{"id":27255,"date":"2013-04-01T12:00:31","date_gmt":"2013-04-01T11:00:31","guid":{"rendered":"http:\/\/www.transcend.org\/tms\/?p=27255"},"modified":"2013-04-08T19:15:38","modified_gmt":"2013-04-08T18:15:38","slug":"francais-economie-verte-marchandiser-la-planete-pour-la-sauver","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/2013\/04\/francais-economie-verte-marchandiser-la-planete-pour-la-sauver\/","title":{"rendered":"(Fran\u00e7ais) \u00c9conomie Verte: Marchandiser la Plan\u00e8te Pour la Sauver?"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left;\"><i>D\u00e9finie par l\u2019ONU comme \u00ab\u00a0une mani\u00e8re \u00e9cologique de faire des affaires\u00a0\u00bb, l\u2019\u00e9conomie verte entend r\u00e9concilier croissance et nature. Le troisi\u00e8me pilier du d\u00e9veloppement durable (le social) mis entre parenth\u00e8ses, le temps de rebooster le premier (l\u2019\u00e9conomique) en valorisant le deuxi\u00e8me (l\u2019environnemental)\u00a0? A d\u00e9faut de prot\u00e9ger les ressources et de partager les richesses, le capitalisme, d\u00e9sormais vert, y sauverait sa peau. La controverse clive les \u00c9tats du Nord et du Sud.<\/i><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">La \u00ab\u00a0<i>Green Economy<\/i>\u00a0\u00bb fait flor\u00e8s. Elle est de pratiquement tous les grands rapports internationaux et forums onusiens depuis 2008. Avec comme principal point culminant \u00e0 ce jour, le Sommet de la Terre \u00ab\u00a0Rio+20\u00a0\u00bb, tenu en 2012 au Br\u00e9sil. C\u2019est le nouveau leitmotiv, la nouvelle panac\u00e9e, le moteur \u00e9cologique d\u2019une croissance \u00e9conomique \u00e0 maintenir ou \u00e0 relancer. C\u2019est aussi la nouvelle appellation <i>trendy <\/i>du d\u00e9j\u00e0 ancien \u00ab\u00a0d\u00e9veloppement durable\u00a0\u00bb, prescrit deux d\u00e9cennies plus t\u00f4t, en 1992, \u00e0 Rio \u00e9galement. Ou plut\u00f4t le moyen, cette fois, d\u2019y aboutir, car les engagements pris alors par la communaut\u00e9 internationale n\u2019ont \u00e9t\u00e9 que tr\u00e8s partiellement respect\u00e9s. Pas de \u00ab\u00a0d\u00e9veloppement durable\u00a0\u00bb sans \u00ab\u00a0\u00e9conomie verte\u00a0\u00bb. C\u2019est la voie \u00ab\u00a0naturelle\u00a0\u00bb \u00e0 privil\u00e9gier. Le troisi\u00e8me pilier du d\u00e9veloppement durable (\u00ab\u00a0le social\u00a0\u00bb) mis entre parenth\u00e8ses, le temps de rebooster le premier (\u00ab\u00a0l\u2019\u00e9conomique\u00a0\u00bb) en valorisant le deuxi\u00e8me (\u00ab\u00a0l\u2019environnemental\u00a0\u00bb)\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><b>\u00ab\u00a0Une mani\u00e8re \u00e9cologique de faire des affaires\u00a0\u00bb<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Le contexte d\u2019\u00e9mergence du concept d\u2019\u00ab\u00a0\u00e9conomie verte\u00a0\u00bb parle de lui-m\u00eame. La crise \u00e9cologique et, avec elle, la conscience des limites physiques d\u2019une exploitation irresponsable des ressources naturelles ont pris une telle dimension \u00ab\u00a0climatique\u00a0\u00bb ces derni\u00e8res ann\u00e9es que m\u00eame les acteurs les plus productivistes ont fini par comprendre l\u2019importance cruciale &#8211; et l\u2019int\u00e9r\u00eat &#8211; des strat\u00e9gies d\u2019\u00ab\u00a0att\u00e9nuation\u00a0\u00bb, d\u2019\u00ab\u00a0adaptation\u00a0\u00bb, voire d\u2019\u00ab\u00a0anticipation\u00a0\u00bb ou de \u00ab\u00a0pr\u00e9caution\u00a0\u00bb. Mais si l\u2019urgence du \u00ab\u00a0sauvetage de la plan\u00e8te\u00a0\u00bb s\u2019av\u00e8re n\u00e9cessaire pour expliquer l\u2019engouement supranational pour un verdissement de l\u2019\u00e9conomie, elle ne suffit pas \u00e0 \u00e9puiser ses ressorts. A l\u2019\u00e9vidence, les r\u00e9centes crises financi\u00e8res puis \u00e9conomiques et, au-del\u00e0, les al\u00e9as structurels des taux de croissance des grandes puissances n\u2019y sont pas \u00e9trangers. Ils fonctionnent \u00e0 plein dans la justification d\u2019une imp\u00e9rieuse \u00ab\u00a0transition\u00a0\u00bb vers un mod\u00e8le de d\u00e9veloppement qui aurait la double vertu de relancer la \u00ab\u00a0production de richesses\u00a0\u00bb tout en all\u00e9geant son \u00ab\u00a0empreinte environnementale\u00a0\u00bb, ou \u00e0 tout le moins, de \u00ab\u00a0d\u00e9coupler\u00a0\u00bb les deux termes, l\u2019essor \u00e9conomique et la consommation des ressources.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">De cette id\u00e9e, la Banque mondiale, l\u2019OCDE, le Global Green Growth Institute (GGGI)\u00a0[<a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.cetri.be\/spip.php?article2993&amp;lang=fr#nb1\" title=\"Fond\u00e9 en 2010, le Global Green Growth Institute (GGGI) est \u00ab un nouveau type\u00a0(...)\" >1<\/a>], le G20, le Forum de Davos, l\u2019International Chamber of Commerce (ICC)&#8230; jusqu\u2019au g\u00e9ant transnational de l\u2019audit et de l\u2019\u00ab\u00a0optimisation fiscale\u00a0\u00bb PwC\u00a0[<a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.cetri.be\/spip.php?article2993&amp;lang=fr#nb2\" title=\"En 2012, PwC (pour \u00ab PricewaterhouseCoopers \u00bb, lire \u00c9vasion fiscale et\u00a0(...)