{"id":16429,"date":"2011-12-19T12:00:43","date_gmt":"2011-12-19T12:00:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.transcend.org\/tms\/?p=16429"},"modified":"2011-12-18T22:24:28","modified_gmt":"2011-12-18T22:24:28","slug":"french-le-rwanda-dans-son-etat-politico-economique-et-conflictuel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/2011\/12\/french-le-rwanda-dans-son-etat-politico-economique-et-conflictuel\/","title":{"rendered":"(French) Le Rwanda Dans Son Etat Politico-Economique et Conflictuel"},"content":{"rendered":"<p>Des \u00e9conomistes, historiens et hommes d&#8217;\u00c9tat ont traditionnellement consid\u00e9r\u00e9 &#8220;une nation&#8221; comme un groupe de personnes affirmant le contr\u00f4le d&#8217;institutions \u00e9conomiques, religieuses, juridiques et \u00e9ducatives reconnues officiellement l\u00e9gitimes. L&#8217;efficacit\u00e9 de nations est \u00e9valu\u00e9e en comparant la production collective et la d\u00e9pense, le produit int\u00e9rieur brut, PIB et le produit national brut, PNB et passant en revue les r\u00e9sultats des moyens l\u00e9gaux, sociaux, moraux et logistiques d\u00e9ploy\u00e9s pour diriger le syst\u00e8me. Des donn\u00e9es nationales rassembl\u00e9es par le recensement \u00e9claire sur la vie des institutions \u00e9tatiques et du peuple pour mieux planifier en tenant compte des r\u00e9alit\u00e9s statistiques. Une question d&#8217;int\u00e9r\u00eat comparatif, d&#8217;\u00e9valuer la philosophie politique, se pose:<strong> <\/strong>&#8221;comment des populations diff\u00e9rentes g\u00e8rent-elles le probl\u00e8me de base comme l&#8217;\u00e9ducation, la sant\u00e9, l&#8217;hygi\u00e8ne, la communication, la r\u00e9gulation du pouvoir d&#8217;achat et la s\u00e9curit\u00e9?&#8221; Comme r\u00e9ponse anticip\u00e9e, on peut postuler: &#8221;Les nations se maintiennent en \u00e9tablissant le respect de la loi,\u00a0 pr\u00e9levant des taxes, et contr\u00f4lant les fronti\u00e8res, \u00e9duquant les citoyens. Ceci conduit les populations concern\u00e9es a engranger des fonds n\u00e9cessaires pour accomplir leurs projets.&#8221; Le people, par d\u00e9l\u00e9gation, contr\u00f4le et stabilise la coh\u00e9sion sociale en promouvant les oeuvres d&#8217;art, histoires et rites qui cimentent l&#8217;identit\u00e9. Alors, d&#8217;o\u00f9 vient que des conflits naissent au niveau de la gestion de la chose publique car au Rwanda le pays semble mener une \u00e9ducation \u00e0 deux vitesses. Les jeunes des familles ais\u00e9es ont une \u00e9ducation garantie au moment o\u00f9 les jeunes des parents moyens et pauvres n&#8217;ont pas droit aux bourses d&#8217;\u00e9tudes.<\/p>\n<p>Dans la question: \u201cLa politique peut-elle conduire au progr\u00e8s?\u201d Deux r\u00e9ponses diam\u00e9tralement oppos\u00e9es surgissent, la premi\u00e8re consiste \u00e0 dire que dans l&#8217;id\u00e9al, la politique devrait avoir pour but ultime le bien commun. La deuxi\u00e8me r\u00e9ponse consiste \u00e0 infirmer en insistant sur le fait que \u201cles hommes politiques ne visent que le pouvoir en soi, et non le bonheur des citoyens.