pouvons prendre l\u2019initiative.\u00a0\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n<p>A Mango de Ocoita, sur la c\u00f4te \u00e0 130 kilom\u00e8tres \u00e0 l\u2019est de Caracas, les paysans de la coop\u00e9rative <em>Cafecao<\/em> sont heureux que les sept millions de dollars vers\u00e9s par PDVSA aient permis de construire une usine qui traite leur cacao. Ainsi, ils peuvent produire du beurre de cacao, de la poudre et de la liqueur et les exporter eux-m\u00eames. Pedro Venegas, se r\u00e9jouit\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Nous \u00e9tions forc\u00e9s de vendre nos f\u00e8ves brutes \u00e0 n\u2019importe quel acheteur qui se pr\u00e9sentait. <\/em><em>Maintenant nous pourrons prendre l\u2019initiative.\u00a0\u00bb<\/em><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftn7\" name=\"_ftnref7\"><\/a><a >[7]<\/a>. Pour cela, trois mille paysans se sont organis\u00e9s en coop\u00e9rative.<\/p>\n<p>M\u00eame le tourisme peut devenir plus social. Par exemple, sur la c\u00e9l\u00e8bre et paradisiaque Isla Margarita, l\u2019h\u00f4tel <em>Residencia Guaiqueri<\/em>, menac\u00e9 de faillite, a r\u00e9ussi \u00e0 se reconvertir. A pr\u00e9sent, il est g\u00e9r\u00e9 en coop\u00e9rative. L\u2019ancien patron dirige toujours le travail, mais dor\u00e9navant chaque travailleur a son mot \u00e0 dire et est trait\u00e9 en \u00e9gal. L\u2019h\u00f4tel accueille \u00e0 pr\u00e9sent des centaines de fonctionnaires qui re\u00e7oivent des bons de vacances et paient seulement dix dollars la nuit. Les douze emplois ont pu \u00eatre sauv\u00e9s, et l\u2019h\u00f4tel a m\u00eame engag\u00e9 seize nouveaux employ\u00e9s parmi la population pauvre et non qualifi\u00e9e.<a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftn8\" name=\"_ftnref8\"><\/a><a >[8]<\/a><\/p>\n<p>Dans le secteur des petits services, j\u2019ai senti le m\u00eame enthousiasme. Sur un grand parking du quartier <em>23 janvier<\/em> dans la banlieue de Caracas, Alfonso s\u2019arr\u00eate un instant de balayer pour nous expliquer comment fonctionne cette petite soci\u00e9t\u00e9 de nettoyage et d\u2019embellissement\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p><em>\u00ab\u00a0Nous nous sommes associ\u00e9s \u00e0 quarante. Cette soci\u00e9t\u00e9 nous appartient maintenant, et nous surveillons nous-m\u00eames notre travail.\u00a0\u00bb<\/em><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftn9\" name=\"_ftnref9\"><\/a><a >[9]<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>Les mentalit\u00e9s changent-elles facilement\u00a0? Alida explique comment son atelier g\u00e8re l\u2019absent\u00e9isme : <em>\u00ab\u00a0Si une travailleuse souffre d\u2019un probl\u00e8me de sant\u00e9 l\u00e9gitime, elle peut b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un cong\u00e9 tout en recevant le m\u00eame salaire que n\u2019importe qui d\u2019autre. <\/em><em>Par contre, \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e, le b\u00e9n\u00e9fice de la coop\u00e9rative est redistribu\u00e9 \u00e0 chaque travailleur sur la base du nombre de jours travaill\u00e9s.\u00a0\u00bb<\/em> Et \u00e7a marche. L\u2019an dernier, les ouvri\u00e8res ont gagn\u00e9 presque autant en b\u00e9n\u00e9fices qu\u2019avec leur salaire.<a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftn10\" name=\"_ftnref10\"><\/a><a >[10]<\/a><\/p>\n<p>Tout comme les entreprises autog\u00e9r\u00e9es, les coop\u00e9ratives sont donc tr\u00e8s utiles dans le contexte actuel du Venezuela. D\u2019abord, elles \u00e9largissent le secteur productif et diminuent le ch\u00f4mage. Ensuite, elles apprennent aux gens \u00e0 s\u2019auto \u2013 organiser, \u00e0 rompre avec la passivit\u00e9 et le fatalisme. Enfin, elles introduisent des comportements \u00e9conomiques nouveaux, qui ne sont pas tourn\u00e9s vers le seul profit, mais prennent aussi en compte la valorisation des membres et la satisfaction des besoins de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Dans un pays peu d\u00e9velopp\u00e9, le syst\u00e8me coop\u00e9ratif appara\u00eet donc comme un facteur indispensable pour mettre en place une \u00e9conomie populaire. Par exemple, les coop\u00e9ratives de p\u00eacheurs ont obtenu de bons r\u00e9sultats, parvenant \u00e0 battre en br\u00e8che le monopole des grosses compagnies.<\/p>\n<p>Actuellement, les coop\u00e9ratives occuperaient environ 7% de la main d\u2019\u0153uvre du pays. Ce pourcentage semble appel\u00e9 \u00e0 augmenter. Seulement, sans un appui solide de l\u2019Etat, soit elles resteront limit\u00e9es \u00e0 des secteurs tout \u00e0 fait marginaux, soit elles se feront \u00e9liminer par les grosses soci\u00e9t\u00e9s qui dominent le march\u00e9. Comme ce fut le cas en Europe au d\u00e9but du vingti\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9conomiste Jos\u00e9 Rivas nous confirme ce danger\u00a0:\u00a0<em>\u00ab\u00a0Prenez une coop\u00e9rative de poulets. Elle travaille bien. Seulement, ce sont les multinationales qui contr\u00f4lent les couveuses, les aliments et la distribution. Comment voulez-vous qu\u2019elles ne se fassent pas \u00e9trangler\u00a0?