{"id":155880,"date":"2020-03-09T12:00:21","date_gmt":"2020-03-09T12:00:21","guid":{"rendered":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/?p=155880"},"modified":"2020-03-05T06:15:00","modified_gmt":"2020-03-05T06:15:00","slug":"francais-les-nouvelles-orientations-de-limperialisme-francais-en-afrique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/2020\/03\/francais-les-nouvelles-orientations-de-limperialisme-francais-en-afrique\/","title":{"rendered":"(Fran\u00e7ais) Les nouvelles orientations de l\u2019imp\u00e9rialisme fran\u00e7ais en Afrique"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>2 Mar 2020 &#8211; <em>L\u2019annonce, par simple communiqu\u00e9, dat\u00e9 du 2 f\u00e9vrier 2020 de l\u2019envoi de 600 militaires fran\u00e7ais suppl\u00e9mentaires (portant ainsi les forces de l\u2019op\u00e9ration \u00ab Barkhane \u00bb \u00e0 5100 soldats) au Sahel a soulev\u00e9 peu de d\u00e9bats contradictoires et encore moins d\u2019oppositions. Aucune initiative militante n\u2019a accompagn\u00e9 cette annonce. Pourtant la question de la clarification des buts de guerre de la France dans la r\u00e9gion est pos\u00e9e explicitement par la France Insoumise depuis 2013[i] ou par le PCF depuis la m\u00eame p\u00e9riode. Le communiqu\u00e9 du Collectif Afrique du PCF dat\u00e9 du 28 novembre 2019 affirme par exemple : \u00ab la r\u00e9ponse militaire est un \u00e9chec[ii].\u00bb Les diff\u00e9rentes organisations dites \u00ab d\u2019extr\u00eame-gauche \u00bb ont \u00e9galement d\u00e9nonc\u00e9es la pr\u00e9sence fran\u00e7aise en Afrique de l\u2019Ouest. Nous sommes donc dans une situation de \u00ab d\u00e9nonciation sans action \u00bb au m\u00eame moment o\u00f9 dans plusieurs pays de la r\u00e9gion des manifestations populaires exigent le d\u00e9part des troupes fran\u00e7aises de la r\u00e9gion.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<h3><strong><a href=\"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/macron-toast-mali-640x420-1.jpg\" ><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-155882\" src=\"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/macron-toast-mali-640x420-1.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" height=\"263\" srcset=\"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/macron-toast-mali-640x420-1.jpg 640w, https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/macron-toast-mali-640x420-1-300x197.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/a><\/strong><\/h3>\n<h3><strong>La pr\u00e9sence militaire occidentale en Afrique<\/strong><\/h3>\n<p>L\u2019op\u00e9ration \u00ab\u00a0Barkhane\u00a0\u00bb n\u2019est qu\u2019un des aspects de la pr\u00e9sence militaire fran\u00e7aise sur le continent africain. Elle se greffe et renforce le dispositif des bases militaires permanentes fran\u00e7aises qui sont officiellement au nombre de quatre pour un effectif de 3000 soldats (Djibouti, Abidjan, Libreville et Dakar). Il convient cependant d\u2019ajouter \u00e0 ces bases, les \u00ab\u00a0Forces arm\u00e9es de la zone sud de l\u2019oc\u00e9an indien\u00a0\u00bb (FAZSOI) stationn\u00e9es \u00e0 la R\u00e9union et \u00e0 Mayotte avec un effectif de 1900 hommes. Les bases permanentes et les \u00ab\u00a0bases temporaires\u00a0\u00bb (un temporaire de plus en plus durable dans le cas de \u00ab\u00a0Barkhane) des \u00ab\u00a0Op\u00e9rations ext\u00e9rieures\u00a0\u00bb (OPEX) permettent un quadrillage du continent du Sahel \u00e0 la Corne de l\u2019Afrique. Ce sont ainsi pr\u00e8s de 10\u00a0000 soldats fran\u00e7ais qui sont durablement pr\u00e9sent sur le continent, faisant de la France le pays maintenant en permanence le plus grand nombre de militaire en Afrique. D\u00e9sormais seules l\u2019Afrique australe et l\u2019Afrique du nord \u00e9chappent \u00e0 ce quadrillage.