\" >2<\/a>], parmi bien d\u2019autres encore, s\u2019en sont faits les chantres, en parlant d\u2019ailleurs plus de \u00ab\u00a0croissance verte\u00a0\u00bb que d\u2019\u00ab\u00a0\u00e9conomie verte\u00a0\u00bb. De la \u00ab\u00a0Green Growth Strategy\u00a0\u00bb de l\u2019OCDE (2011) \u00e0 l\u2019 \u00ab\u00a0<i> Inclusive Green Growth <\/i>\u00a0\u00bb de la Banque mondiale (2012), en passant par le rapport \u00ab\u00a0<i>More with Less\u00a0: Scaling Sustainable Consumption and Resource Efficiency<\/i>\u00a0\u00bb du Forum \u00e9conomique mondial (2012) ou la \u00ab\u00a0<i>Green Economy Roadmap<\/i>\u00a0\u00bb de l\u2019ICC (2012), une m\u00eame conviction\u00a0: le \u00ab\u00a0d\u00e9couplage\u00a0\u00bb de la croissance du PIB et de la d\u00e9gradation de l\u2019environnement &#8211; concomitant dans le \u00ab\u00a0<i>business as usual <\/i>\u00a0\u00bb &#8211; est possible\u00a0! La \u00ab\u00a0croissance verte\u00a0\u00bb rendra compatible, par l\u2019innovation et l\u2019efficience de ses outils, hausse de la production et baisse des impacts environnementaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Avec son rapport de plus de 600 pages intitul\u00e9 \u00ab\u00a0<i> Towards a Green Economy\u00a0: Pathways to Sustainable Development and Poverty Eradication<\/i>\u00a0\u00bb, v\u00e9ritable pi\u00e8ce ma\u00eetresse du processus mondial de conceptualisation de l\u2019\u00e9conomie verte, le Programme des Nations unies pour l\u2019environnement entend lui aussi \u00ab\u00a0<i>d\u00e9montrer que l\u2019\u00e9cologisation de l\u2019\u00e9conomie n\u2019est pas un frein \u00e0 la croissance, mais plut\u00f4t un nouveau moteur de la croissance <\/i>\u00a0\u00bb (PNUE, 2011). Un moteur vert \u00ab\u00a0qui g\u00e9n\u00e8re de nouveaux emplois et qui favorise l\u2019\u00e9limination de la pauvret\u00e9\u00a0\u00bb, ajoute le rapport qui r\u00e9actualise de la sorte la dimension \u00ab\u00a0coh\u00e9sion sociale\u00a0\u00bb du \u00ab\u00a0d\u00e9veloppement durable\u00a0\u00bb, tel qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 objectiv\u00e9 d\u00e8s 1992 \u00e0 Rio. \u00ab\u00a0<i> Une \u00e9conomie verte peut se d\u00e9finir comme une \u00e9conomie qui apporte une am\u00e9lioration du bien-\u00eatre et l\u2019\u00e9quit\u00e9 sociale, tout en r\u00e9duisant consid\u00e9rablement les risques environnementaux et les risques de p\u00e9nuries de ressources naturelles<\/i>\u00a0\u00bb (PNUE, 2011). Et de conclure\u00a0: \u00ab\u00a0<i>le nouveau concept propose une mani\u00e8re \u00e9cologique de faire des affaires<\/i>\u00a0\u00bb&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">C\u2019est donc assez naturellement que courant 2012, la Banque mondiale, l\u2019OCDE, le GGGI et le PNUE se sont retrouv\u00e9s, sur la base de la proximit\u00e9 de leur vision, pour \u00e9tablir une nouvelle initiative commune de promotion de l\u2019\u00e9conomie verte\u00a0: la \u00ab\u00a0Green Growth Knowledge Platform\u00a0\u00bb. A l\u2019agenda de cette plateforme internationale de poids, comme \u00e0 celui de bien d\u2019autres institutions d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9es ou non, la diffusion aupr\u00e8s des \u00c9tats, mais aussi d\u2019acteurs priv\u00e9s, d\u2019un flot impressionnant de recommandations, de \u00ab\u00a0feuilles de route\u00a0\u00bb, de \u00ab\u00a0bonnes pratiques\u00a0\u00bb, d\u2019appels \u00e0 l\u2019action, d\u2019offres de services, de conseils politiques, d\u2019assistance technique, etc., visant tous, \u00e0 des degr\u00e9s et des niveaux d\u2019\u00e9laboration divers, \u00e0 \u00ab\u00a0<i>cr\u00e9er les conditions propices aux investissements \u00e9cologiques<\/i>\u00a0\u00bb et \u00e0 jeter les bases d\u2019environnements \u00e9conomiques \u00e0 moindre \u00e9mission de carbone, plus efficaces, efficients et raisonnables dans la gestion des ressources naturelles.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">A ce jour, un nombre non n\u00e9gligeable de pays et d\u2019entreprises ont peu ou prou embo\u00eet\u00e9 le pas, en adoptant la \u00ab\u00a0croissance verte\u00a0\u00bb comme objectif politique explicite, en s\u2019engageant dans sa stimulation par la cr\u00e9ation d\u2019outils, de m\u00e9canismes ou d\u2019incitants \u00ab\u00a0\u00e9co\u00a0\u00bb, en exp\u00e9rimentant de nouvelles technologies \u00ab\u00a0propres\u00a0\u00bb, en privil\u00e9giant des techniques de production, de construction, de transport, de commercialisation, de consommation \u00ab\u00a0plus respectueuses de l\u2019environnement\u00a0\u00bb&#8230; Simple greenwashing opportuniste, verdissement progressif du capitalisme ou transformations syst\u00e9miques plus fondamentales, la \u00ab\u00a0transition\u00a0\u00bb semble amorc\u00e9e&#8230; m\u00eame si, en mati\u00e8re d\u2019engagements internationaux, le dernier \u00ab\u00a0Sommet de la Terre\u00a0\u00bb en date a laiss\u00e9 l\u2019ensemble des participants sur leur faim\u00a0! L\u2019\u00e9chec de \u00ab\u00a0Rio+20\u00a0\u00bb met en r\u00e9alit\u00e9 au grand jour non seulement le caract\u00e8re hautement discutable du projet d\u2019\u00e9conomie verte (\u00ab\u00a0panac\u00e9e, pis-aller ou placebo\u00a0?\u00a0\u00bb), mais aussi les strat\u00e9gies et int\u00e9r\u00eats divergents des pays d\u00e9velopp\u00e9s, \u00e9mergents et en d\u00e9veloppement sur cet enjeu crucial (\u00ab\u00a0pays riches <i>versus <\/i>pays pauvres\u00a0?\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><b>\u00c9conomie verte\u00a0: panac\u00e9e, pis-aller ou placebo\u00a0?