\u00a0La pression est telle qu\u2019en fait, ces coop\u00e9ratives risquent juste de servir de couverture pour une main d\u2019\u0153uvre purement capitaliste, mais non tax\u00e9e\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> Aussi, un nouveau minist\u00e8re de l\u2019Economie populaire a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 de les prot\u00e9ger et les aider \u00e0 se d\u00e9velopper. L\u2019Etat leur fournit des cr\u00e9dits int\u00e9ressants et passe des contrats avec elles. De plus, la mission <em>Vuelvan Caras<\/em> distribue des bourses et organise des formations en gestion, comptabilit\u00e9 et autres techniques.<\/p>\n<p><strong>Changer les mentalit\u00e9s prendra du temps<\/strong><\/p>\n<p>Car il faut admettre que tout n\u2019est pas rose. D\u2019apr\u00e8s l\u2019organisme de contr\u00f4le, la moiti\u00e9 des coop\u00e9ratives seraient en situation irr\u00e9guli\u00e8re, ne fournissant pas leurs comptes de fa\u00e7on r\u00e9guli\u00e8re et satisfaisante.<\/p>\n<p>D\u2019une part, de nombreuses coop\u00e9ratives sont en r\u00e9alit\u00e9 des entreprises capitalistes classiques qui se sont d\u00e9guis\u00e9es pour b\u00e9n\u00e9ficier des avantages des nouvelles lois et ne pas payer certaines taxes. D\u2019autre part, beaucoup fonctionnent de fa\u00e7on inefficace, car les coop\u00e9rateurs manquent soit de conscience, soit d\u2019exp\u00e9rience. N\u2019ayant pas appris, par exemple, comment organiser une cha\u00eene de travail. Il y a bien eu une formation au d\u00e9part, mais elle n\u2019est pas permanente. Autre probl\u00e8me\u00a0: l\u2019\u00e9galitarisme. Beaucoup de membres entendent appliquer d\u2019embl\u00e9e l\u2019\u00e9galit\u00e9 dans les salaires. Mais ce n\u2019est pas tr\u00e8s r\u00e9aliste, et des cadres ou travailleurs qualifi\u00e9s vont donc chercher ailleurs.<\/p>\n<p>Finalement, il semble que l\u2019id\u00e9e des coop\u00e9ratives soit excellente, mais bien difficile \u00e0 r\u00e9aliser. Quelques-unes ont atteint un r\u00e9el niveau d\u2019efficacit\u00e9 \u00e9conomique, mais la plupart sont encore incapables de soutenir la concurrence du secteur priv\u00e9 pour l\u2019efficacit\u00e9, les prix, la qualit\u00e9. A cause de l\u2019improvisation et d\u2019une mauvaise utilisation des fonds publics, l\u2019Etat a perdu des dizaines de millions de dollars.<\/p>\n<p>Piloter une exp\u00e9rience aussi nouvelle n\u2019est pas simple, indique Steve Ellner professeur \u00e0 l\u2019universit\u00e9 d\u2019Oriente \u2013 Anzoategui (Venezuela) :<\/p>\n<blockquote><p><em>\u00ab\u00a0 Le minist\u00e8re a tent\u00e9 d\u2019exercer davantage de contr\u00f4le, mais il se peut qu\u2019il ait vers\u00e9 dans l\u2019exc\u00e8s inverse. Les coop\u00e9ratives sont d\u00e9sormais tenues de demander tous les trois mois au bureau principal du minist\u00e8re, \u00e0 Caracas, un certificat attestant qu\u2019elles ont bien assum\u00e9 leurs responsabilit\u00e9s. <\/em><em>Les d\u00e9marches, qui incluent la pr\u00e9sentation d\u2019un bilan sign\u00e9 par un expert-comptable, demandent \u00e9norm\u00e9ment de temps. Par ailleurs, la coop\u00e9rative doit prouver sa solvabilit\u00e9 en mati\u00e8re d\u2019obligations financi\u00e8res envers des agences gouvernementales telles que la s\u00e9curit\u00e9 sociale ou encore l\u2019institut de formation professionnelle.\u00a0\u00bb<\/em><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftn11\" name=\"_ftnref11\"><\/a><a >[11]<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>Face \u00e0 ce bilan tr\u00e8s mitig\u00e9, faut-il tout jeter\u00a0? Non, r\u00e9pond Jos\u00e9 Rivas\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p><em>\u00ab\u00a0C\u2019est vrai qu\u2019il n\u2019y en a peut-\u00eatre que 5% de valables jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent. Beaucoup se sont form\u00e9es pour voler l\u2019Etat ou pr\u00e9cariser la main d\u2019\u0153uvre. En fait, on manque de statistiques pr\u00e9cises\u00a0; bient\u00f4t, seront r\u00e9alis\u00e9es les premi\u00e8res statistiques \u00e9conomiques depuis vingt ans. M\u00eame si une minorit\u00e9 seulement peut \u00eatre qualifi\u00e9e de succ\u00e8s, m\u00eame si les former est difficile, il faut leur laisser du temps pour acqu\u00e9rir cette formation, pour d\u00e9velopper une culture du travail productif.\u00a0\u00bb <\/em>Il faut ajouter une condition, estime l\u2019\u00e9conomiste Rafael Enciso\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Une planification \u00e9conomique s\u00e9rieuse doit absolument pr\u00e9ciser quels types de coop\u00e9ratives sont n\u00e9cessaires, pour remplir quelles t\u00e2ches, et avec quelle formation id\u00e9ologique.