<\/p>\n<p>A ces chiffres, il convient \u00e9galement d\u2019ajouter la pr\u00e9sence militaire des autres pays de l\u2019Union Europ\u00e9enne qui pour \u00eatre \u00ab\u00a0ponctuelle\u00a0\u00bb n\u2019en est pas moins r\u00e9guli\u00e8re. Le plus souvent l\u2019intervention militaire europ\u00e9enne prend la forme d\u2019une aide au financement des op\u00e9rations militaires men\u00e9es par la France. Elle peut cependant aussi se traduire par une intervention militaire directe comme dans le cas de l\u2019op\u00e9ration \u00ab\u00a0ARTEMIS\u00a0\u00bb en R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo en 2003 dans laquelle sont pr\u00e9sent des militaires venant de \u00ab l\u2019Allemagne, l\u2019Autriche, la Belgique, Chypre, l\u2019Espagne, la Gr\u00e8ce, la Hollande, la Hongrie, l\u2019Irlande, l\u2019Italie, le Portugal, le Royaume-Uni et la Su\u00e8de[iii]\u00a0\u00bb. Ces interventions militaires europ\u00e9ennes se d\u00e9ploient sous coordination fran\u00e7aise\u00a0: \u00ab\u00a0La France, la plus engag\u00e9e, prend la fonction de \u00ab\u00a0nation cadre[iv]\u00a0\u00bb\u00a0explique l\u2019historienne Martine Cuttier. Paris devient ainsi un sous-traitant de l\u2019intervention militaire europ\u00e9enne et l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise une arm\u00e9e mercenaire.<\/p>\n<p>La pr\u00e9sence militaire \u00e9tats-unienne sur le continent n\u2019est pas en reste. Au c\u0153ur du dispositif \u00e9tats-unien se trouve la base de Djibouti avec un effectif de 4000 hommes destin\u00e9s \u00e0 couvrir des op\u00e9rations aussi bien en Afrique qu\u2019au Moyen-Orient. Elle n\u2019est pas la seule. \u00ab\u00a0Les Etats-Unis d\u00e9tiennent au total 34 sites militaires entre les 14 bases principales et les 20 camps, avant-postes[v]\u00a0\u00bb r\u00e9sume le magazine Tribune Afrique du 3 d\u00e9cembre 2018. Dirig\u00e9 par l\u2019AFRICOM (Commandements des Etats-Unis pour l\u2019Afrique) install\u00e9 \u00e0 Stuttgart en Allemagne ce maillage militaire\u00a0<strong>\u00ab<\/strong>permet aux forces d\u00e9ploy\u00e9es vers l\u2019avant de fournir une flexibilit\u00e9 op\u00e9rationnelle et une r\u00e9ponse rapide aux crises impliquant du personnel ou des int\u00e9r\u00eats am\u00e9ricains[vi]\u00a0\u00bb r\u00e9sume Thomas Waldhauser commandant de l\u2019AFRICOM.<\/p>\n<p>Cette importance de la pr\u00e9sence militaire occidentale sur le continent est incomparable avec celle des autres grandes puissances. La Russie ne dispose ainsi d\u2019aucune base militaire en Afrique et la Chine d\u2019une seule \u00e0 Djibouti ouverte en 2017 et comptant 400 soldats. Comparant la pr\u00e9sence \u00e9tats-unienne, russe et chinoise, une \u00e9tude de l\u2019IFRI (Institut Fran\u00e7ais des Relations Internationales) synth\u00e9tise comme suit ses conclusions\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p><em>Enjeu g\u00e9opolitique durant la guerre froide, l\u2019Afrique \u00e9merge aujourd\u2019hui \u00e0 nouveau comme un espace majeur de comp\u00e9tition strat\u00e9gique, attirant des grandes puissances non europ\u00e9ennes comme les \u00c9tats-Unis, la Chine et la Russie. Ces derniers cherchent s\u00e9curiser leur acc\u00e8s au th\u00e9\u00e2tre africain par le biais de financements et d\u2019accords diplomatiques, la construction de bases logistiques et l\u2019exercice de leur soft power. Ils y conduisent \u00e9galement des op\u00e9rations militaires. Celles-ci sont significatives et coercitives pour ce qui est des \u00c9tats-Unis, avant tout engag\u00e9s en Afrique au titre du contre-terrorisme. La Chine se concentre pour sa part sur les op\u00e9rations de maintien de la paix et l\u2019\u00e9vacuation de ses ressortissants en cas de crise. La Russie se limite encore \u00e0 des actions de conseil<strong>[vii]<\/strong>.