<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Bien que proches et \u00e0 premi\u00e8re vue convergents, les diff\u00e9rents appels <i>mainstream <\/i>\u00e0 plus d\u2019\u00e9conomie verte ne mobilisent pas tous la m\u00eame argumentation th\u00e9orique pour en justifier la n\u00e9cessit\u00e9 et ne prescrivent pas syst\u00e9matiquement les m\u00eames politiques. L\u2019influent analyste Michael Jacobs, du Grantham Research Institute on Climate Change and the Environment, distingue deux niveaux de justification. Le premier &#8211; \u00ab\u00a0standard\u00a0\u00bb &#8211; \u00e9tablit une compatibilit\u00e9 entre protection environnementale et poursuite de la croissance \u00e9conomique. En cela, il rend d\u2019embl\u00e9e l\u2019id\u00e9e du verdissement moins dissuasive au sein de la communaut\u00e9 pragmatique des d\u00e9cideurs \u00e9conomiques que ne l\u2019avait r\u00e9ussi le concept de \u00ab\u00a0d\u00e9veloppement durable\u00a0\u00bb, davantage port\u00e9 par le mouvement environnementaliste et inspir\u00e9 par l\u2019argument id\u00e9ologique des \u00ab\u00a0limites de la croissance\u00a0\u00bb (Jacobs, 2013). La th\u00e8se est limpide\u00a0: les co\u00fbts d\u2019une meilleure protection de l\u2019environnement sont g\u00e9rables\u00a0; ils n\u2019hypoth\u00e9queront pas la croissance \u00e9conomique\u00a0; au contraire, ces co\u00fbts sont en-de\u00e7\u00e0 de ce qu\u2019ils seront si l\u2019on ne fait rien.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Le second niveau de justification &#8211; \u00ab\u00a0fort\u00a0\u00bb &#8211; utilis\u00e9 par les promoteurs <i>mainstream <\/i>de l\u2019\u00e9conomie verte pr\u00e9tend, plus hardiment, que la politique environnementale est non seulement compatible avec la croissance, mais qu\u2019elle peut aussi en \u00eatre le moteur. Trois registres d\u2019arguments \u00e9conomiques sont revisit\u00e9s pour convaincre (<i>Ibidem<\/i>, 2013). Le premier est l\u2019argument keyn\u00e9sien d\u2019une \u00ab\u00a0relance verte\u00a0\u00bb de court terme en p\u00e9riodes de r\u00e9cession, par la cr\u00e9ation d\u2019une demande en produits environnementaux. Pour le deuxi\u00e8me, une r\u00e9vision de la th\u00e9orie classique de la croissance suffit \u00e0 identifier la contribution b\u00e9n\u00e9fique de l\u2019investissement dans le \u00ab\u00a0capital naturel\u00a0\u00bb et les diverses d\u00e9faillances de march\u00e9 qu\u2019une politique de l\u2019environnement pourra corriger. Pour le troisi\u00e8me, l\u2019importance de l\u2019innovation technologique, en l\u2019occurrence \u00ab\u00a0verte\u00a0\u00bb, pour g\u00e9n\u00e9rer de la croissance n\u2019est plus \u00e0 d\u00e9montrer\u00a0; elle \u00e9mane des th\u00e9ories des \u00ab\u00a0avantages comparatifs\u00a0\u00bb et des mouvements longs du capitalisme.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Reste que, toujours selon Michael Jacobs, en d\u00e9pit de l\u2019\u00e9vidence (plus alarmante qu\u2019il y a vingt ans) des probl\u00e8mes caus\u00e9s par la d\u00e9gradation de l\u2019environnement d\u2019une part, et de l\u2019int\u00e9r\u00eat croissant d\u2019importants secteurs \u00e9conomiques pour une transition verte d\u2019autre part, l\u2019id\u00e9e est loin de faire l\u2019unanimit\u00e9. Dans la plupart des pays &#8211; du Nord et du Sud &#8211; comme dans l\u2019industrie lourde aux int\u00e9r\u00eats toujours tr\u00e8s puissants, l\u2019opinion dominante ne croit pas en la possibilit\u00e9 d\u2019une croissance verte. Les politiques environnementales ambitieuses continuent \u00e0 y \u00eatre per\u00e7ues bien davantage comme un frein \u00e0 la croissance (hausse des co\u00fbts, des restrictions, des r\u00e9gulations, baisse de la comp\u00e9titivit\u00e9&#8230;) que comme un moteur. Et si elles devaient malgr\u00e9 tout finir par g\u00e9n\u00e9rer de la croissance, ce serait n\u00e9cessairement par le biais de telles transformations dans la structure des \u00e9conomies nationales que le processus cr\u00e9erait des perdants et des gagnants. Le rapport entre forces politiques et \u00e9conomiques actuel laisse \u00e0 penser que les premiers tiennent encore le haut du pav\u00e9 (Jacobs, 2013).<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">L\u2019autre opposition forte au projet <i>mainstream <\/i>d\u2019\u00e9conomie verte tel que promu par le PNUE, la Banque mondiale, les banques multilat\u00e9rales de d\u00e9veloppement, l\u2019OCDE et bien d\u2019autres, \u00e9mane de secteurs de gauche, d\u2019organisations \u00e9cologistes, de mouvements sociaux critiques du mod\u00e8le \u00e9conomique dominant, d\u2019ONG de d\u00e9veloppement, de syndicats, d\u2019associations de peuples indig\u00e8nes et de quelques tr\u00e8s rares gouvernements, comme celui du pr\u00e9sident Evo Morales en Bolivie. C\u2019est, pour l\u2019essentiel, ces multiples acteurs \u00ab\u00a0altermondialistes\u00a0\u00bb que l\u2019on a retrouv\u00e9s en 2012 au sein du \u00ab\u00a0Sommet des peuples pour la justice sociale et environnementale\u00a0\u00bb, en marge de la Conf\u00e9rence officielle \u00ab\u00a0Rio+20\u00a0\u00bb. Tous sont en r\u00e9alit\u00e9 favorables \u00e0 une \u00ab\u00a0\u00e9conomie verte\u00a0\u00bb, mais une \u00ab\u00a0\u00e9conomie verte\u00a0\u00bb en