{"id":143961,"date":"2019-09-30T12:01:06","date_gmt":"2019-09-30T11:01:06","guid":{"rendered":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/?p=143961"},"modified":"2019-09-26T11:17:24","modified_gmt":"2019-09-26T10:17:24","slug":"francais-lhumanitaire-perdu-en-chemin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/2019\/09\/francais-lhumanitaire-perdu-en-chemin\/","title":{"rendered":"(Fran\u00e7ais) L\u2019humanitaire perdu en chemin ?"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>20 septembre 2019 &#8211; <em>Dans une tribune d\u2019<\/em><em><a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/alternatives-humanitaires.org\/fr\/2019\/03\/26\/quavons-nous-perdu-en-chemin\/\" >Alternatives humanitaires<\/a><\/em><em>, l\u2019\u00e9crivain et humanitaire Pierre Brunel s\u2019interrogeait sur ce qui avait peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 perdu d\u2019essentiel dans la transformation de l\u2019humanitaire en \u00ab\u00a0industrie mondialis\u00e9e\u00a0\u00bb\u00a0[<\/em><em><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.cetri.be\/L-humanitaire-perdu-en-chemin?lang=fr#nb1\" >1<\/a><\/em><em>] . Ce texte, sensible et intelligent, est symptomatique de certains des paradoxes et du hors-champ de l\u2019humanitaire.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<div id=\"attachment_143962\" style=\"width: 410px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/black-child-africa.jpg\" ><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-143962\" class=\"wp-image-143962\" src=\"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/black-child-africa.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" height=\"267\" srcset=\"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/black-child-africa.jpg 600w, https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/black-child-africa-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-143962\" class=\"wp-caption-text\">Photo\u00a0: Pixabay<\/p><\/div>\n<p>C\u2019est dans le changement de vocabulaire que Pierre Brunel rep\u00e8re d\u2019abord le changement d\u2019\u00e9poque\u00a0: \u00ab\u00a0Pourquoi les mots \u00ab\u00a0audace\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0r\u00e9volte\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0engagement\u00a0\u00bb, et m\u00eame \u00ab\u00a0mission\u00a0\u00bb sont-ils aujourd\u2019hui d\u00e9mon\u00e9tis\u00e9s\u202fdans le milieu humanitaire\u00a0?\u00a0\u00bb. Remplac\u00e9s qu\u2019ils sont par des mots comme \u00ab\u00a0professionnalisation\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0management\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0\u00e9valuation\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0performance\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0process\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0guidelines\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0reporting\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0redevabilit\u00e9 aux bailleurs\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0rentabilit\u00e9\u00a0\u00bb, voire \u00ab\u00a0esprit start-up\u00a0\u00bb\u2026 Ces mots nouveaux trahiraient un glissement du rapport (\u00ab\u00a0essentiel, prioritaire, fondateur\u00a0\u00bb) aux b\u00e9n\u00e9ficiaires \u00e0 celui aux bailleurs\u00a0; rapport qui, en devenant h\u00e9g\u00e9monique, court-circuiterait la mission premi\u00e8re de l\u2019humanitaire.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ce n\u2019est plus la survie des \u00eatres humains en d\u00e9tresse qui nous occupe prioritairement, nous obs\u00e8de, nous r\u00e9volte ou nous habite, c\u2019est notre propre survie d\u2019ONG\u2026\u00a0\u00bb. Et Pierre Brunel de voir dans le \u00ab\u00a0double mouvement de complexe d\u2019inf\u00e9riorit\u00e9 et de fascination envers l\u2019univers entrepreneurial\u00a0\u00bb la cause et le pi\u00e8ge de ce glissement. Tout en en reconnaissant la difficult\u00e9, il appelle \u00e0 ce que l\u2019humanitaire se d\u00e9marque radicalement \u2013 par ses valeurs et ses principes, par son esprit et son objet \u2013 de l\u2019entreprise priv\u00e9e, afin de recouvrer son utilit\u00e9 et sa n\u00e9cessit\u00e9. Son caract\u00e8re irrempla\u00e7able.