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>Il faut bien entendu ajouter l\u2019Union Europ\u00e9enne (et la place de \u00ab\u00a0nation cadre\u00a0\u00bb qu\u2019y occupe la France) \u00e0 cette \u00ab\u00a0comp\u00e9tition Strat\u00e9gique\u00a0\u00bb en Afrique. La disproportion des pr\u00e9sences militaires entre les diff\u00e9rentes puissances, souligne que la strat\u00e9gie militaire occidentale n\u2019est pas une r\u00e9ponse \u00e0 une strat\u00e9gie militaire russe ou chinoise comme \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la dite \u00ab\u00a0guerre froide\u00a0\u00bb. La strat\u00e9gie militaire appara\u00eet d\u00e8s lors comme une r\u00e9ponse au d\u00e9veloppement des pr\u00e9sences \u00e9conomiques russe et chinoise. Voici en effet comment le conseiller \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 nationale de Trump, John Bolton, explique les motivations de la strat\u00e9gie \u00e9tats-unienne en Afrique\u00a0: \u00ab\u00a0Les pratiques pr\u00e9datrices de la Chine et de la Russie freinent la croissance \u00e9conomique en Afrique, menacent l\u2019ind\u00e9pendance financi\u00e8re des pays africains, inhibent les investissements am\u00e9ricains et interf\u00e8rent avec les op\u00e9rations militaires des \u00c9tats-Unis. Elles font peser une menace r\u00e9elle sur nos int\u00e9r\u00eats de s\u00e9curit\u00e9 nationale[viii].\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Comme le disait d\u00e9j\u00e0 le th\u00e9oricien militaire prussien Carl von Clausewitz\u00a0: \u00ab\u00a0la guerre n\u2019est rien d\u2019autre que la continuation des relations politiques avec l\u2019appoint d\u2019autres moyens[ix].\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-122436\" src=\"https:\/\/www.investigaction.net\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/engagez-vous-e1583128859192.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" height=\"636\" \/><\/p>\n<blockquote>\n<h2><strong>Les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques des multinationales fran\u00e7aise en Afrique<\/strong><\/h2>\n<\/blockquote>\n<p>La formule c\u00e9l\u00e8bre de Clausewitz souligne l\u2019erreur consistant \u00e0 ne d\u00e9finir l\u2019imp\u00e9rialisme que sous un angle militaire. L\u2019imp\u00e9rialisme est d\u2019abord une r\u00e9alit\u00e9 \u00e9conomique avant que d\u2019\u00eatre une pratique militaire. La premi\u00e8re est la base mat\u00e9rielle et la v\u00e9ritable causalit\u00e9 de la seconde. La strat\u00e9gie militaire fran\u00e7aise en Afrique fait l\u2019objet d\u2019un discours de justification et de l\u00e9gitimation qui aborde explicitement l\u2019objectif de d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques fran\u00e7ais. Cette strat\u00e9gie est d\u00e9finie dans deux \u00ab\u00a0livres blancs pour la d\u00e9fense et la s\u00e9curit\u00e9 nationale\u00a0\u00bb respectivement dat\u00e9s de 2008 et 2013. Le livre blanc de 2008 insiste sur les tensions internationales li\u00e9es aux \u00ab\u00a0approvisionnements strat\u00e9giques\u00a0\u00bb et \u00e0 la \u00ab\u00a0mont\u00e9e en concurrence avec les pays \u00e9mergents\u00a0\u00bb sur un continent richement pourvu en \u00ab\u00a0mati\u00e8res premi\u00e8res strat\u00e9giques et en ressources \u00e9nerg\u00e9tiques\u00a0\u00bb qui constituent des \u00ab\u00a0richesses vitales pour l\u2019\u00e9conomie mondiale[x]\u00a0\u00bb.\u00a0 Ce document annonce sans fard l\u2019intensification imm\u00e9diate et durable de l\u2019interventionnisme militaire en Afrique\u00a0: \u00ab\u00a0l\u2019Afrique viendra au premier rang de notre strat\u00e9gie de pr\u00e9vention pour les quinze ans \u00e0 venir[xi].\u00a0\u00bb Depuis nous avons eu la Libye, la C\u00f4te d\u2019Ivoire, le Mali, la Centre-Afrique et maintenant l\u2019ensemble des pays du Sahel.