\u00a0\u00bb<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>Pour le journaliste argentin Guillermo Almeyra, c\u2019est dans ce d\u00e9fi que se joue l\u2019avenir du Venezuela\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p><em>\u00ab\u00a0Chavez veut \u2018semer le p\u00e9trole\u2019, c\u2019est-\u00e0-dire d\u00e9velopper avec la richesse p\u00e9troli\u00e8re la production d\u2019aliments et de produits agroindustriels. Mais pour que cette intention louable devienne r\u00e9alit\u00e9, il ne suffit pas de verser des subsides aux paysans pour qu\u2019ils ne quittent pas la campagne pour la ville\u00a0: il faut leur donner des terres, du soutien technique et, surtout, des conditions politiques pour leur permettre de surmonter de la bureaucratie durant une premi\u00e8re phase pendant laquelle ils devront apprendre, en tr\u00e9buchant, comment produire en autogestion et comment r\u00e9pondre \u00e0 un march\u00e9 int\u00e9rieur impr\u00e9cis et en formation.\u00a0\u00bb<\/em><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftn12\" name=\"_ftnref12\"><\/a><a >[12]<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>Les coop\u00e9ratives ont donc besoin de temps pour se former et \u00e9lever leur niveau de conscience. C\u2019est tout un processus. Mais celles qui ont r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9preuve du temps ont r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9int\u00e9grer de nombreux exclus dans l\u2019\u00e9conomie productive. Elles ont permis \u00e0 leurs membres d\u2019acqu\u00e9rir des comp\u00e9tences de gestion et de changer leur attitude dans le sens de la coop\u00e9ration et de la solidarit\u00e9. Ainsi, les membres des coop\u00e9ratives sont l\u00e9galement tenus de travailler pour leur communaut\u00e9, par exemple en assurant un service de maintenance dans les \u00e9coles ou en distribuant des cadeaux de No\u00ebl aux enfants. De plus, partager les b\u00e9n\u00e9fices de l\u2019entreprise permet de rompre avec la tradition du travail salari\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Les usines r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es<\/strong><\/p>\n<p>Aux coop\u00e9ratives, il faut ajouter ce qu\u2019on appelle les \u2018usines r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es\u2019. Il s\u2019agit d\u2019usines que leurs patrons ont ferm\u00e9es, et dont les ouvriers tentent de continuer la production avec le soutien de l\u2019Etat.<\/p>\n<p>Comment \u00e7a se passe\u00a0? Soit l\u2019Etat n\u00e9gocie la reprise avec les propri\u00e9taires, soit il les exproprie moyennant une indemnit\u00e9 raisonnable. Il remet alors l\u2019entreprise aux travailleurs qui devront lui verser une redevance. La gestion est confi\u00e9e conjointement aux \u00e9lus des travailleurs et aux repr\u00e9sentants de l\u2019Etat.<\/p>\n<p>Exemple\u00a0: l\u2019entreprise Sanitarios Maracay. Lorsque ses 800 travailleurs ont fait gr\u00e8ve pour exiger le paiement effectif des salaires et le respect des conditions l\u00e9gales de travail, le patron Alvaro Pocaterra a fini par mettre la cl\u00e9 sous le paillasson, pr\u00e9f\u00e9rant investir ses capitaux dans des affaires lui rapportant plus. Pourtant, l\u2019usine disposait de bonnes machines et sa production s\u2019\u00e9coulait. Avec les besoins du pays en nouveaux logements, c\u2019\u00e9tait certainement une production utile. L\u2019Etat a donc aid\u00e9 les travailleurs \u00e0 la continuer. Sauver des entreprises que la bourgeoise v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne laisse tomber, c\u2019est emp\u00eacher la d\u00e9sindustrialisation, c\u2019est pr\u00e9server le pouvoir d\u2019achat et l\u2019emploi. Egalement dans les entreprises sous-traitantes.<\/p>\n<p>Mais, apr\u00e8s un an, l\u2019exp\u00e9rience de Sanitarios Maracay a pris fin. Ce n\u2019est pas le seul \u00e9chec d\u2019une usine r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e. En cause, notamment\u00a0: les divisions qui marquent le mouvement syndical. Comment continuer une usine autog\u00e9r\u00e9e sans que les travailleurs se transforment en patrons\u00a0? Au sein du mouvement ouvrier, ce d\u00e9bat ne fait que commencer.<\/p>\n<p>C\u2019est qu\u2019il s\u2019agit d\u2019introduire peu \u00e0 peu une autre logique \u00e9conomique. Ha\u00efman El Troudi, un proche conseiller de Chavez, propose d\u2019appeler \u00ab\u00a0entreprises de production sociale\u00a0\u00bb ces usines r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es ainsi que les coop\u00e9ratives :<\/p>\n<blockquote><p><em>\u00ab\u00a0Les Entreprises de Production Sociale produisent pour satisfaire les besoins sociaux, et non pas dans l\u2019objectif de vendre pour vendre et d\u2019augmenter leurs revenus. Elles ne cherchent pas \u00e0 stimuler la consommation de biens superflus ou luxueux, elles se concentrent sur la fabrication de produits fondamentaux pour la subsistance des humains. Elles accomplissent des prestations sociales au b\u00e9n\u00e9fice de leurs communaut\u00e9s, elles se lient aux conseils communaux, elles tissent des relations de commerce \u00e9quitable, rompent les cha\u00eenes de la distribution et de la sp\u00e9culation, construisent des relations de d\u00e9mocratie directe \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des unit\u00e9s de travail, donnent une r\u00e9mun\u00e9ration digne aux travailleurs\u00a0: \u00e0 chacun selon ses besoins et selon son travail, elles prennent un engagement \u00e9cologique envers les g\u00e9n\u00e9rations futures\u2026\u00a0\u00bb<\/em> <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftn13\" name=\"_ftnref13\"><\/a><a >[13]<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>Transformer la soci\u00e9t\u00e9 implique de transformer l\u2019homme. Comme Che Guevara, mais avec d\u2019autres m\u00e9thodes, Chavez ambitionne de pr\u00e9parer \u00ab\u00a0l\u2019homme nouveau\u00a0\u00bb. Une t\u00e2che de longue haleine.