rupture r\u00e9elle avec l\u2019actuel mod\u00e8le de production et de consommation \u00e0 l\u2019origine m\u00eame de l\u2019aggravation des d\u00e9s\u00e9quilibres sociaux et environnementaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Avant m\u00eame de questionner la logique fondamentale du paradigme <i>mainstream <\/i>d\u2019\u00e9conomie verte, un premier niveau de critique \u00e9pingle deux biais inh\u00e9rents au projet port\u00e9 par les organisations internationales\u00a0: la surestimation de l\u2019argument du \u00ab\u00a0<i>trickle-down<\/i>\u00a0\u00bb et la sous-estimation de \u00ab\u00a0l\u2019effet rebond\u00a0\u00bb. En clair\u00a0: d\u2019un c\u00f4t\u00e9, les mouvements sociaux d\u00e9noncent l\u2019ineffectivit\u00e9 de la th\u00e9orie lib\u00e9rale \u00e9cul\u00e9e du<i> trickle-down<\/i> (ruissellement), sur laquelle s\u2019appuie une nouvelle fois l\u2019argumentation dominante pour justifier la priorit\u00e9 donn\u00e9e \u00e0 la croissance \u00ab\u00a0verte\u00a0\u00bb des richesses qui, \u00e0 terme, par \u00ab\u00a0ruissellement\u00a0\u00bb donc ou redistribution, sont cens\u00e9es finir par faire reculer la pauvret\u00e9 et les in\u00e9galit\u00e9s\u00a0[<a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.cetri.be\/spip.php?article2993&amp;lang=fr#nb3\" title=\"\u00ab Les profits d\u2019aujourd\u2019hui font les investissements de demain qui font les\u00a0(...)\" >3<\/a>]. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, les associations \u00e9cologistes signalent les hausses de consommation et de&#8230; pollution sur lesquelles d\u00e9bouche paradoxalement souvent, par \u00ab\u00a0effet rebond\u00a0\u00bb, une \u00e9conomie verte qui table essentiellement sur une relance de la croissance par l\u2019innovation et l\u2019efficience technologiques\u00a0[<a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.cetri.be\/spip.php?article2993&amp;lang=fr#nb4\" title=\"C\u2019est par exemple \u00ab le paradoxe du moteur propre \u00bb qui, plus sobre et moins\u00a0(...)\" >4<\/a>].<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Plus fondamentalement, c\u2019est la logique m\u00eame du projet dominant en mati\u00e8re d\u2019\u00e9conomie verte qui pose probl\u00e8me. Une logique qui tend bien davantage \u00e0 consolider le mod\u00e8le capitaliste r\u00e9ellement existant, en le verdissant, qu\u2019\u00e0 le changer ou m\u00eame \u00e0 le r\u00e9former. Pour le \u00ab\u00a0Sommet des peuples\u00a0\u00bb, le virage \u00ab\u00a0\u00e9coresponsable\u00a0\u00bb de certaines agences onusiennes et entreprises multinationales renvoie <i>de facto<\/i> \u00e0 une \u00ab\u00a0nouvelle phase de recomposition et de d\u00e9veloppement capitalistes\u00a0\u00bb, motiv\u00e9e d\u2019abord par \u00ab\u00a0le sauvetage du syst\u00e8me \u00e9conomique et financier\u00a0\u00bb, et qui a d\u00e9j\u00e0 comme principal incidence de \u00ab\u00a0renforcer le contr\u00f4le du grand capital priv\u00e9 sur les biens communs de l\u2019humanit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Dans les mesures pr\u00e9conis\u00e9es en effet, la nouvelle panac\u00e9e verte s\u2019impose r\u00e9solument \u00e0 rebours de tout renversement d\u2019orientations. Priorit\u00e9 \u00e0 la croissance, \u00e0 la productivit\u00e9, \u00e0 l\u2019innovation, \u00e0 l\u2019efficience, \u00e0 la s\u00e9curisation de l\u2019approvisionnement en ressources naturelles&#8230; par des programmes d\u2019investissements dans des technologies propres, la confirmation du libre-\u00e9changisme et de la financiarisation de l\u2019\u00e9conomie, la mise sur le march\u00e9 du \u00ab\u00a0capital naturel\u00a0\u00bb, la \u00ab\u00a0valorisation\u00a0\u00bb des \u00ab\u00a0services \u00e9cosyst\u00e9miques\u00a0\u00bb, la privatisation des ressources, le brevetage du vivant, l\u2019appropriation privative des sols, de l\u2019eau, de l\u2019air, des for\u00eats, de la biodiversit\u00e9&#8230; et la pr\u00e9tendue \u00ab\u00a0gestion efficace et responsable\u00a0\u00bb induite.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\u00ab\u00a0<i> \u00c9conomie verte\u00a0: le nouvel ennemi<\/i>\u00a0\u00bb (IPS, 2012), \u00ab\u00a0<i>cheval de Troie des grand lobbys industriels et financiers<\/i>\u00a0\u00bb (Rigot, 2012), \u00ab\u00a0<i>nouveau Consensus de Washington <\/i>\u00a0\u00bb (WSF, 2012), \u00ab\u00a0<i>n\u00e9ocolonialisme \u00e9cologique<\/i>\u00a0\u00bb (Gouvernement bolivien, 2012), \u00ab\u00a0<i>fausses solutions<\/i>\u00a0\u00bb (Sommet des peuples, 2012), \u00ab\u00a0<i> eldorado vert pour le capital<\/i>\u00a0\u00bb (Tanuro, 2012), \u00ab\u00a0<i> loup d\u00e9guis\u00e9 en agneau<\/i>\u00a0\u00bb (Lander, 2011)&#8230; la critique de ce qui aux premiers abords avait pu appara\u00eetre aux yeux de l\u2019opinion comme l\u2019expression d\u2019une saine prise de conscience mondiale, est sans ambages. D\u00e9masqu\u00e9e, la <i>Green Economy<\/i> est analys\u00e9e comme \u00ab\u00a0<i>une offensive visant \u00e0 cr\u00e9er de nouvelles sources de profit et de croissance<\/i>\u00a0\u00bb, en \u00e9tendant la port\u00e9e du capital financier et en int\u00e9grant au march\u00e9 cette immense part de la nature trop longtemps non \u00ab\u00a0valoris\u00e9e\u00a0\u00bb. Et cela, pr\u00e9cis\u00e9ment, en attribuant une valeur, un prix \u2013 le co\u00fbt de conservation \u2013 \u00e0 la biomasse, \u00e0 la biodiversit\u00e9, aux rivi\u00e8res, aux for\u00eats, aux fonctions des \u00e9cosyst\u00e8mes \u2013 stockage du carbone, pollinisation des cultures, filtrage de l\u2019eau&#8230; \u2013, \u00ab\u00a0<i> de fa\u00e7on \u00e0 convertir ces \u2019services\u2019 en unit\u00e9s commercialisables sur les march\u00e9s financiers<\/i>\u00a0\u00bb (WSF, 2012).