\u201d Le bien commun au Rwanda n&#8217;existe pas car il a \u00e9t\u00e9 plut\u00f4t remplac\u00e9 par une politique de paup\u00e9risation des habitants qui vivent avec une grande peur au ventre. La politique consistant \u00e0 g\u00e9rer les propri\u00e9t\u00e9s des habitants ainsi que leurs produits agricoles ne peut leur permettre d&#8217;avoir une paix int\u00e9rieure. La cr\u00e9ation des coop\u00e9ratives servant \u00e0 collecter ces produits agricoles, comme la pomme de terre, fait que l\u2019\u00e9lite s&#8217;enrichit au d\u00e9triment des agriculteurs paysans. Ces derniers ne re\u00e7oivent que des prix d\u00e9risoires alors que l&#8217;\u00e9lite qui g\u00e8re ces coop\u00e9ratives fait dix fois plus de profits. Ceci revient \u00e0 dire que le politique rwandais exploite sciemment le producteur, l&#8217;assujettit \u00e0 des conditions inhumaines pour enrichir des structures mafieuses d&#8217;un groupe d&#8217;individus incapables d&#8217;utiliser leurs forces physiques.<\/p>\n<p>Dire que la politique peut conduire au progr\u00e8s revient \u00e0 dire que \u2018\u2019la politique est l&#8217;art de bien conduire la cit\u00e9 pour garantir le bien-\u00eatre de tous les citoyens.\u2019\u2019 En gouvernant selon les principes de la raison et la vertu, on peut faire avancer la soci\u00e9t\u00e9 dans le sens du progr\u00e8s. R\u00e9pondre \u00e0 la n\u00e9gative consiste \u00e0 d\u00e9clarer que la politique n&#8217;est pas au service du bonheur des hommes; qu\u2019elle n&#8217;est que la manifestation d&#8217;un pouvoir impersonnel qui les opprime. Sous deux formes invers\u00e9es, capitalisme et socialisme, la politique ne fait qu&#8217;instaurer la tyrannie de la technique. C&#8217;est ce que les observateurs remarquent en se penchant sur le cas du Rwanda o\u00f9 le pouvoir m\u00e9lange les deux aspects pour mieux exploiter les habitants car cr\u00e9ant de fausses coop\u00e9ratives o\u00f9 les faibles sont exploit\u00e9s par les plus forts qui accumulent des capitaux. De ces deux visions, o\u00f9 peut-on situer la politique men\u00e9e au Rwanda? Est-elle une politique \u00e9quilibr\u00e9e visant le bien-\u00eatre des citoyens ou plut\u00f4t une superposition maligne de th\u00e9ories consistant \u00e0 rendre les moins forts plus vuln\u00e9rables?<\/p>\n<p>L&#8217;un des buts principaux de la politique est d&#8217;apprendre \u00e0 gouverner les hommes\u00a0 selon les principes de la raison et de la sagesse.<strong> <\/strong>C&#8217;est pourquoi le souverain id\u00e9al devrait \u00eatre un \u201cphilosophe-roi\u201d. Sachant ce qu&#8217;est le bien en soi, celui-ci pourrait exercer son pouvoir dans un but d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9, afin de rendre les citoyens heureux. Cependant dans la barbarie \u00e0 visage humain, on peut d\u00e9noncer ce qu&#8217;on appelle le progressisme,<strong> <\/strong>id\u00e9ologie<strong> <\/strong>selon laquelle l&#8217;histoire avance dans le sens du progr\u00e8s vers l&#8217;av\u00e8nement du bonheur de l&#8217;humanit\u00e9. Cette conception, issue des Lumi\u00e8res, sous-tends aussi bien le capitalisme que le socialisme, que l&#8217;on peut renvoyer dos \u00e0 dos; pour L\u00e9vy, les deux doctrines n&#8217;am\u00e8nent qu&#8217;au r\u00e8gne de la technocratie.<\/p>\n<p>Ceux<strong> <\/strong>qui affirment que la politique peut conduire au progr\u00e8s pensent que celui-ci aboutit au bien commun. Rappelons qu&#8217;au si\u00e8cle des Lumi\u00e8res, les philosophes \u00e9laborent un projet politique nouveau. Pour eux, le malheur des hommes r\u00e9sulte du despotisme.