<\/p>\n<p>Le second livre blanc, celui de 2013 dresse un premier bilan \u00ab\u00a0positif\u00a0\u00bb de cette strat\u00e9gie offensive qui est actualis\u00e9 en 2017 dans un document intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Revue strat\u00e9gique de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9 nationale\u00a0\u00bb. Outre l\u2019objectif de porter l\u2019effort de d\u00e9fense \u00e0 2 % du PIB \u00e0 l\u2019horizon 2025, ce dernier document insiste sur la production d\u2019une \u00ab\u00a0coh\u00e9sion nationale\u00a0\u00bb (en particulier dans la jeunesse) \u00a0et sur la n\u00e9cessit\u00e9 de soutenir l\u2019industrie d\u2019armement. Le premier point est directement reli\u00e9 \u00e0 la mise en place d\u2019un \u00ab\u00a0service national universel obligatoire\u00a0\u00bb, lui-m\u00eame connect\u00e9 \u00e0 la production d\u2019une \u00ab\u00a0coh\u00e9sion nationale\u00a0\u00bb permettant de mener les guerres en pr\u00e9vision\u00a0: \u00ab\u00a0La coh\u00e9sion nationale conditionne la l\u00e9gitimit\u00e9 de l\u2019action des arm\u00e9es par le soutien de la Nation aux d\u00e9cisions de recours \u00e0 la force. Cette coh\u00e9sion est aujourd\u2019hui confront\u00e9e \u00e0 la diffusion d\u2019id\u00e9ologies remettant en cause les valeurs et les principes de la R\u00e9publique. [\u2026] Dans ce domaine, les arm\u00e9es jouent un r\u00f4le de socialisation, par leur recrutement mais aussi par les dispositifs auxquels elles participent (Garde Nationale, Service Militaire Volontaire, Service Militaire Adapt\u00e9\u2026)[xii].\u00a0\u00bb Le second pr\u00e9voit le renforcement de la \u00ab\u00a0Base Industrielle et Technologique de D\u00e9fense\u00a0\u00bb (BITD) argument\u00e9 comme suit\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p><em>La Base Industrielle et Technologique de D\u00e9fense (BITD) fran\u00e7aise est constitu\u00e9e d\u2019une dizaine de grands groupes de taille mondiale et de pr\u00e8s de 4 000 PME, repr\u00e9sentant en 2017 plus de 200 000 emplois en France, pour la plupart de haute technicit\u00e9 et difficilement d\u00e9localisables, avec un impact positif majeur sur la balance commerciale (sup\u00e9rieur \u00e0 6 Md\u20ac en 2016). Elle est compl\u00e9t\u00e9e par un ensemble de moyens et comp\u00e9tences \u00e9tatiques (organismes de recherche, centres d\u2019expertise et d\u2019essais, agences\u2026). [\u2026] la BITD doit \u00eatre soutenue et entretenue \u00e0 tous les niveaux (start-up, PME, ETI, grands groupes). Ce soutien s\u2019exerce par des politiques de long terme en mati\u00e8re de recherche et d\u2019investissement, de coop\u00e9ration, de soutien \u00e0 l\u2019export, d\u2019acquisition et de protection vis-\u00e0-vis d\u2019investissements \u00e9trangers<strong>[xiii]<\/strong>.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>Il s\u2019agit donc bien de pr\u00e9parer de nouvelles interventions militaires en r\u00e9unissant les conditions mat\u00e9rielles (renforcement du complexe militaro-industriel) et id\u00e9ologique (\u00ab\u00a0Service National Universel\u00a0\u00bb et plus largement discours et propagande de \u00ab\u00a0coh\u00e9sion nationale\u00a0\u00bb\u00a0 et de d\u00e9fense des \u00ab\u00a0valeurs de la R\u00e9publique\u00a0\u00bb). Cette pr\u00e9paration militaire et les futures guerres qu\u2019elle annonce sont au service de la d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats des multinationales fran\u00e7aises dont les positions de monopoles h\u00e9rit\u00e9es de l\u2019histoire sont d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 entam\u00e9es par l\u2019\u00e9mergence de nouveaux acteurs internationaux (pays dit \u00ab\u00a0\u00e9mergents\u00a0\u00bb et en particulier la Chine). Sans \u00eatre exhaustif, il n\u2019est pas inutile de rappeler quelques-uns de\u00a0 ces grands groupes que nos arm\u00e9es d\u00e9fendent en Afrique\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p><em>Bon nombre des poids lourds du CAC\u00a040\u00a0ou des plus grandes fortunes de France ont d\u00e9velopp\u00e9 des activit\u00e9s florissantes (et parfois quasi monopolistiques) en