<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Le credo est ultralib\u00e9ral\u00a0: les \u00c9tats sont invit\u00e9s \u2013 par le PNUE (2011) notamment \u2013 \u00e0 ouvrir la voie \u00e0 la croissance verte (\u00ab\u00a0<i> financement public<\/i>\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0<i>d\u00e9verrouiller le potentiel de production<\/i>&#8230;\u00a0\u00bb), \u00e0 cr\u00e9er les incitants et les conditions favorables \u00e0 la valorisation et \u00e0 la privatisation des ressources (les sortir de leur \u00ab\u00a0<i>invisibilit\u00e9 \u00e9conomique<\/i>\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0<i>sous-\u00e9valuation<\/i>\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0<i>mauvaise gestion<\/i>\u00a0\u00bb) et \u00e0 laisser libre cours \u00e0 un march\u00e9 mieux \u00e0 m\u00eame d\u2019assurer la durabilit\u00e9 d\u2019un \u00ab\u00a0<i>capital naturel<\/i>\u00a0\u00bb dont d\u00e9pendent ses taux de profit. \u00ab\u00a0<i> March\u00e9 du carbone<\/i>\u00a0\u00bb , \u00ab\u00a0<i>m\u00e9canisme REDD\u00a0[<\/i><i><a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.cetri.be\/spip.php?article2993&amp;lang=fr#nb5\" title=\"REDD pour \u00ab R\u00e9duction des \u00e9missions li\u00e9es \u00e0 la d\u00e9forestation et \u00e0 la d\u00e9gradation\u00a0(...)\" >5<\/a><\/i><i>]<\/i>\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0r\u00e9tributions pour d\u00e9forestation \u00e9vit\u00e9e\u00a0\u00bb sont ainsi r\u00e9guli\u00e8rement convoqu\u00e9s comme exemples d\u2019instruments miracles, d\u00e9j\u00e0 partiellement op\u00e9rationnels. Et pourtant. Ces derniers, visant entre autres \u00e0 compenser les \u00e9missions de CO2 d\u2019entreprises ou de r\u00e9gions industrielles par le financement &#8211; public ou priv\u00e9 &#8211; de projets de reforestation ou de \u00ab\u00a0r\u00e9duction de d\u00e9forestations\u00a0\u00bb&#8230; dans le Sud, nourrissent des craintes l\u00e9gitimes\u00a0: faisabilit\u00e9 et fiabilit\u00e9 contest\u00e9es, r\u00e9ductions fictives d\u2019\u00e9missions, bulles sp\u00e9culatives, conflits de souverainet\u00e9 et <i>green grabbing<\/i>, exon\u00e9ration des pollueurs \u00e0 bas co\u00fbts, concentration des b\u00e9n\u00e9fices, etc. (CETRI, 2008\u00a0; Duterme, 2008\u00a0; Karsenty et al., 2012).<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Plus loin dans ce volume d\u2019<i>Alternatives Sud<\/i>, l\u2019ETC Group analyse comment les plus grandes entreprises priv\u00e9es mondiales \u2013 des secteurs \u00e9nerg\u00e9tique, biotechnologique, agrochimique&#8230; \u2013 sont occup\u00e9es \u00e0 jeter les bases d\u2019un futur post-p\u00e9trochimique, en s\u2019appropriant un acc\u00e8s s\u00e9curis\u00e9 \u00e0 la biomasse et aux technologies associ\u00e9es, annonciateur d\u2019un nouvel \u00e2ge de l\u2019exploitation des ressources naturelles et de la bio-ing\u00e9nierie. Les nouveaux gisements de profit que la <i>Green Economy<\/i> laisse entrevoir reconfigurent ainsi le jeu d\u2019alliances entre groupes multinationaux, les \u00ab\u00a0biomassters\u00a0[<a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.cetri.be\/spip.php?article2993&amp;lang=fr#nb6\" title=\"Fusion des mots anglais \u00ab biomass \u00bb et \u00ab masters \u00bb : les ma\u00eetres de la\u00a0(...)\" >6<\/a>]\u00a0\u00bb de demain.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Ce qui fait dire en substance \u00e0 Edgardo Lander, dans ce m\u00eame <i>Alternatives Sud<\/i>, que le projet <i>mainstream <\/i>d\u2019\u00e9conomie verte, loin de remettre en question le capitalisme industriel \u00e0 l\u2019origine m\u00eame de l\u2019aggravation des crises \u00e9cologiques, tente au contraire de faire croire qu\u2019une solution est possible sans modifier la structure du pouvoir ni les m\u00e9canismes du libre march\u00e9 en vigueur. Le pass\u00e9 r\u00e9cent enseigne pourtant que cette vision monopolistique, techniciste et productiviste du d\u00e9veloppement est lourde de risques et de d\u00e9convenues sociales et environnementales (CETRI, 2010, 2011 et 2012).<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Si dans le camp du \u00ab\u00a0Sommet des peuples\u00a0\u00bb, on lit donc majoritairement le concept d\u2019\u00e9conomie verte port\u00e9 par le PNUE et consorts comme une d\u00e9marche de colonisation de l\u2019\u00e9cologie par la logique de l\u2019accumulation, reste qu\u2019au sein des ONG et des syndicats des dissensions existent entre r\u00e9formistes et radicaux. \u00ab\u00a0Mieux que rien\u00a0\u00bb pour les uns, \u00ab\u00a0plus du m\u00eame\u00a0\u00bb pour les autres, le projet onusien n\u2019est pas d\u2019embl\u00e9e rejet\u00e9 par les premiers, qui s\u2019attachent \u00e0 y valoriser celles des propositions onusiennes qui de fait peuvent participer \u00e0 une meilleure r\u00e9gulation sociale et environnementale de l\u2019\u00e9conomie internationale ou aboutir