<strong> <\/strong>Le progr\u00e8s des connaissances, en mettant \u00e0 bas les causes de l&#8217;oppression, engendre un progr\u00e8s politique qui rendra les hommes libres et \u00e9gaux. Les progr\u00e8s de la raison permettront progressivement aux individus d&#8217;acc\u00e9der \u00e0 un \u00e9tat de bonheur collectif. Il n&#8217;est le secret pour personne que la venue du FPR au Rwanda n&#8217;avait \u00e9t\u00e9 souhait\u00e9e par personne de l&#8217;int\u00e9rieur du pays. Le pays n&#8217;avait pas besoin d&#8217;un pouvoir impos\u00e9 de l&#8217;ext\u00e9rieur, il aspirait plut\u00f4t \u00e0 une \u00e9volution d\u00e9mocratique o\u00f9 les institutions existantes devaient s&#8217;affermir par un multipartisme consensuel. La modernisation des institutions consistant \u00e0 faire le bilan du pass\u00e9 pour avancer dans un renouveau r\u00e9pondant aux besoins des habitants, cette dynamique venait d&#8217;\u00eatre initi\u00e9e par le pouvoir d&#8217;alors.<\/p>\n<p>Le peuple Rwandais est-il victime d&#8217;un syst\u00e8me auquel il n&#8217;adh\u00e8re pas? Au XIXe si\u00e8cle na\u00eet le socialisme, projet visant \u00e0 lib\u00e9rer la majorit\u00e9 des hommes de la nouvelle forme d&#8217;oppression que constitue le travail en usine quelque peu similaire \u00e0 ce que vivent les Rwandais condamn\u00e9s parfois \u00e0 tort aux \u201cTravaux d&#8217;Int\u00e9r\u00eat G\u00e9n\u00e9ral\u201d, TIG. Ce projet de socialisme s&#8217;accompagne d&#8217;une vision utopique de ce que doit \u00eatre la soci\u00e9t\u00e9: une soci\u00e9t\u00e9 \u201csans classe\u201d, constitu\u00e9e d&#8217;individus parfaitement \u00e9gaux et libres. Certes, un tel id\u00e9al peut para\u00eetre impossible \u00e0 r\u00e9aliser; mais il est incontournable s&#8217;il l&#8217;on admet que l&#8217;homme n&#8217;est pas sur terre pour \u00eatre prisonnier du syst\u00e8me \u00e9conomique.<strong> <\/strong>La R\u00e9volution sociale rwandaise de 1959 voulait que cesse l&#8217;exploitation d&#8217;une classe sociale par une autre. Cependant, les acquis de cette r\u00e9volution se sont estomp\u00e9s c\u00e9dant place \u00e0 une autre forme d&#8217;assujettissement de l&#8217;homme par l&#8217;homme. Le pouvoir du Rwanda continue de clamer haut et fort que la croissance \u00e9conomique annuelle exc\u00e8de les 7 % alors que dans les pays comme la France o\u00f9 les donn\u00e9es sont plus fiables pr\u00e9disent une croissance comprise entre 0,3 et 1%. Le gouvernement Rwandais se moque du peuple qu&#8217;il dirige d&#8217;une main de fer, peuple qui n&#8217;a m\u00eame plus les moyens pour satisfaire ses besoins de base.<\/p>\n<p>Ceux qui affirment que les hommes politiques ne visent que le pouvoir en soi, et non le bonheur des hommes dont L\u00e9vy, disent que le socialisme aboutit au syst\u00e8me concentrationnaire ou r\u00e9pressif de l&#8217;Union Sovi\u00e9tique, dit \u201cgoulag\u201d. L\u00e9vy critique en particulier le socialisme\u00a0 et ses utopies, qui conduisent au goulag. Mais la politique \u00e9conomique de fa\u00e7ade impos\u00e9e aux agriculteurs Hutu est une provocation qui rappelle la m\u00eame exploitation endur\u00e9e par ce peuple jusqu&#8217;\u00e0 sa r\u00e9volution sociale de 1959. Alors que le capitalisme