Afrique\u00a0: Bernard Arnaut (<\/em><em>LVMH<\/em><em>), Bouygues, Bollor\u00e9, Pinault (<\/em><em>CFAO\u00a0<\/em><em>jusqu\u2019\u00e0 sa r\u00e9cente cession en juillet au groupe japonais\u00a0<\/em><em>Toyota Tsusho Corporation<\/em><em>, TTC, filiale diversifi\u00e9e du groupe\u00a0<\/em><em>Toyota<\/em><em>), Seilli\u00e8re (<\/em><em>Bureau Veritas<\/em><em>), Jacques Saad\u00e9 (<\/em><em>CMA-CGM<\/em><em>), Romain Zaleski (<\/em><em>Eramet<\/em><em>),\u00a0<\/em><em>Lafarge<\/em><em>,\u00a0<\/em><em>Total<\/em><em>,\u00a0<\/em><em>Technip<\/em><em>,\u00a0<\/em><em>Vinci<\/em><em>,\u00a0<\/em><em>V\u00e9olia<\/em><em>,\u00a0<\/em><em>BNP Paribas<\/em><em>,\u00a0<\/em><em>Natixis<\/em><em>,\u00a0<\/em><em>Cr\u00e9dit Agricole<\/em><em>,\u00a0<\/em><em>Alcatel<\/em><em>,\u00a0<\/em><em>Accor<\/em><em>,\u00a0<\/em><em>Gaz de France<\/em><em>,\u00a0<\/em><em>Michelin<\/em><em>,\u00a0<\/em><em>Alstom<\/em><em>,\u00a0<\/em><em>Air France<\/em><em>,\u00a0<\/em><em>KLM<\/em><em>\u2026 Liste non exhaustive \u00e0 laquelle il faudrait ajouter les marchands d\u2019armes et quelques autres groupes, dans l\u2019agro-alimentaire notamment avec par exemple les groupes\u00a0<\/em><em>Castel\u00a0<\/em><em>et\u00a0<\/em><em>Compagnie Fruiti\u00e8re<\/em><em>.\u00a0Et de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, les rapports du CIAN (Conseil fran\u00e7ais des investisseurs en Afrique) le confirment chaque ann\u00e9e\u00a0: en d\u00e9pit de la concurrence internationale accrue, entre les patrons fran\u00e7ais et l\u2019Afrique, c\u2019est toujours \u00ab\u00a0je t\u2019aime plus qu\u2019hier et bien moins que demain<strong>[xiv]<\/strong>.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>Ces grands groupes ont \u00e9t\u00e9 les grands b\u00e9n\u00e9ficiaires des privatisations des services publics impos\u00e9es par les Plan d\u2019Ajustement Structurel du FMI et de la Banque mondiale \u00e0 partir de la d\u00e9cennie 90. C\u2019est ainsi par exemple la Lyonnaise des eaux qui b\u00e9n\u00e9ficie de la privatisation de la Compagnie Nationale des Eaux et de l\u2019Electricit\u00e9 du Togo ou le groupe Bollor\u00e9 qui h\u00e9rite de la gestion du terminal de conteneur du port de Lom\u00e9. Au Cameroun le m\u00eame Bollor\u00e9 h\u00e9rite du trafic portuaire de Douala et de l\u2019exploitation du chemin de fer. Bouygues est pr\u00e9sent d\u00e9sormais dans la production et la distribution de l\u2019eau en C\u00f4te d\u2019Ivoire et au S\u00e9n\u00e9gal et dans la construction et l\u2019entretien des infrastructures de transport. Orange domine la t\u00e9l\u00e9phonie mobile de la plupart des pays de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest. Eau, \u00e9lectricit\u00e9, chemin de fer, gestion des ports, t\u00e9l\u00e9phonie, etc.\u00a0: la purge de l\u2019ajustement structurel et de ses privatisations des services publics s\u2019est traduite pour les multinationales fran\u00e7aises par l\u2019acc\u00e8s \u00e0 de nouvelles rentes particuli\u00e8rement lucratives.<\/p>\n<p>Les ressources mini\u00e8res et \u00e9nerg\u00e9tiques sont la seconde \u00ab\u00a0rente\u00a0\u00bb de nos multinationales prot\u00e9g\u00e9e par l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise. Toutes les multinationales des industries p\u00e9tro-gazi\u00e8res et mini\u00e8res fran\u00e7aises d\u00e9veloppent leur pr\u00e9sence dans l\u2019exploitation des ressources du continent. Le p\u00e9trolier Total r\u00e9alise par exemple un tiers de sa production d\u2019hydrocarbure sur le continent. Technip, un autre p\u00e9trolier est fortement pr\u00e9sent dans la p\u00e9tro-chimie nig\u00e9riane. Dans la sid\u00e9rurgie, Eramet domine au Gabon pour la production des alliages de mangan\u00e8se. Orano (ex-Areva) exploite les mines d\u2019uranium du Niger mais aussi en Afrique du Sud. La destruction syst\u00e9matique des compagnies \u00e9tatiques mises en place au moment des ind\u00e9pendances se traduit partout par l\u2019implantation directe des multinationales dans ces secteurs strat\u00e9giques.