<\/p>\n<p><strong>Illusions perdues\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Pierre Brunel, qui s\u2019est engag\u00e9 dans l\u2019humanitaire en 1994 \u2013 soit, comme il le dit lui-m\u00eame, \u00e0 mi-chemin entre les <em>french doctors<\/em> du Biafra en 1968 et l\u2019humanitaire mondialis\u00e9 du vingt-et-uni\u00e8me si\u00e8cle \u2013, se d\u00e9fend de toute nostalgie et na\u00efvet\u00e9, entendant assumer les enjeux financiers (d\u2019hier comme d\u2019aujourd\u2019hui) de l\u2019humanitaire. Il n\u2019en reproduit pas moins le clivage romantique propre \u00e0 l\u2019imaginaire humanitaire \u2013 aventure\/professionnalisation, mission\/projet, etc. \u2013 sans faire la part entre les pratiques effectives et leurs images. Sans non plus interroger les \u00e9chos n\u00e9ocoloniaux, machistes et religieux (l\u2019aventure, l\u2019exotisme, la virilit\u00e9, le caract\u00e8re missionnaire, l\u2019indispensable 4X4, etc.), de ces derni\u00e8res.<\/p>\n<p>L\u2019esprit et les mots m\u00eames de l\u2019entreprise, dans un monde de plus en plus lib\u00e9ralis\u00e9, auraient gangr\u00e9n\u00e9 ceux de l\u2019humanitaire, et risquent, \u00e0 moyen terme, de se substituer \u00e0 eux. Tel est le diagnostic de l\u2019auteur. Mais plut\u00f4t que d\u2019y voir un changement de vocabulaire et de paradigme, ne faut-il pas y reconna\u00eetre, de mani\u00e8re plus organique, une recodification nouvelle des m\u00eames mots, images et pratiques\u00a0?<\/p>\n<p>Au tournant des ann\u00e9es 1968, les <em>french doctors<\/em> ont ainsi recod\u00e9s les termes m\u00eames du militantisme et de l\u2019engagement politiques, en les reprenant \u00e0 leur compte, mais sous une forme (pr\u00e9tendument) d\u00e9barrass\u00e9e de toute id\u00e9ologie et de leur fixation, sinon totalitariste ou marxiste, du moins \u00e9tatiste. Or, cette configuration avait des r\u00e9sonnances \u00e9videntes \u2013 le rejet des lourdeurs bureaucratiques, l\u2019appel \u00e0 l\u2019initiative individuelle et \u00e0 la mobilit\u00e9, etc. \u2013 avec le n\u00e9olib\u00e9ralisme, qui bient\u00f4t prendrait son essor. Et ce d\u2019autant plus que nombre d\u2019acteurs humanitaires, dont au premier chef M\u00e9decins sans fronti\u00e8res (MSF), allaient reproduire les techniques de marketing et de r\u00e9colte de fonds du nouvel esprit manag\u00e9rial.<\/p>\n<p>Ainsi, le probl\u00e8me n\u2019est pas tant que l\u2019humanitaire ait \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0rattrap\u00e9\u00a0\u00bb par le march\u00e9, mais bien qu\u2019il ait d\u2019embl\u00e9e partag\u00e9 (et r\u00e9percut\u00e9) certaines de ses valeurs et m\u00e9thodes. L\u2019\u00e9quilibre pr\u00e9caire qui maintenait vaille que vaille, il y a quelque temps encore, la distinction a, sous la pression n\u00e9olib\u00e9rale et la droitisation du monde, bascul\u00e9, tendant \u00e0 faire de l\u2019humanitaire une autre forme de privatisation plus ou moins d\u00e9guis\u00e9e.<\/p>\n<p>Ce hors-champ de la r\u00e9flexion transpara\u00eet dans l\u2019opposition mise en avant, dans la tribune, entre b\u00e9n\u00e9ficiaire et bailleur. Le d\u00e9s\u00e9quilibre au profit du second t\u00e9moignerait de l\u2019all\u00e9geance \u00e0 \u00ab\u00a0l\u2019argent nerf de la guerre\u00a0\u00bb, et, au-del\u00e0, \u00e0 la peur des ONG de dispara\u00eetre. Mais c\u2019est tout \u00e0 la fois supposer un rapport imm\u00e9diat et \u00e9vident aux b\u00e9n\u00e9ficiaires, et ne pas rep\u00e9rer l\u2019enjeu commun de la relation aux uns et aux autres\u00a0: la question des pouvoirs. Car c\u2019est bien elle qui surd\u00e9termine les rapports, tant aux bailleurs qu\u2019aux principaux int\u00e9ress\u00e9s, en construisant et en figeant l\u2019image de la \u00ab\u00a0victime\u00a0\u00bb, du \u00ab\u00a0b\u00e9n\u00e9ficiaire\u00a0\u00bb et, par extension, en miroir, celle de l\u2019acteur humanitaire.<\/p>\n<p>Or, jusque dans les mots, cette in\u00e9galit\u00e9 de pouvoirs ne semble pas \u00eatre mise en question dans la critique du d\u00e9placement op\u00e9r\u00e9e dans la relation des b\u00e9n\u00e9ficiaires vers les bailleurs, dont l\u2019humanitaire demeure l\u2019axe central. On se permettra de douter que les Biafrais de 1968 aient (forc\u00e9ment) \u00e9t\u00e9 plus respect\u00e9s, \u00e9cout\u00e9s, libres de dire comment et ce dont ils avaient besoin, que les Ha\u00eftiens de 2010. L\u2019aventurier peut s\u2019\u00eatre mu\u00e9 en consultant, et les marqueurs avoir chang\u00e9. Mais l\u2019asym\u00e9trie\u00a0?