m\u00e8ne \u00e0 la technocratie sans justification id\u00e9ologique, le socialisme sous forme coop\u00e9rative camoufl\u00e9e, au Rwanda,\u00a0 aboutit au m\u00eame r\u00e9sultat \u2013 voire bien pire \u2013 sous le pr\u00e9texte de faire le bonheur des hommes. La politique n&#8217;est en fait que la gestion technocratique, socialement acceptable, \u201c\u00e0\u00a0 visage humain\u201d, de l&#8217;instinct de domination et de violence\u00a0 &#8211; la \u201cbarbarie\u201d &#8211; qui g\u00eet au fond du corps social et de chacun de nous. Mais devrait-on attendre d&#8217;un pouvoir militaire impos\u00e9 le salut du peuple si ce n&#8217;est que des transformations sociales n\u00e9gatives, voire des souffrances \u00e9hont\u00e9es impos\u00e9es \u00e0 nos voisins de la RD Congo, o\u00f9\u00a0 les conflits incessants emportent des vies humaines presque pour l&#8217;\u00e9ternit\u00e9.<\/p>\n<p>Des lors, selon les nouveaux philosophes, le philosophe ne peut plus s&#8217;occuper de politique. Il ne peut devenir \u201cphilosophe-roi\u201d comme le voulait Platon, car le pouvoir ne cherche rien d&#8217;autre que le pouvoir. Renon\u00e7ant \u00e0 la politique, abandonnant les id\u00e9es de progr\u00e8s et de sens de l&#8217;histoire, les \u201cnouveaux philosophes\u201d seront des francs-tireurs sans cesse vigilants et critiques. Au nom de l&#8217;\u00e9thique, ils feront semblant de s&#8217;engager dans des combats ponctuels contre la menace du totalitarisme technocratique alors qu&#8217;ils en sont les vrais instigateurs. Leurs protecteurs leur feront la publicit\u00e9 pour continuer de les utiliser dans le maintien de la terreur dans une r\u00e9gion qui ne veut m\u00eame pas d&#8217;eux.<\/p>\n<p>En rejetant l&#8217;id\u00e9e m\u00eame de progr\u00e8s politique ou de sens de l&#8217;histoire, on remet en question l&#8217;une des id\u00e9es-cl\u00e9s de notre modernit\u00e9. Pour moi, tout projet politique, sous couvert d&#8217;utopie, tend \u00e0 imposer un pouvoir impersonnel et totalitaire. Cette dimension fondamentale perverse de la politique \u00e9clate au grand jour dans les r\u00e9gimes fascistes. Ces derniers, en effet, sous un discours pr\u00e9tendument humaniste, ne font qu&#8217;\u00e9craser les individus. Mais peut-\u00eatre faut-il en accuser les hommes eux-m\u00eames, plut\u00f4t que les utopies, qui constituent une recherche l\u00e9gitime du bonheur.<\/p>\n<p><strong>La fin d&#8217;une nation?<\/strong><\/p>\n<p>Il existe beaucoup de raisons pour lesquels on peut s&#8217;interroger sur les soci\u00e9t\u00e9s (les gens, leurs valeurs et des ressources collectives) et des \u00e9conomies (des institutions, les divisions de pouvoir et l&#8217;\u00e9tat de droit) ne peuvent plus \u00eatre d&#8217;une mani\u00e8re satisfaisante analys\u00e9es, utilisant une logique &#8220;de nation&#8221; d&#8217;actions. La notion que le peuple, dans une nation, est compos\u00e9 d&#8217;un groupe ethnique, linguistique, ou religieux homog\u00e8ne peut presque toujours \u00eatre prouv\u00e9e impr\u00e9cise. En fait, la poly-appartenance ethnique est une r\u00e9alit\u00e9 durable de la grande majorit\u00e9 des nations du monde. En r\u00e9alit\u00e9, cette poly-appartenance ethnique se compose de groupes culturels plus petits, remarquables au travers d&#8217;une diversit\u00e9 de langues et de traditions locales.