effectivement sur la cr\u00e9ation d\u2019emplois \u00ab\u00a0verts et d\u00e9cents\u00a0\u00bb (<a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.ituc-csi.org\" >www.ituc-csi.org<\/a>\u00a0; <a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.oxfam.org.uk\" >www.oxfam.org.uk<\/a>). Tandis que les seconds y voient pour l\u2019essentiel, on l\u2019a dit, une nouvelle \u00e9tape dans la \u00ab\u00a0marchandisation\u00a0\u00bb de la nature au nom de sa sauvegarde, \u00e0 base d\u2019innovations technologiques et de march\u00e9s efficients&#8230; l\u00e0 o\u00f9 ils attendaient une r\u00e9elle alternative aux politiques ax\u00e9es sur le march\u00e9 et au pouvoir d\u00e9mesur\u00e9 du capital priv\u00e9, responsables des crises \u00e9conomiques, \u00e9cologiques et sociales \u00e0 surmonter.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><b>Pays riches versus pays pauvres\u00a0?<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">L\u2019autre controverse mise au grand jour par l\u2019\u00e9chec en 2012 du Sommet \u00ab\u00a0Rio+20\u00a0\u00bb est celle qui divise les \u00c9tats nationaux ou groupes de pays entre eux, et pas toujours d\u2019ailleurs ou pas exclusivement selon une \u00ab\u00a0simple\u00a0\u00bb ligne de fracture Nord-Sud. Les strat\u00e9gies et int\u00e9r\u00eats divergents des \u00ab\u00a0pays d\u00e9velopp\u00e9s\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0\u00e9merg\u00e9s\/\u00e9mergents\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0en d\u00e9veloppement\u00a0\u00bb sur cet enjeu crucial, ajout\u00e9s au scepticisme qui continue \u00e0 pr\u00e9valoir chez la plupart d\u2019entre eux \u00e0 l\u2019\u00e9gard de r\u00e9gulations vertes qui ne seraient pas synonymes de freins \u00e0 la croissance et \u00e0 la lutte contre la pauvret\u00e9, complexifient le panorama et hypoth\u00e8quent singuli\u00e8rement la dynamique normative des Nations unies.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Dans les discours, avec plus ou moins de sinc\u00e9rit\u00e9, et parfois dans les actes, avec plus ou moins de priorit\u00e9, plusieurs \u00c9tats et gouvernements n\u2019ont pourtant pas attendu Rio+20 pour afficher leur propres efforts politiques, d\u00e9j\u00e0 enclench\u00e9s ou planifi\u00e9s \u00e0 moyen terme, en mati\u00e8re de \u00ab\u00a0durabilit\u00e9\u00a0\u00bb. D\u2019apr\u00e8s la Green Economy Coalition, les pionniers en la mati\u00e8re seraient la Cor\u00e9e du Sud, le Danemark, les \u00c9mirats arabes unis, le Mexique et l\u2019Allemagne, premiers engag\u00e9s \u00e0 consacrer des moyens significatifs (un certain pourcentage de leur PNB, des incitants fiscaux&#8230;) \u00e0 la croissance verte, au d\u00e9veloppement des \u00e9nergies renouvelables, \u00e0 la construction d\u2019habitats basse \u00e9nergie, \u00e0 des r\u00e9formes agricoles, \u00e0 des partenariats public-priv\u00e9 \u00e9cologiques, etc. (Benson et Greenfield, 2012).<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">L\u2019Union europ\u00e9enne n\u2019est pas en reste, elle qui a d\u00e9fini sa propre strat\u00e9gie \u00ab\u00a0Europe 2020\u00a0\u00bb de \u00ab\u00a0croissance intelligente, durable et inclusive\u00a0\u00bb\u00a0; strat\u00e9gie assortie d\u2019actions concr\u00e8tes qui visent \u00e0 cr\u00e9er des emplois, \u00e0 r\u00e9duire la pauvret\u00e9, \u00e0 diminuer les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre, \u00e0 augmenter la part des \u00e9nergies renouvelables\u00a0[<a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.cetri.be\/spip.php?article2993&amp;lang=fr#nb7\" title=\"Dont notamment les agrocarburants... aux impacts sociaux et\u00a0(...)\" >7<\/a>] dans la consommation, \u00e0 booster la recherche et le d\u00e9veloppement, etc. C\u2019est encore le cas des pays d\u2019Europe du Nord, de l\u2019Afrique du Sud, de la Tanzanie, de l\u2019Indon\u00e9sie, du Br\u00e9sil, de la Colombie&#8230; ou bien s\u00fbr de la Chine, leader mondial dans la production de panneaux solaires, dont le Plan quinquennal 2011-2015 consacre un chapitre entier au \u00ab\u00a0d\u00e9veloppement vert\u00a0\u00bb et aux \u00e9nergies renouvelables comme moteur de la croissance.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Et pourtant, c\u2019est bien \u00e0 reculons que la plupart de ces pays et les autres ont particip\u00e9 au dernier \u00ab\u00a0Sommet de la Terre\u00a0\u00bb, et du bout des l\u00e8vres qu\u2019ils se sont \u00e0 peine engag\u00e9s sur un d\u00e9but d\u2019agenda commun minimaliste, sans r\u00e9el pouvoir contraignant. En cela, l\u2019Union europ\u00e9enne et une grande partie des pays africains ont perdu leur bras de fer engag\u00e9 contre les \u00c9tats-Unis et les grands pays \u00e9mergents. Tandis que les premiers plaidaient en faveur de m\u00e9canismes collectifs et d\u2019engagements coordonn\u00e9s, pr\u00e9cis et contraignants (pas toujours les m\u00eames d\u2019ailleurs&#8230;), les seconds, drap\u00e9s dans leur d\u00e9fense de la souverainet\u00e9 des \u00c9tats, mais moins fiers de leur statut actuel de principaux pollueurs de la plan\u00e8te, privil\u00e9giaient la voie nationale des initiatives volontaires.