<\/p>\n<p><strong>Pourquoi la r\u00e9forme agraire n\u2019avance pas tr\u00e8s vite<\/strong><\/p>\n<p>Pour qu\u2019une r\u00e9forme agraire r\u00e9ussisse, il faut que les petits paysans \u2013 qui partent avec un handicap face aux grosses exploitations et aux importations des multinationales \u00e9trang\u00e8res \u2013 obtiennent des terres, mais aussi des cr\u00e9dits \u00e0 bon march\u00e9, des machines modernes, des formations techniques.<\/p>\n<p>Mais \u00e7a ne suffit pas. Face aux multinationales qui dominent les march\u00e9s internationaux, l\u2019Etat devra \u00e9galement jouer un r\u00f4le important. Notamment en aidant \u00e0 relancer les productions locales traditionnelles qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9laiss\u00e9es ou carr\u00e9ment abandonn\u00e9es lorsque le Venezuela est devenu un Etat accro au p\u00e9trole.<\/p>\n<p>Par exemple, le chocolat. Le cacao v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien est de grande qualit\u00e9. Actuellement, il s\u2019exporte en Suisse, en Italie, en Belgique. Et revient au Venezuela sous forme de\u2026 b\u00e2tons bien plus chers. La mati\u00e8re premi\u00e8re vient du Sud, le profit se r\u00e9alise dans le Nord. Pareil pour la canne \u00e0 sucre et le caf\u00e9. Dans les Andes et \u00e0 l\u2019est du pays, on cultive un caf\u00e9 qui pousse \u00e0 l\u2019ombre et donne des grains de grande qualit\u00e9, aux ar\u00f4mes doux et puissants. Il exige davantage de main d\u2019\u0153uvre, mais pourrait d\u00e9velopper les exportations.<\/p>\n<p>Comment d\u00e9velopper des productions locales plus \u00e9labor\u00e9es qui cr\u00e9ent de la valeur dans le pays m\u00eame\u00a0? L\u2019Etat devra aider les coop\u00e9ratives paysannes \u00e0 acqu\u00e9rir le savoir-faire n\u00e9cessaire et \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer le contr\u00f4le des produits.<a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftn14\" name=\"_ftnref14\"><\/a><a >[14]<\/a><\/p>\n<p>Toutes les r\u00e9formes agraires qui ont eu lieu en Am\u00e9rique Latine ont \u00e9chou\u00e9 faute d\u2019avoir assur\u00e9 ces diverses t\u00e2ches. Avec Chavez, c\u2019est diff\u00e9rent. D\u2019abord, de nombreux paysans ont particip\u00e9 \u00e0 la r\u00e9daction de la nouvelle loi g\u00e9n\u00e9rale sur les terres et le d\u00e9veloppement agraire du 9 novembre 2001. Ensuite, un Institut National des Terres a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 pour mettre en oeuvre la r\u00e9forme agraire. Tandis qu\u2019un Institut National du D\u00e9veloppement Rural s\u2019occupe des cr\u00e9dits, des technologies, de la formation technique et de la construction des routes. Enfin, la Corporation Agricole V\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne (CVA) est charg\u00e9e de commercialiser les produits des paysans.<\/p>\n<p>En 2004, le gouvernement installe cent trente mille familles sur environ deux millions d\u2019hectares. En 2005, il conc\u00e8de deux cent mille hectares \u00e0 des coop\u00e9ratives dont la priorit\u00e9 sera de produire pour le Venezuela. Dans un pays o\u00f9 d\u2019importantes surfaces servent \u00e0 l\u2019industrie agro-alimentaire (sucre, farine, boissons ferment\u00e9es), ceci repr\u00e9sente un changement de mod\u00e8le agricole\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Nous devons produire de la nourriture pour la nation\u00a0\u00bb,<\/em> explique le paysan Jos\u00e9 Hernandez lors d\u2019une occupation de terre, dans l\u2019Etat de Yaracuy.<\/p>\n<p>Indispensable donc, la r\u00e9forme agraire s\u2019est pourtant op\u00e9r\u00e9e de fa\u00e7on tr\u00e8s prudente. Ne touchant que les propri\u00e9t\u00e9s de plus de cinq mille hectares, consid\u00e9r\u00e9es comme improductives. Et encore, ces terres ne peuvent \u00eatre expropri\u00e9es que partiellement et moyennant compensation financi\u00e8re au prix du march\u00e9.<\/p>\n<p>Chavez avait pris une position claire d\u00e8s 2001\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Certains secteurs s\u2019opposent \u00e0 la r\u00e9forme agraire. <\/em><\/p>\n<blockquote><p><em>Nous comprenons qu\u2019ils s\u2019y opposent, mais nous comprenons davantage l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019immense majorit\u00e9 des paysans, des petits producteurs, des producteurs moyens, des familles v\u00e9n\u00e9zu\u00e9liennes qui n\u2019ont jamais obtenu le droit \u00e0 la terre, un facteur vital pour le d\u00e9veloppement du pays, pour le d\u00e9veloppement int\u00e9gral du Venezuela.