\u00a0 Certains groupes sont unis pour une cause religieuse, linguistique, historique ou pour une cause symbolique. Les Hutu, Tutsi et Twa du Rwanda, n&#8217;ont rien en commun avec ce que nous venons de voir car ils parlent la m\u00eame langue, ont les m\u00eames traditions&#8230; ce qui les diff\u00e9rencie, c&#8217;est seulement l&#8217;histoire. Celle-ci place les uns au dessus des autres et l&#8217;observateur qui rencontre ces hommes et femmes se rend compte qu&#8217;une minorit\u00e9 exploite une majorit\u00e9 par le truchement d&#8217;un pouvoir acquis de mani\u00e8re \u00e9sot\u00e9rique et sophistiqu\u00e9e o\u00f9 l&#8217;on pr\u00e9tend que l&#8217;h\u00e9ritier du r\u00e8gne na\u00eet avec des graines de sorgho dans sa poign\u00e9e de main. Tel \u00e9tait le cas du prince h\u00e9ritier au royaume du Rwanda jusqu\u2019en 1959, date de la r\u00e9volution sociale qui mit fin \u00e0 cette pratique qui pla\u00e7ait le roi au centre de la vie quotidienne rwandaise.<\/p>\n<p>L&#8217;interaction d&#8217;appartenances ethniques et des nations dans un monde qui se globalise cr\u00e9e n\u00e9cessairement de nouvelles communaut\u00e9s qui sont aussi &#8220;culturelles.&#8221; L&#8217;id\u00e9e qu&#8217;une \u00e9conomie politique et ses institutions fonctionnent de mani\u00e8re autonome \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur d&#8217;une fronti\u00e8re nationale est aussi erron\u00e9e comme il n&#8217;existe aucune \u00e9conomie, soci\u00e9t\u00e9 ou syst\u00e8me \u00e9ducatif qui agit seul. Dans le monde d&#8217;aujourd&#8217;hui la globalisation\u00a0 exige qu\u2019il y ait des contacts internationaux, ph\u00e9nom\u00e8ne qui a \u00e9t\u00e9 acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 par la technologie et les medias sans fronti\u00e8res. L&#8217;\u00e9tat nation c&#8217;est un accord institutionnalis\u00e9 et bureaucratis\u00e9, de solidarit\u00e9 qui place l&#8217;ethnicit\u00e9 avec une philosophie politique dominant, \u00e9tat de droit, gouvernement et syst\u00e8me de contr\u00f4le des d\u00e9viants. D&#8217;aucuns se demandent si le Rwanda actuel m\u00e9rite d&#8217;\u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une \u201cnation\u201d, si le vocable \u201cnation\u201d signifie:\u201dgrande communaut\u00e9 humaine, le plus souvent install\u00e9e sur un m\u00eame territoire et qui poss\u00e8de une unit\u00e9 historique, linguistique, culturelle, \u00e9conomique plus ou moins forte.\u201d Le Rwanda s&#8217;est d\u00e9sint\u00e9gr\u00e9, fragment\u00e9 \u00e0 cause de la cupidit\u00e9 des soi-disant responsables qui consid\u00e8rent autrui comme concurrent (Igipinga). Si un concurrent, opposant politique est vou\u00e9 \u00e0 la disparition, la prison ou l\u2019exile, ce qui est le cas au Rwanda, ce dernier perd le sens d&#8217;une nation.