<\/p>\n<p>L\u2019agro-industrie qui pendant l\u2019\u00e9poque coloniale et les premi\u00e8res d\u00e9cennies des ind\u00e9pendances a \u00e9t\u00e9 une source de profit immense, demeure la troisi\u00e8me \u00ab\u00a0rente\u00a0\u00bb des multinationales fran\u00e7aises en Afrique. L\u2019entreprise G\u00e9ocoton est fortement implant\u00e9e dans la production du coton pour l\u2019ensemble des pays du Sahel. Bollor\u00e9 exploite les palmeraies au Cameroun. Rougier exploite deux millions d\u2019hectares de for\u00eats au Cameroun, au Congo et au Gabon pour la production de contreplaqu\u00e9s.<\/p>\n<p>La place des multinationales fran\u00e7aises est r\u00e9sum\u00e9e comme suit par l\u2019\u00e9conomiste Jean Roch\u00a0: \u00ab\u00a0La part de march\u00e9 de la France au Sud du Sahara s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 8 % (contre 4 % au plan mondial) et d\u00e9passe les 15 % dans la zone CFA, ce qui n\u2019est pas rien. Ainsi, malgr\u00e9 les difficult\u00e9s de la reconversion, les entreprises fran\u00e7aises occupent bel et bien certains des secteurs les plus profitables des \u00e9conomies d\u2019Afrique noire[xv].\u00a0\u00bb Les trois \u00ab\u00a0rentes\u00a0\u00bb \u00e9voqu\u00e9es ci-dessus expliquent la forte pr\u00e9sence militaire fran\u00e7aise et la multiplication de ses interventions militaires. En Afrique aussi la guerre est bien la poursuite de la politique par d\u2019autres moyens. Cela d\u2019autant plus que la Chine offre des conditions contractuelles plus avantageuses et concurrence ainsi le \u00ab\u00a0pr\u00e9-carr\u00e9\u00a0\u00bb fran\u00e7ais. Maintenir par la force, la d\u00e9stabilisation et la mise en d\u00e9pendance s\u00e9curitaire ce qui ne s\u2019obtient plus par la \u00ab\u00a0concurrence libre et non fauss\u00e9e\u00a0\u00bb, telle est une des logiques de la politique africaine de l\u2019imp\u00e9rialisme fran\u00e7ais sur le continent.<\/p>\n<h2><strong>La strat\u00e9gie du choc<\/strong><\/h2>\n<p>S\u2019interrogeant sur l\u2019inscription dans la dur\u00e9e de la \u00ab\u00a0crise malienne\u00a0\u00bb et de l\u2019intervention militaire fran\u00e7aise qu\u2019elle a suscit\u00e9e, l\u2019historien malien Doulaye Konat\u00e9 pr\u00e9cise que \u00ab\u00a0qui contr\u00f4le le Mali contr\u00f4le l\u2019Afrique, si ce n\u2019est toute l\u2019Afrique[xvi]\u00a0\u00bb. Huit ans apr\u00e8s l\u2019\u00e9clatement de la Libye gr\u00e2ce notamment \u00e0 l\u2019intervention militaire fran\u00e7aise, l\u2019ensemble du Sahel est d\u00e9sormais d\u00e9stabilis\u00e9. La pr\u00e9sence militaire de Barkhane n\u2019a pas am\u00e9lior\u00e9 la situation s\u00e9curitaire. Cette \u00ab\u00a0ins\u00e9curit\u00e9\u00a0\u00bb est \u00e0 son tour avanc\u00e9e comme justification de la prolongation de \u00ab\u00a0Barkhane\u00a0\u00bb sur le long terme. \u00a0Il n\u2019est d\u00e8s lors pas \u00e9tonnant que de plus en plus de voix s\u2019\u00e9l\u00e8vent en Afrique pour interroger les v\u00e9ritables \u00ab\u00a0buts de guerre\u00a0\u00bb de Barkhane\u00a0: sauver le Sahel de la menace \u00ab\u00a0djihadiste\u00a0\u00bb ou d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques et g\u00e9opolitiques de l\u2019imp\u00e9rialisme fran\u00e7ais\u00a0?