\u00a0\u00bb<\/em><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftn15\" name=\"_ftnref15\"><\/a><a >[15]<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>Mais la r\u00e9forme agraire est combattue tr\u00e8s violemment par les grands propri\u00e9taires de terres alli\u00e9s \u00e0 la bourgeoisie compradore. En quatre ann\u00e9es \u00e0 peine, cent trente paysans ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9s par leurs milices. Malheureusement, la plupart de ces meurtres restent impunis. Dans certaines r\u00e9gions du pays encore contr\u00f4l\u00e9es par l\u2019opposition, des groupes paramilitaires li\u00e9es aux forces colombiennes maintiennent une activit\u00e9 importante en toute impunit\u00e9, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019appui d\u2019\u00e9l\u00e9ments corrompus de la police et de la Justice v\u00e9n\u00e9zu\u00e9liennes.<\/p>\n<p>Face \u00e0 cette violence, Chavez a radicalis\u00e9 son orientation. En 2005, parlant dans l\u2019exploitation r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e Hato La Marquesana (dont 80% des terres \u00e9taient inutilis\u00e9es), il a prononc\u00e9 ces paroles fortes\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Le latifundio doit dispara\u00eetre du pays, car il affecte gravement la production nationale.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Mais on doit \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 de dire que si la r\u00e9forme agraire avance tr\u00e8s lentement, ce n\u2019est pas seulement \u00e0 cause de la violence des milices, mais aussi \u00e0 cause de la bureaucratie. Ce mal qui atteint tout l\u2019appareil d\u2019Etat, contamine \u00e9galement les instances charg\u00e9es d\u2019aider les paysans. En cons\u00e9quence, la productivit\u00e9 des petites entreprises agricoles reste beaucoup trop basse. Elles ne peuvent concurrencer les importations qui ont fortement augment\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es avec la hausse du pouvoir d\u2019achat. De plus, tant qu\u2019il est possible d\u2019importer des aliments \u00e9trangers meilleur march\u00e9, les gens des villes sans travail ou \u00e0 bas revenus ne seront pas motiv\u00e9s pour aller travailler \u00e0 la campagne. Bref, la souverainet\u00e9 alimentaire est un beau projet, mais encore loin d\u2019\u00eatre r\u00e9alis\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Beurre fran\u00e7ais contre beurre v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien<\/strong><\/p>\n<p>Ce ne sont pas seulement les grands propri\u00e9taires que les paysans affrontent, ce sont aussi les int\u00e9r\u00eats de l\u2019industrie et du commerce alimentaires.<\/p>\n<p>Voici les donn\u00e9es du probl\u00e8me\u00a0:<\/p>\n<ol>\n<li>La f\u00e9d\u00e9ration patronale des entreprises alimentaires contr\u00f4lerait actuellement 86% de la distribution des aliments du pays; le r\u00e9seau alternatif Mercal n\u2019en contr\u00f4lerait que 14%.<\/li>\n<li>Aujourd\u2019hui encore, le Venezuela importe 85% de ses aliments. M\u00eame la cha\u00eene Mercal, aussi surprenant que cela paraisse, distribue encore une majorit\u00e9 de produits import\u00e9s.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Si vous entrez dans un supermarch\u00e9 de Caracas, vous serez frapp\u00e9 de le voir envahi, aujourd\u2019hui encore, par les produits \u00e9trangers. Au Venezuela, on fabrique du beurre <em>Maracay<\/em>, mais c\u2019est le beurre fran\u00e7ais <em>Elle &amp; Vire<\/em> qui est moins cher et qui tr\u00f4ne partout dans les \u00e9tals.<\/p>\n<p>Romain Migus, qui vit \u00e0 Caracas, a son explication sur cette fr\u00e9n\u00e9sie d\u2019importations\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p><em>\u00ab\u00a0En France, on consid\u00e8re normal un retour sur investissement de 30 ou 40%. <\/em><em>Les capitalistes d\u2019ici, il leur faut du 400%\u00a0! Si tu consid\u00e8res l\u2019agriculture, c\u2019est un investissement \u00e0 long terme. Les premi\u00e8res ann\u00e9es, tu ne gagnes pas. Mais, ici, les capitalistes se sont habitu\u00e9s au p\u00e9trole et ont toujours exig\u00e9 des profits rapides. Donc, \u00e0 l\u2019agriculture et \u00e0 ses b\u00e9n\u00e9fices limit\u00e9s et lents, ils pr\u00e9f\u00e8rent le commerce, la sp\u00e9culation.<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0Quand j\u2019ai d\u00fb acheter un petit camion pour mon association, j\u2019ai d\u00e9couvert les entreprises \u00ab\u00a0attach\u00e9 case plus t\u00e9l\u00e9phone portable\u00a0\u00bb. <\/em><em>Mon revendeur n\u2019avait que \u00e7a et il se bornait \u00e0 placer des camions import\u00e9s. <\/em><em>Les revendant 30%, 40% plus cher. Prenant de fortes commissions sur le prix, mais aussi sur l\u2019assurance et les accessoires. Tout \u00e7a, c\u2019est du parasitisme\u00a0!