<\/p>\n<p><strong>Le conflit d&#8217;int\u00e9r\u00eats au Rwanda et en RDC<\/strong><\/p>\n<p>La nation est un jeu d&#8217;affiliations profess\u00e9es ou proclam\u00e9es et pas un \u00e9tat empirique d&#8217;\u00eatre le territoire o\u00f9 se forge une identit\u00e9 de r\u00e9f\u00e9rence. C&#8217;est le r\u00e9sultat fonctionnel et historique d&#8217;une lutte pour la dominance dans des normes de groupe. Les nations n&#8217;ont jamais \u00e9t\u00e9 plus que les fragments de l&#8217;imagination collective, exploitant le patriotisme dans le service de paternalisme rendu possible \u00e0 une grande \u00e9chelle. En homog\u00e9n\u00e9isant des forces impos\u00e9es au peuple et un discours parfois choquant, on croit que seulement la presse \u00e9crite peut faire avancer les choses surtout en mettant en avant le culte de l&#8217;un ou l&#8217;autre pr\u00e9sident autoproclam\u00e9, ceci ne se voit qu&#8217;en Afrique. Si dans les pays modernes la presse constitue le quatri\u00e8me pouvoir, en est-il de m\u00eame au Rwanda? Un conflit ouvert entre l&#8217;autorit\u00e9 du pr\u00e9sident Paul Kagame et la presse priv\u00e9e au Rwanda devient intraitable. Des journalistes et des hommes des partis politiques se sont vus leur libert\u00e9 d&#8217;action bafou\u00e9e. Certains on \u00e9t\u00e9 \u00e9limin\u00e9s tant au pays qu&#8217;a l&#8217;ext\u00e9rieur, d&#8217;autres croupissent en prison et d&#8217;autres ont pris le chemin de l&#8217;exile. La presse progouvernementale ne peut que rapporter la volont\u00e9 du pouvoir pour lequel elle travaille et devient ainsi l&#8217;otage du pouvoir qui veut se maintenir \u00e0 tout prix.<\/p>\n<p>La vraie presse se veut ind\u00e9pendante vis-\u00e0-vis de la boite \u00e9tatique qui brutalise quiconque ne s&#8217;exprime pas suivant la volont\u00e9 de l&#8217;Etat qui n&#8217;h\u00e9site pas \u00e0 ch\u00e2tier trop fort ses opposants. Pourtant, personne n&#8217;a le droit d&#8217;\u00f4ter la vie \u00e0 quelqu&#8217;un parce qu&#8217;il a une divergence de pens\u00e9e avec l&#8217;autorit\u00e9. Les nations modernes doivent aussi se d\u00e9battre pour faire face \u00e0 l&#8217;ing\u00e9rence internationale \u00e9tant donn\u00e9 le caract\u00e8re perm\u00e9able des territoires. D&#8217;aucuns savent que les\u00a0 acteurs externes et internes utilisent des arrangements institutionnels pour\u00a0 injecter constamment des id\u00e9es import\u00e9es dans les affaires int\u00e9rieures d&#8217;un \u00e9tat pour faire semblant d&#8217;\u00eatre les garants de la politique nationale.<\/p>\n<p>Aujourd&#8217;hui on compte plus de 200 nations dans le monde et l&#8217;histoire r\u00e9cente sugg\u00e8re que plusieurs nations pourraient voir le jour. Ceci se voit \u00e0 travers des apparitions des groupes culturels affirmant leur identit\u00e9 et cherchant le statut de nation sur des bases culturelles. Le r\u00eave de cr\u00e9er un super-Etat regroupant certaines r\u00e9gions de la RD Congo au profit du Rwanda, par exemple, continue de chiffonner Kigali et attise des conflits entre groupes locaux et des occupants indirects dont la mission est de piller un pays encore fragile. A l&#8217;\u00e9poque, Pasteur Bizimungu, alors pr\u00e9sident du Rwanda, un Hutu oeuvrant pour la cause du FPR, affirmait haut et fort qu&#8217;il fallait un Berlin II pour retracer de nouvelles fronti\u00e8res afin que le Nord et Sud Kivu de la RDC reviennent au Rwanda ! La Balkanisation des deux Kivus \u00e9tait et reste le r\u00eave de Paul Kagam\u00e9 et ses sponsors, leurs enjeux et leurs plans nuisibles aux populations de la sous-region nourrissent la hantise du contr\u00f4le total des richesses que regorge cette zone. L&#8217;expression de petits groupes homog\u00e8nes dans la recherche de pr\u00e9server leur identit\u00e9 menac\u00e9e, d\u00e9tourn\u00e9e par les grandes puissances ne se fait pas entendre dans cette partie du monde abandonn\u00e9e \u00e0 elle-m\u00eame. L\u00e0, on tue hommes, enfants et on viole les femmes sans distinction d\u2019\u00e2ges pour servir une \u00e9lite Rwandaise ou un groupe g\u00e9opolitique au bord de sa chute. Que nous enseigne le printemps arabe, les pouvoirs forts d\u2019Idi Amin Dada, en Ouganda, Charles Taylor, Gbagbo, etc.