<\/p>\n<p>Ces deux buts de guerres peuvent en apparence appara\u00eetre comme convergents mais sont en r\u00e9alit\u00e9 structurellement divergents. Le premier passe en effet par un renforcement des Etats africains et le second par leur affaiblissement et leur maintien dans une d\u00e9pendance \u00e9conomique et militaire avec l\u2019ancienne puissance coloniale. L\u2019affaiblissement des Etats africains est la base mat\u00e9rielle sur laquelle se d\u00e9veloppent les conditions de possibilit\u00e9 de la d\u00e9stabilisation \u00ab\u00a0djihadiste\u00a0\u00bb. Il est le r\u00e9sultat de l\u2019ensemble des politiques \u00e9conomiques n\u00e9ocoloniales. Des plans d\u2019ajustement structurel (PAS) aux \u00a0Accords de Partenariat Economique (APE) en passant par le Franc CFA, ces politiques convergent vers une destruction des capacit\u00e9s \u00e9tatiques \u00e0 assurer un minimum de pr\u00e9sence scolaire, routi\u00e8re, \u00e9conomique, etc., dans des r\u00e9gions enti\u00e8res de chaque pays. Elles forgent dans chacune de ces nations une bipolarisation entre un \u00ab\u00a0pays utile\u00a0\u00bb et un \u00ab\u00a0pays inutile\u00a0\u00bb d\u00e9laiss\u00e9.<\/p>\n<p>Le maintien d\u2019un degr\u00e9 d\u2019instabilit\u00e9 permanent mais \u00ab\u00a0contr\u00f4lable\u00a0\u00bb permet \u00e0 la fois de maintenir l\u2019exploitation \u00e9conomique des \u00ab\u00a0zones utiles\u00a0\u00bb et de justifier la pr\u00e9sence militaire \u00e9trang\u00e8re durable. L\u2019\u00e9conomiste et journaliste altermondialiste Naomie Klein[xvii]\u00a0a largement document\u00e9 il y a plus d\u2019une d\u00e9cennie cette \u00ab\u00a0strat\u00e9gie du choc\u00a0\u00bb consistant \u00e0 s\u2019appuyer sur les \u00ab\u00a0chocs psychologiques\u00a0\u00bb qu\u2019entra\u00eenent les d\u00e9sastres (naturels ou suscit\u00e9s) pour justifier des politiques qui auraient \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9es autrement. La critique de cette strat\u00e9gie est de plus en plus fr\u00e9quente dans les opinions publiques africaines. Elle est cependant quasi-inexistante en France par peur d\u2019\u00eatre stigmatis\u00e9 politiquement comme \u00ab\u00a0complotiste\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0conspirationniste\u00a0\u00bb. Cette peur \u00e0 conduit dans le pass\u00e9 r\u00e9cent \u00e0 cautionner pour le pire la guerre en Libye et pour le mieux au mutisme face \u00e0 celle-ci. Elle m\u00e8ne aujourd\u2019hui \u00e0 l\u2019absence de mouvements et de protestations anti-imp\u00e9rialistes au moment m\u00eame o\u00f9 l\u2019Etat fran\u00e7ais renoue avec une strat\u00e9gie agressive pour pr\u00e9server ses int\u00e9r\u00eats en Afrique.<\/p>\n<p><strong>Cette peur fait en cons\u00e9quence partie du vaste processus id\u00e9ologique visant \u00e0 produire la \u00ab\u00a0coh\u00e9sion\u00a0\u00bb dont a besoin l\u2019Etat fran\u00e7ais pour mener ses ing\u00e9rences militaires c\u2019est-\u00e0-dire pour produire un consentement \u00e0 la guerre. La mise en place du Service National Universel vient renforcer cette fabrique id\u00e9ologique du consentement.<\/strong><\/p>\n<p><strong>NOTES:<\/strong><\/p>\n<p>[i]\u00a0Jean-Luc M\u00e9lenchon,\u00a0<em>De nouveau, \u00e0 propos du Mali,\u00a0<\/em>\u00a0<a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/melenchon.fr\/2019\/11\/29\/de-nouveau-a-propos-du-mali\/\" >https:\/\/melenchon.fr\/2019\/11\/29\/de-nouveau-a-propos-du-mali\/<\/a>, consult\u00e9 le 18 f\u00e9vrier 2020 \u00e0 8 h 45.<\/p>\n<p>[ii]\u00a0\u00ab\u00a0Mali\u00a0: Un drame qui souligne combien la r\u00e9ponse militaire est lourde de dangers\u00a0\u00bb,\u00a0<a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/international.pcf.fr\/113560\" >http:\/\/international.pcf.fr\/113560<\/a>, consult\u00e9 le 18 f\u00e9vrier 2020 \u00e0 8 h 55.<\/p>\n<p>[iii]\u00a0Martine Cuttier,\u00a0<em>Bilan de la pr\u00e9sence militaire europ\u00e9enne en Afrique subsaharienne, 2000-2010,\u00a0<\/em>Res Militaris, volume 2, n\u00b0 2, Printemps-Hivers 2012, p. 17.<\/p>\n<p>[iv]\u00a0Ibid., p. 17.<\/p>\n<p>[v]\u00a0Ibrahima Bayo,\u00a0<em>La carte militaire africaine des Etats-Unis d\u00e9voil\u00e9es,\u00a0<\/em>Tribune Afrique du 3 d\u00e9cembre 2018.<\/p>\n<p>[vi]\u00a0Ibid.<\/p>\n<p>[vii]\u00a0Aline Leboeuf,\u00a0<em>La comp\u00e9tition strat\u00e9gique en Afrique. Approches militaires am\u00e9ricaines, chinoises et russe,\u00a0<\/em>Focus Strat\u00e9gique, n\u00b0 91, IFRI, ao\u00fbt 2019, p. 5.