\u00a0 Ca se passe avec tous les produits du Nord qu\u2019on se contente de revendre en touchant une grosse commission. On importe des camions, des ordinateurs, de la nourriture, des casseroles, du cuivre, du caoutchouc, du talc (toutes choses qui se produisent ici aussi) et on s\u2019enrichit juste comme interm\u00e9diaire. <\/em><em>Evidemment, \u00e7a d\u00e9truit la production locale.\u00a0\u00bb<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p><strong>L\u2019Etat doit jouer un r\u00f4le important dans la nouvelle \u00e9conomie<\/strong><\/p>\n<p>Qu\u2019il s\u2019agisse de la r\u00e9forme agraire, des coop\u00e9ratives ou des usines r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es, on voit que l\u2019Etat v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien joue un r\u00f4le important. Il prot\u00e8ge des forces sociales qui risquent d\u2019\u00eatre \u00e9cras\u00e9es. Il organise une coop\u00e9ration entre des classes qui ont certes des contradictions entre elles, mais qui ont aussi un commun int\u00e9r\u00eat \u00e0 \u00e9chapper aux multinationales. Ce r\u00f4le de l\u2019Etat peut \u00e9tonner. Ne dit-on pas en Europe que l\u2019Etat doit se d\u00e9sengager de l\u2019\u00e9conomie et en faire le moins possible\u00a0?<\/p>\n<p>En fait, il s\u2019agit de deux types d\u2019Etat bien diff\u00e9rents. Au Nord, l\u2019Etat sert les multinationales m\u00eame s\u2019il fait tout pour que \u00e7a ne se voie pas trop. Avec Chavez, il s\u2019agit de construire un Etat totalement diff\u00e9rent, d\u00e9fendant vraiment l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral. La t\u00e2che de cet Etat sera de prot\u00e9ger les faibles, mais aussi d\u2019assurer un d\u00e9veloppement \u2018int\u00e9gral\u2019 du pays. C\u2019est-\u00e0-dire\u00a0: coordonnant tous les secteurs et ne se limitant pas aux secteurs qui profitent \u00e0 l\u2019\u00e9lite.<\/p>\n<p>Pourquoi revient-il \u00e0 l\u2019Etat de diriger le d\u00e9veloppement du pays ? Parce que la bourgeoisie nationale, comme nous l\u2019avons vu, n\u2019a pas la force de tenir t\u00eate aux multinationales. Dans le tiers monde, il est donc indispensable que l\u2019Etat joue un r\u00f4le central dans l\u2019\u00e9conomie. Relancer la production, r\u00e9cup\u00e9rer des entreprises d\u00e9tourn\u00e9es ou sacrifi\u00e9es, redistribuer les revenus, mettre fin \u00e0 l\u2019\u00e9vasion des capitaux, placer le secteur financier au service des autres, contr\u00f4ler les \u00e9changes avec l\u2019\u00e9tranger, utiliser les revenus du p\u00e9trole, du gaz et des mati\u00e8res premi\u00e8res afin de cr\u00e9er d\u2019autres industries, investir dans les travaux d\u2019infrastructure n\u00e9cessaires :\u00a0 ports, autoroutes, train, m\u00e9tro\u2026<\/p>\n<p>Tout ceci exige un Etat puissant et actif. Ce fut une condition n\u00e9cessaire au d\u00e9veloppement des Etats-Unis, de l\u2019Allemagne et du Japon au 19<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle. Et de la Chine au 20<sup>\u00e8me<\/sup>. De m\u00eame, tout pays du tiers-monde qui entend se d\u00e9velopper aura besoin d\u2019un Etat fort.<\/p>\n<p><strong>Les 49 Lois fondamentales\u00a0: rupture avec le pass\u00e9\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Pour donner du pouvoir \u00e0 l\u2019Etat sur l\u2019\u00e9conomie, Chavez commence par faire adopter, en novembre 2001, les 49 <em>Leyes habilitantes<\/em>, sorte de lois fondatrices fixant les principes de base des divers secteurs \u00e9conomiques. L\u2019id\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, c\u2019est de d\u00e9mocratiser la propri\u00e9t\u00e9 et la production.<\/p>\n<p>Bien entendu, tout doit commencer par le p\u00e9trole qui ne peut rester un \u2018excr\u00e9ment du diable\u2019. Dor\u00e9navant, il doit faire le bonheur de la nation, et non son malheur. Donc, la nouvelle Loi des hydrocarbures met fin \u00e0 la privatisation rampante des vingt derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<p>En r\u00e9cup\u00e9rant la ma\u00eetrise sur l\u2019or noir, l\u2019Etat v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien pourra le mettre au service d\u2019un d\u00e9veloppement \u00e9quilibr\u00e9 de l\u2019\u00e9conomie dans son ensemble. A condition de \u00ab\u00a0semer le p\u00e9trole\u00a0\u00bb, comme dit Chavez, c\u2019est-\u00e0-dire de redistribuer intelligemment cette manne financi\u00e8re\u2026 Les autres ressources du sous-sol\u00a0(or, diamant, cuivre, nickel, uranium\u2026) devront aussi \u00eatre utilis\u00e9es de fa\u00e7on rationnelle et socialement utile.<\/p>\n<p>Parmi ces 49 lois, il faut signaler\u00a0: 1. La loi des terres qui permet \u00e0 l\u2019Etat de saisir et redistribuer des terres priv\u00e9es. 2. La loi de la p\u00eache qui agrandit la zone de mer territoriale \u00e0 six milles marins et surtout favorise la p\u00eache artisanale au chalut afin de pr\u00e9server l\u2019\u00e9quilibre \u00e9cologique. 3. La loi de micro \u2013 financement qui soutient l\u2019\u00e9conomie sociale et notamment l\u2019incorporation des femmes au march\u00e9 du travail au travers de petites entreprises.