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Dans deux longues analyses r\u00e9dig\u00e9es avant et apr\u00e8s \u00ab\u00a0Rio+20\u00a0\u00bb et publi\u00e9es dans cet <i>Alternatives Sud<\/i>, Martin Khor, directeur du South Centre\u00a0[<a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.cetri.be\/spip.php?article2993&amp;lang=fr#nb8\" title=\"Think tank intergouvernemental de 51 \u00ab pays en d\u00e9veloppement \u00bb, conseiller du\u00a0(...)\" >8<\/a>], se fait l\u2019avocat \u00e9quilibriste du \u00ab\u00a0Sud\u00a0\u00bb, d\u2019acteurs aussi diff\u00e9rents donc que le Niger et la Chine, le Burkina Faso et le Br\u00e9sil&#8230; A ses yeux, la transition des \u00ab\u00a0pays en d\u00e9veloppement\u00a0\u00bb vers un mod\u00e8le productif respectueux de l\u2019environnement ne pourra s\u2019op\u00e9rer que si les \u00ab\u00a0pays d\u00e9velopp\u00e9s\u00a0\u00bb n\u2019abusent pas du concept d\u2019\u00ab\u00a0\u00e9conomie verte\u00a0\u00bb pour \u00e0 la fois prot\u00e9ger leurs march\u00e9s et p\u00e9n\u00e9trer davantage ceux du Sud, ainsi qu\u2019accessoirement conditionner l\u2019aide, les financements, les transferts de technologies \u00e0 de nouveaux ajustements.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Dit autrement\u00a0: la crainte est grande au \u00ab\u00a0Sud\u00a0\u00bb que, d\u2019une part, le \u00ab\u00a0Nord\u00a0\u00bb instrumentalise le concept pour d\u00e9velopper un nouveau protectionnisme \u00e9cologique (normes, subsides, barri\u00e8res douani\u00e8res&#8230;), pr\u00e9judiciable aux produits en provenance du \u00ab\u00a0Sud\u00a0\u00bb\u00a0; et que, d\u2019autre part, les \u00c9tats-Unis et l\u2019Union europ\u00e9enne imposent, au nom de l\u2019imp\u00e9ratif vert, plus de contraintes internes aux pays en d\u00e9veloppement et, en revanche, moins de freins \u00e0 la libre circulation et \u00e0 la diffusion, du Nord vers le Sud, des nombreux biens, services et nouvelles technologies \u00ab\u00a0respectueux du climat et de l\u2019environnement\u00a0\u00bb&#8230; Peu de mise en cause donc, dans le chef du South Centre, des fondamentaux du mod\u00e8le conventionnel de d\u00e9veloppement tir\u00e9 par les exportations, mais une copie invers\u00e9e du plaidoyer du Nord pour \u00ab\u00a0plus de lib\u00e9ralisation chez eux et moins chez nous\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Pour le justifier, l\u2019asym\u00e9trie Nord-Sud est mobilis\u00e9e, \u00e0 juste titre. Comme \u00e0 l\u2019OMC, les pays pauvres ne peuvent \u00eatre soumis aux m\u00eames r\u00e8gles que les pays riches&#8230; Et m\u00eame, selon Martin Khor, \u00ab\u00a0<i> il n\u2019est pas juste de demander aux pays \u00e9mergents de contribuer autant que les pays d\u00e9velopp\u00e9s. (\u2026) Le PNB par habitant de l\u2019Inde et de la Chine est bien en de\u00e7\u00e0 de celui des pays riches.<\/i>\u00a0\u00bb (<i>Folha de Sao Paulo<\/i>, 13 juin 2012). Les principes cl\u00e9s du \u00ab\u00a0Sommet de la Terre\u00a0\u00bb de 1992 &#8211; le sommet du \u00ab\u00a0d\u00e9veloppement durable\u00a0\u00bb\u00a0-, plut\u00f4t d\u00e9laiss\u00e9s dans le projet initial d\u2019\u00ab\u00a0\u00e9conomie verte\u00a0\u00bb, sont appel\u00e9s \u00e0 la rescousse. Singuli\u00e8rement celui des \u00ab\u00a0responsabilit\u00e9s communes mais diff\u00e9renci\u00e9es\u00a0\u00bb dans l\u2019\u00e9tat du monde actuel, entre pays riches d\u2019ancienne industrialisation et pays du Sud\u00a0[<a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.cetri.be\/spip.php?article2993&amp;lang=fr#nb9\" title=\"\u00ab Selon ce principe, les pays d\u00e9velopp\u00e9s ont une plus grande responsabilit\u00e9\u00a0(...)\" >9<\/a>] , mais aussi les principes du \u00ab\u00a0pollueur\/payeur\u00a0\u00bb, de \u00ab\u00a0pr\u00e9caution\u00a0\u00bb, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Globalement donc, dans les d\u00e9bats sur l\u2019\u00e9conomie verte, au nom des pays du Sud, le South Centre plaide pour une r\u00e9actualisation pressante des principes et engagements &#8211; en souffrance &#8211; de \u00ab\u00a0Rio \u201992\u00a0\u00bb\u00a0; pour une approche compl\u00e8te du \u00ab\u00a0d\u00e9veloppement durable\u00a0\u00bb incluant son \u00ab\u00a0pilier\u00a0\u00bb social, la lutte contre la pauvret\u00e9 et les in\u00e9galit\u00e9s\u00a0; pour le respect et l\u2019application des financements et des transferts technologiques convenus, du Nord vers le Sud, pour r\u00e9sorber \u00ab\u00a0les \u00e9carts construits historiquement\u00a0\u00bb\u00a0; et enfin, plus vaguement, pour la r\u00e9gulation du commerce et des march\u00e9s financiers mondiaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">En cela, comme l\u2019analyse aussi l\u2019ONG asiatique Focus on the Global South, plus loin dans cet <i>Alternatives Sud<\/i>, les n\u00e9gociations Nord-Sud autour du concept d\u2019\u00e9conomie verte renforcent, davantage qu\u2019elles ne questionnent, le mod\u00e8le de lib\u00e9ralisation du commerce et des investissements. Bien qu\u2019ils revendiquent l\u2019id\u00e9e de \u00ab\u00a0marges de man\u0153uvre nationales\u00a0\u00bb, en s\u2019opposant au \u00ab\u00a0protectionnisme vert\u00a0\u00bb des \u00ab\u00a0pays d\u00e9velopp\u00e9s\u00a0\u00bb, les gouvernements du Sud dans leur globalit\u00e9 n\u2019\u00e9chappent pas au consensus n\u00e9olib\u00e9ral ni au paradigme du libre-\u00e9change (Purugganan, 2012)&#8230; A quelques rares exceptions pr\u00e8s toutefois, dont celle de membres de l\u2019ALBA (Alliance bolivarienne des Am\u00e9riques) comme la Bolivie et l\u2019\u00c9quateur, politiquement oppos\u00e9s \u00e0 ce \u00ab\u00a0mod\u00e8le monoculturel\u00a0\u00bb, \u00e0 cette \u00ab\u00a0derni\u00e8re incarnation du colonialisme\u00a0\u00bb qu\u2019est l\u2019\u00e9conomie verte, et discursivement engag\u00e9s en faveur d\u2019un changement radical de perspective, pour un monde juste et durable.