<\/p>\n<p><strong>Marquer la diff\u00e9rence<\/strong><\/p>\n<p>En cette \u00e9poque de d\u00e9faitisme et de triomphe de la novlangue ultralib\u00e9rale, l\u2019alternative dessin\u00e9e par Pierre Brunel \u2013 se diff\u00e9rencier radicalement de l\u2019entreprise priv\u00e9e \u2013 ne manque pas de panache. Mais cette diff\u00e9renciation a aussi ses propres mots, au premier rang desquels, ceux de \u00ab\u00a0(service) public\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0politique\u00a0\u00bb. Soit les mots m\u00eames qui ont servis et servent encore sinon de repoussoir, \u00e0 tout le moins de contrepoint, au d\u00e9veloppement de l\u2019humanitaire. D\u2019o\u00f9 le paradoxe d\u2019en appeler \u00e0 se d\u00e9marquer du priv\u00e9, tout en s\u2019en interdisant les moyens et l\u2019\u00e9lan, et, pire encore, en ayant contribu\u00e9 \u00e0 la d\u00e9mon\u00e9tisation de ceux-ci.<\/p>\n<p>De fait, l\u2019humanitaire est \u00e0 la fois un effet de la d\u00e9politisation et un vecteur de celle-ci. Principalement en faisant de sa neutralit\u00e9 la condition premi\u00e8re de son efficacit\u00e9, voire de toute efficacit\u00e9. Mais d\u2019une neutralit\u00e9 qui n\u2019est pens\u00e9e et brandie que par rapport aux \u00c9tats et autres acteurs politiques\u00a0; jamais par rapport au march\u00e9. De la sorte, elle occulte les rapports de pouvoirs implicites et\/ou ext\u00e9rieurs \u00e0 la sph\u00e8re politique, couvre les dynamiques de privatisation, et participe de l\u2019aura des solutions \u00ab\u00a0pratiques\u00a0\u00bb manag\u00e9riales.<\/p>\n<p>Se diff\u00e9rencier radicalement de l\u2019entreprise priv\u00e9e, cela ne commence-t-il pas par une re-politisation\u00a0: des mots, des enjeux, des rapports\u00a0? Et par un repositionnement au sein d\u2019un espace habit\u00e9 par des acteurs, des histoires, des cultures, des relations sociales diverses, d\u2019o\u00f9 penser et poser le politique, et ce y compris sa mise \u00e0 distance propre \u00e0 l\u2019action humanitaire\u00a0? Pour, enfin, r\u00e9interroger \u00e0 nouveaux frais l\u2019efficacit\u00e9 de cette action, en fonction de (ringardes) questions de pouvoirs, d\u2019\u00e9galit\u00e9, d\u2019autonomie et de libert\u00e9<\/p>\n<p><strong>Notes\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p>[<a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.cetri.be\/L-humanitaire-perdu-en-chemin?lang=fr#nh1\" >1<\/a>]\u00a0Pierre Brunel, \u00ab\u00a0Qu\u2019avons-nous perdu en chemin\u00a0?\u00a0\u00bb. Tribune originellement parue, le 31\u202foctobre 2018, sous le titre \u00ab\u00a0\u202fL\u2019humanitaire est-il encore en mission\u00a0?\u202f\u00a0\u00bb sur le site d\u2019Alain Boinet\u00a0: <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/defishumanitaires.com\" >https:\/\/defishumanitaires.com<\/a>, et reprise par Alternatives humanitaires en mars de cette ann\u00e9e\u00a0: <a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/alternatives-humanitaires.org\/fr\/2019\/03\/26\/quavons-nous-perdu-en-chemin\/\" >http:\/\/alternatives-humanitaires.org\/fr\/2019\/03\/26\/quavons-nous-perdu-en-chemin\/<\/a>. Tous les extraits proviennent de cette tribune.<\/p>\n<p>______________________________________________________<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em><a href=\"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Fr\u00e9d\u00e9ric-Thomas.jpg\" ><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-143963 size-full\" src=\"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Fr\u00e9d\u00e9ric-Thomas-e1569492824495.jpg\" alt=\"\" width=\"100\" height=\"72\" \/><\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Fr\u00e9d\u00e9ric Thomas &#8211; Docteur en science politique, charg\u00e9 d\u2019\u00e9tude au<\/em> CETRI.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.cetri.be\/L-humanitaire-perdu-en-chemin?lang=fr\" >Go to Original \u2013 cetri.be<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>20 septembre 2019 &#8211; Dans une tribune d\u2019Alternatives humanitaires, l\u2019\u00e9crivain et humanitaire Pierre Brunel s\u2019interrogeait sur ce qui avait peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 perdu d\u2019essentiel dans la transformation de l\u2019humanitaire en \u00ab industrie mondialis\u00e9e \u00bb. 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