<\/p>\n<p>Avec ces 49 lois, la porte s\u2019ouvre pour une nouvelle conception de l\u2019\u00e9conomie et de la soci\u00e9t\u00e9\u2026<\/p>\n<p><strong>Emp\u00eacher l\u2019argent de partir<\/strong><\/p>\n<p>Pour jouer son r\u00f4le, le nouvel Etat doit ma\u00eetriser deux probl\u00e8mes cl\u00e9s : 1. Emp\u00eacher l\u2019argent de partir. 2. Contr\u00f4ler les secteurs strat\u00e9giques.<\/p>\n<p>Comme les imp\u00f4ts n\u2019\u00e9taient gu\u00e8re per\u00e7us, le gouvernement a repris en main les services fiscaux. Seulement, pour que l\u2019argent rentre dans les caisses, il faut d\u2019abord l\u2019emp\u00eacher de quitter le pays. D\u00e9but 2003, lorsque la droite v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne a organis\u00e9 sa deuxi\u00e8me tentative de coup d\u2019Etat en sabotant le p\u00e9trole et l\u2019\u00e9conomie, elle a aussi organis\u00e9 une fuite massive de capitaux, estim\u00e9e \u00e0 un milliard de dollars en un mois\u00a0! Or, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, les r\u00e9serves de la Banque centrale s\u2019\u00e9levaient \u00e0 peine \u00e0 douze milliards.<\/p>\n<p>Le pouvoir a ripost\u00e9 en instaurant imm\u00e9diatement un contr\u00f4le total sur les changes. Il fallait absolument emp\u00eacher cette fuite massive des capitaux et la mise en faillite de toute l\u2019\u00e9conomie v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne. Depuis, la Banque centrale v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne est responsable de la totalit\u00e9 des changes avec l\u2019ext\u00e9rieur. Dor\u00e9navant, la monnaie nationale s\u2019\u00e9change \u00e0 un taux fixe et stable\u00a0:\u00a0 2,15 bolivars pour un dollar. D\u2019autre part, les r\u00e9serves de change de la dite Banque centrale ont \u00e9t\u00e9 port\u00e9es \u00e0 trente milliards de dollars.<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, les V\u00e9n\u00e9zu\u00e9liens riches hurlent que tout ceci viole les libert\u00e9s les plus sacr\u00e9es et qu\u2019ils ont le droit de faire ce qu\u2019ils veulent avec leurs capitaux. Fort bien, mais cette affirmation m\u00e9rite peut-\u00eatre un d\u00e9bat. Sont-ce bien \u2018leurs\u2019 capitaux\u00a0? Si ces fortunes ont \u00e9t\u00e9 construites en d\u00e9tournant les richesses de l\u2019Etat, en faisant main basse sur les richesses naturelles de la nation, en exploitant et r\u00e9duisant \u00e0 la mis\u00e8re des paysans qu\u2019on a d\u00e9pouill\u00e9s de leurs terres, \u00e0 qui appartient au fond cet argent\u00a0?<\/p>\n<p>Et si on invoque les droits de l\u2019homme, on peut aussi poser le probl\u00e8me d\u2019une autre mani\u00e8re. Les propri\u00e9taires de ces capitaux r\u00e9clament le droit de les faire circuler en totale libert\u00e9, de quitter massivement un pays pour gagner un peu plus dans un autre, et puis de quitter rapidement celui-l\u00e0 pour un troisi\u00e8me, et ainsi de suite. Cette \u2018libert\u00e9\u2019 aura pour effet qu\u2019aucun gouvernement dans le monde ne pourra jamais r\u00e9aliser un programme social car il sera soumis en permanence au chantage de ces capitalistes.<\/p>\n<p>La droite pr\u00e9tend que ce contr\u00f4le des changes aurait des effets n\u00e9fastes sur les \u00e9changes commerciaux. En r\u00e9alit\u00e9, apr\u00e8s ces mesures, les importations ont carr\u00e9ment augment\u00e9 de 40% d\u00e8s l\u2019ann\u00e9e 2005. Et la reprise de l\u2019\u00e9conomie a permis d\u2019affecter 5,5 milliards d\u2019euros \u00e0 des programmes sociaux. Comme l\u2019explique la chercheuse fran\u00e7aise Yannick de la Fuente\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p><em>\u00ab\u00a0Loin de provoquer un isolement et une paup\u00e9risation du pays, le contr\u00f4le des changes a permis \u00e0 un gouvernement r\u00e9guli\u00e8rement \u00e9lu par ses citoyens de mettre en place une politique macro\u00e9conomique de d\u00e9veloppement social.\u00a0\u00bb<\/em><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftn16\" name=\"_ftnref16\"><\/a><a >[16]<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p><strong>NOTES:<\/strong><\/p>\n<p><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><\/a><a >[1]<\/a> James Petras, Propuestas para el Nuevo Orden Social, Economico y Cultural, <a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.rebelion.org\/\" >www.rebelion.org<\/a>, 21 mai 2006.<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftnref2\" name=\"_ftn2\"><\/a><a >[2]<\/a>\u00a0Hugo Ch\u00e1vez, Caracas, discours du 23 juillet 2003.<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftnref3\" name=\"_ftn3\"><\/a><a >[3]<\/a> Hugo Ch\u00e1vez, Caracas, discours du 23 juillet 2003.<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftnref4\" name=\"_ftn4\"><\/a><a >[4]<\/a> Hugo Ch\u00e1vez, Caracas, discours du 23 juillet 2003.<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftnref5\" name=\"_ftn5\"><\/a><a >[5]<\/a> Extrait du film Bruxelles-Caracas de Vanessa Stojilkovic, ajouter lien d\u00e9finitif site, comme les citations suivantes des coop\u00e9ratives du Noyau Fabricio Ojeda.