<\/p>\n<p>[viii]\u00a0John R. Bolton, \u00abRemarks by National Security Advisor Ambassador John R. Bolton on The Trump Administration\u2019s New Africa Strategy\u00bb, Maison Blanche, 13 d\u00e9cembre 2018,\u00a0<a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.whitehouse.gov\/briefings-statements\/remarks-national-security-advisor-ambassador-john-r-bolton-trump-administrations-new-africa-strategy\/\" >https:\/\/www.whitehouse.gov\/briefings-statements\/remarks-national-security-advisor-ambassador-john-r-bolton-trump-administrations-new-africa-strategy\/<\/a>, consult\u00e9 le 18 f\u00e9vrier 2020 \u00e0 11 h 55.<\/p>\n<p>[ix]\u00a0Carl von Clausewitz,\u00a0<em>De la guerre,\u00a0<\/em>livre 1, Minuit, Paris, 1955, p. 703.<\/p>\n<p>[x]\u00a0D\u00e9fense et s\u00e9curit\u00e9 nationale\u00a0: Le livre blanc, Paris, La Documentation fran\u00e7aise\/Odile Jacob, 2008, chapitre 1, pp. 19-42.<\/p>\n<p>[xi]\u00a0Ibid., chapitre 2, pp. 43-61.<\/p>\n<p>[xii]\u00a0Revue strat\u00e9gique de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9 nationale 2017, Bureau des \u00e9ditions, Paris, Octobre 2017, p. 57.<\/p>\n<p>[xiii]\u00a0Ibid., p. 66.<\/p>\n<p>[xiv]\u00a0Thomas Noirot,\u00a0<em>Les entreprises fran\u00e7aises en Afrique. Pillage contre transparence,\u00a0<\/em>Outre-Terre, n\u00b0 33-34, 2012, p. 540.<\/p>\n<p>[xv]\u00a0Jean Roch,\u00a0<em>La place des entreprises fran\u00e7aises en Afrique subsaharienne,\u00a0<a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.afrique-demain.org\/economie-140-place-des-entreprises-francaises-en-afrique-subsaharienne\" >https:\/\/www.afrique-demain.org\/economie-140-place-des-entreprises-francaises-en-afrique-subsaharienne<\/a>, consult\u00e9 le 25 f\u00e9vrier 2020 \u00e0 12 h 00.<\/em><\/p>\n<p>[xvi]\u00a0Doulaye Kounat\u00e9, dans le documentaire de Bob Coen et \u00c9ric Nadler\u00a0: \u00ab\u00a0guerre de l\u2019ombre au Sahara\u00a0\u00bb, Arte France\/Crescendo Films, 2014.<\/p>\n<p>[xvii]\u00a0Naomi Klein,\u00a0<em>La strat\u00e9gie du choc. La mont\u00e9e d\u2019un capitalisme du d\u00e9sastre,\u00a0<\/em>Actes Sud, Paris, 2008.<\/p>\n<p>________________________________________________<\/p>\n<p><em>Source: <a href=\"https:\/\/bouamamas.wordpress.com\/2020\/02\/25\/les-nouvelles-orientations-de-limperialisme-francais-en-afrique\/#more-508\"  target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Le Blog de Sa\u00efd Bouamama<\/a><\/em><\/p>\n<p><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.investigaction.net\/fr\/les-nouvelles-orientations-de-limperialisme-francais-en-afrique\/\" >Go to Original &#8211; investigaction.net<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>2 Mar 2020 &#8211; L\u2019annonce, par simple communiqu\u00e9, dat\u00e9 du 2 f\u00e9vrier 2020 de l\u2019envoi de 600 militaires fran\u00e7ais suppl\u00e9mentaires au Sahel a soulev\u00e9 peu de d\u00e9bats contradictoires et encore moins d\u2019oppositions. Aucune initiative militante n\u2019a accompagn\u00e9 cette annonce.<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":155882,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[46],"tags":[237,1675,291,1233],"class_list":["post-155880","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-original-languages","tag-africa","tag-france","tag-military","tag-sahel"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/155880","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=155880"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/155880\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/media\/155882"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=155880"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=155880"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=155880"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}