\u00a0? L\u2019annexion des deux Kivus au Rwanda reviendrait \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une nouvelle nation et \u00e0 la destruction d\u2019un Etat souverain qu\u2019est la RD Congo.<\/p>\n<p>La cr\u00e9ation de nouvelles nations signifie impulser des unit\u00e9s politiques, religieuses et \u00e9conomiques avec les privil\u00e8ges de vote dans l&#8217;Organisation Mondiale du Commerce, les Nations unies et une voix dans un cyberespace et d&#8217;autres r\u00e9seaux internationaux. Plus les nations exigent plus de moyens raffin\u00e9s pour \u00e9tablir la priorit\u00e9 sur des ressources pour assurer une voix d&#8217;influence dans un syst\u00e8me mondial, plus ils sont per\u00e7u comme ayant des ressources \u00e0 convoiter. Plus il y a des nations riches en ressources naturelles, plus l&#8217;autod\u00e9termination des sous-groupes en qu\u00eate d\u2019autonomie ou cession se manifeste pour r\u00e9pondre \u00e0 la volont\u00e9 des g\u00e9ostrat\u00e8ges qui y voient des enjeux \u00e9conomiques. Alors que recherche le Rwanda \u00e0 l&#8217;Est de la RDC? Pourquoi le Rwanda s\u2019acharne-t-il \u00e0 annexer les deux Kivus alors que les fronti\u00e8res existantes sont l\u00e9gitimement infranchissables?<\/p>\n<p>Plus il y a une menace \u00e0 une nation africaine, plus cette nation devient divis\u00e9e et le risque est de voir une comp\u00e9tition des\u00a0 acteurs \u00e9trangers s&#8217;installer pour \u00e9touffer les buts ultimes des acteurs locaux. Plus l\u2019homme n\u2019est pas \u00e9duqu\u00e9 pour affirmer librement sa conviction plus il ne peut jamais se d\u00e9velopper et par cons\u00e9quent d\u00e9velopper son pays. L\u2019amour de servir sa patrie et de rendre sa diversit\u00e9 homog\u00e8ne, peut inciter un groupe d\u2019hommes \u00e0 se forger une nouvelle identit\u00e9 culturelle en vue de cr\u00e9er l&#8217;unit\u00e9 autour des principes nouveaux. La RDC des ann\u00e9es 60 avait les m\u00eames atouts que le Br\u00e9sil d\u2019alors, aujourd\u2019hui y a-t-il une comparaison et pourquoi? Le Br\u00e9sil fait partie de 5 grands pays \u00e9mergents dont la Russie, l\u2019Inde, la Chine et l\u2019Afrique du Sud, (BRICS) alors que la RDC a recul\u00e9e pour \u00eatre plac\u00e9e parmi les pays les moins avanc\u00e9s, un pays qui regorge d\u2019immenses ressources naturelles. Ceci d\u00e9montre que ce pays n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 l\u00e2ch\u00e9 par ceux qui l&#8217;ont exploit\u00e9 et continuent de convoiter ses richesses naturelles\u00a0; il ne peut donc pas s&#8217;organiser librement.