<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftnref6\" name=\"_ftn6\"><\/a><a >[6]<\/a> Vanessa Stojilkovic, film documentaire Bruxelles-Caracas, 2006.<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftnref7\" name=\"_ftn7\"><\/a><a >[7]<\/a> Chris Kraull, Los Angeles Times, 21 ao\u00fbt 2006.<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftnref8\" name=\"_ftn8\"><\/a><a >[8]<\/a> Chris Kraull, Los Angeles Times, 21 ao\u00fbt 2006.<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftnref9\" name=\"_ftn9\"><\/a><a >[9]<\/a> Vanessa Stojilkovic, film documentaire Bruxelles-Caracas, 2006.<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftnref10\" name=\"_ftn10\"><\/a><a >[10]<\/a> Steve Ellner, www.inthesetimes.com, septembre 2007.<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftnref11\" name=\"_ftn11\"><\/a><a >[11]<\/a> Steve Ellner, www.inthesetimes.com, septembre 2007.<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftnref12\" name=\"_ftn12\"><\/a><a >[12]<\/a> Guillermo Almeyra, L\u2019\u00e9conomie, talon d\u2019Achille du Venezuela, mars 2008, <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.amlatinetrecuerdo.blogspot.com\/\" >www.amlatinetrecuerdo.blogspot.com<\/a><\/p>\n<p><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftnref13\" name=\"_ftn13\"><\/a><a >[13]<\/a> Ha\u00efman El Troudi, 18 questions et r\u00e9ponses sur le socialisme du 21<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, in\u00e9dit.<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftnref14\" name=\"_ftn14\"><\/a><a >[14]<\/a> Mario Sanoja, conf\u00e9rence prononc\u00e9e \u00e0 Montevideo, 24 avril 2006, communication personnelle.<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftnref15\" name=\"_ftn15\"><\/a><a >[15]<\/a> Hugo Chavez, D\u00e9claration \u00e0 la signature des lois habilitantes, 9 novembre 2001.<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/#_ftnref16\" name=\"_ftn16\"><\/a><a >[16]<\/a> Yannick-H\u00e9l\u00e8ne de la Fuente, Hugo Chavez, la r\u00e9volution bolivarienne et la d\u00e9croissance, in\u00e9dit, 2004.<\/p>\n<p>_________________________________________________<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><a href=\"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/michel_collon.jpg\" ><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-103000 size-full\" src=\"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/michel_collon-e1534950776119.jpg\" alt=\"\" width=\"100\" height=\"75\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><em>Michel Collon<\/em><em> est un militant communiste, journaliste, essayiste belge, fondateur du collectif ind\u00e9pendant Investig\u2019Action, relay\u00e9 par un site Internet qu&#8217;il g\u00e8re avec une \u00e9quipe de b\u00e9n\u00e9voles. Il se pr\u00e9sente sur son site comme \u00ab\u00a0sp\u00e9cialiste de la d\u00e9sinformation\u00a0\u00bb<sup><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Michel_Collon#cite_note-1\" >1<\/a><\/sup>. Il \u00e9voque dans plusieurs de ses livres le concept de \u00ab\u00a0m\u00e9diamensonge\u00a0\u00bb en d\u00e9non\u00e7ant la propagande servant \u00e0 justifier l&#8217;entr\u00e9e en guerre d&#8217;un pays contre un autre.<\/em><\/p>\n<p><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/comprendre-les-defis-economiques-du-venezuela\/\" >Go to Original \u2013 investigaction.net<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>06 Ao\u00fbt 2018 &#8211; La crise \u00e9conomique que traverse le Venezuela est-elle bien la preuve de la faillite de la r\u00e9volution bolivarienne? Dans Les 7 p\u00e9ch\u00e9s d\u2019Hugo Chavez, Michel Collon analysait le d\u00e9fi qui se posait: r\u00e9\u00e9quilibrer une \u00e9conomie bas\u00e9e sur la rente p\u00e9troli\u00e8re et disposant de maigres secteurs agricole et industriel.  Contrairement \u00e0 certaines id\u00e9es re\u00e7ues, Chavez ne s\u2019est pas content\u00e9 de distribuer l\u2019argent du p\u00e9trole aux pauvres \u00e0 travers des programmes sociaux. L\u2019ancien pr\u00e9sident avait entrepris de jeter les bases n\u00e9cessaires au d\u00e9veloppement d\u2019une v\u00e9ritable \u00e9conomie nationale. Un processus toujours en cours, mais dont le chemin est sem\u00e9 d\u2019emb\u00fbches.<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":117185,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[46],"tags":[],"class_list":["post-117184","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-original-languages"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/117184","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=117184"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/117184\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/media\/117185"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=117184"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=117184"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=117184"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}