<\/p>\n<p>Si la RD Congo avait d\u00e9coll\u00e9 \u00e9conomiquement, politiquement, et socialement, les pays voisins dont le Rwanda auraient suivi son exemple. Les conflits dans l&#8217;Afrique des Grands Lacs la freine au niveau de son d\u00e9collage \u00e9conomique alors qu&#8217;elle devrait suivre l\u2019exemple des 4 dragons asiatiques pour avancer \u00e9conomiquement au lieu de s&#8217;enliser dans des conflits \u00e0 caract\u00e8re ethnique. Cependant, l\u2019h\u00e9g\u00e9monie Rwandaise devrait d\u2019abord \u00eatre contenue car ce pays joue le r\u00f4le de d\u00e9stabilisateur dans cette r\u00e9gion et la prive de s\u2019accomplir sereinement dans ses projets de d\u00e9veloppement social, politique et \u00e9conomique. Les Grandes Puissances \u00e9conomiques consid\u00e8rent le Rwanda comme leur base arri\u00e8re pour avoir une main mise sur les richesses de la sous-region. On y voit l&#8217;extension de l&#8217;influence am\u00e9ricaine, britannique, chinoise, etc. m\u00eame les Fran\u00e7ais se sont lanc\u00e9s derni\u00e8rement dans cette aventure en flirtant avec le Rwanda qui les accuse pourtant d&#8217;\u00eatre complices du g\u00e9nocide de 1994. Le Pr\u00e9sident Nicolas Sarkozy n&#8217;a pas manqu\u00e9 d&#8217;inviter le Pr\u00e9sident Kagam\u00e9 \u00e0 visiter la France, ce qui a \u00e9t\u00e9 fait au mois d&#8217;ao\u00fbt 2011.<\/p>\n<p>__________________<\/p>\n<p><em>Dr .P. C\u00e9lestin Bakunda i&#8217;Cyicaro est chercheur \u2018freelencer\u2019 en socio anthropologie. Son centre d&#8217;int\u00e9r\u00eats est la r\u00e9solution des conflits et la r\u00e9conciliation. Actuellement, ses recherches se focalisent sur l&#8217;Afrique des Grands Lacs et la mani\u00e8re dont l&#8217;Afrique du Sud et l&#8217;Irlande du Nord sont parvenus \u00e0 r\u00e9soudre leurs diff\u00e9rences pour vivre paisiblement ensemble. Avant d&#8217;entreprendre ses \u00e9tudes doctorales \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 Paris 8, St Denis, Pierre C\u00e9lestin Bakunda, a fait son DEA et DESS \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 Charles de Gaulle Lille3 et a eu\u00a0 une Ma\u00eetrise de Sociologie \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 des Sciences Technologiques de Lille 1. Jusqu&#8217;en 1994, il a \u00e9t\u00e9 successivement professeur \u00e0 l&#8217;Ecole Technique Officielle Don Bosco Kicukiro-Kigali, Rwanda, directeur de l&#8217;exploitation \u00e0 la coop\u00e9rative TRAFIPRO \u00e0 Kigali, chef de missions \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SIEMENS, Kigali et directeur de la soci\u00e9t\u00e9 SIMEM S.A.R.L., \u00e0 Kigali-Rwanda.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des \u00e9conomistes, historiens et hommes d&#8217;\u00c9tat ont traditionnellement consid\u00e9r\u00e9 &#8220;une nation&#8221; comme un groupe de personnes affirmant le contr\u00f4le d&#8217;institutions \u00e9conomiques, religieuses, juridiques et \u00e9ducatives reconnues officiellement l\u00e9gitimes.<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[46],"tags":[],"class_list":["post-16429","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-original-languages"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16429","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16429"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16429\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16429"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16429"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16429"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}