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><b>\u00ab\u00a0D\u00e9marchandiser\u00a0\u00bb la plan\u00e8te pour la sauver<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">A quelles conditions d\u00e8s lors la \u00ab\u00a0<i>Green Economy<\/i>\u00a0\u00bb pourrait-elle devenir le nouveau paradigme de d\u00e9veloppement \u00e0 m\u00eame de r\u00e9pondre aux crises climatiques, alimentaires, financi\u00e8res&#8230; que le monde traverse\u00a0? Quelles seraient les voies d\u2019un mod\u00e8le de prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e9cologique et \u00e9quitable, alternatif au capitalisme globalis\u00e9\u00a0? D\u2019une sortie par le haut des impasses sociales et environnementales du productivisme et du consum\u00e9risme\u00a0? Les travaux tr\u00e8s document\u00e9s du PNUE d\u00e9montrent, preuves \u00e0 l\u2019appui, que le syst\u00e8me dominant d\u2019exploitation des ressources naturelles et de l\u2019environnement ne peut plus perdurer dans ses formes actuelles. Mais la batterie de mesures propos\u00e9es n\u2019est pas \u00e0 la hauteur du renversement de logique que son diagnostic appelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Les conditions d\u2019une v\u00e9ritable \u00ab\u00a0transition\u00a0\u00bb sont aujourd\u2019hui \u00e9tudi\u00e9es, revendiqu\u00e9es ou d\u00e9j\u00e0 exp\u00e9riment\u00e9es par une multitude d\u2019acteurs individuels et collectifs, scientifiques, sociaux, politiques, \u00e9conomiques&#8230; de par le monde. Th\u00e9oriques ou pratiques, elles passent n\u00e9cessairement tant par une r\u00e9\u00e9laboration du rapport \u00e0 la nature des soci\u00e9t\u00e9s contemporaines, que par un questionnement des rationalit\u00e9s, des rapports sociaux et des pratiques politiques intimement li\u00e9s au mod\u00e8le \u00e9conomique dominant \u00e0 changer.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Les notions de \u00ab\u00a0bien(s) commun(s)\u00a0\u00bb, au singulier et au pluriel, mais aussi de \u00ab\u00a0prosp\u00e9rit\u00e9 sans croissance\u00a0\u00bb, de \u00ab\u00a0durabilit\u00e9\u00a0\u00bb, de \u00ab\u00a0transition \u00e9cologique et sociale\u00a0\u00bb&#8230; structurent bon nombre d\u2019entre elles. Il s\u2019agit, par les voies d\u2019un d\u00e9veloppement respectueux de l\u2019environnement, qui privil\u00e9gie la valeur d\u2019usage \u00e0 la valeur d\u2019\u00e9change, le partage public \u00e0 l\u2019appropriation priv\u00e9e, la redistribution \u00e0 l\u2019accumulation, les processus d\u00e9mocratiques aux rapports de dominations, la diversit\u00e9 et l\u2019interculturalit\u00e9 \u00e0 l\u2019uniformisation, d\u2019assurer l\u2019acc\u00e8s de tous et de chacun au bien commun (Daiber et Houtart, 2012), au bien-\u00eatre (Stiglitz, 2012), au <i>buen vivir<\/i>, \u00e0 la prosp\u00e9rit\u00e9 (Jackson, 2009).<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">La \u00ab\u00a0d\u00e9marchandisation\u00a0\u00bb des ressources, du vivant, de la plan\u00e8te, de la vie sociale, de l\u2019\u00e9ducation, des cultures, des biens communs&#8230; revient comme un leitmotiv. Reste \u00e0 se compter, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 identifier \u2013 au-del\u00e0 des th\u00e9orisations en chambre, des appels affect\u00e9s \u00e0 l\u2019action et de la multiplication des initiatives alternatives locales \u2013 les acteurs sociaux et politiques capables de peser dans les principaux rapports de force, sur les enjeux fondamentaux et les orientations de l\u2019\u00e9conomie mondiale. Ce n\u2019est pas gagn\u00e9. \u00ab\u00a0<i>Le syst\u00e8me \u00e9conomique et la gouvernance globale actuelle sont fond\u00e9s sur la coexistence d\u2019une souverainet\u00e9 des \u00c9tats, d\u2019une toute puissance des forces du march\u00e9 et sur un droit international inadapt\u00e9, cr\u00e9ant les conditions d\u2019une irresponsabilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. Malgr\u00e9 les crises multiples, toute remise en cause structurelle d\u2019un tel mod\u00e8le est rest\u00e9e \u00e0 ce jour dans l\u2019impens\u00e9 politique<\/i>\u00a0\u00bb (Collectif Rio+20, juillet 2012).<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">La mise en \u0153uvre de la d\u00e9claration minimaliste du Sommet \u00ab\u00a0Rio+20\u00a0\u00bb et la probable formulation par l\u2019ONU de nouveaux \u00ab\u00a0Objectifs de d\u00e9veloppement durable\u00a0\u00bb pour l\u2019apr\u00e8s-2015 permettront-elles de s\u2019extraire de cet \u00ab\u00a0impens\u00e9 politique\u00a0\u00bb\u00a0? Si ces \u00ab\u00a0Objectifs de d\u00e9veloppement durable\u00a0\u00bb tirent r\u00e9ellement les le\u00e7ons de l\u2019\u00e9chec des \u00ab\u00a0Objectifs du mill\u00e9naire pour le d\u00e9veloppement\u00a0\u00bb, int\u00e8grent v\u00e9ritablement les trois dimensions \u00e9conomique, sociale et environnementale, visent objectivement l\u2019universalisation des droits humains, l\u2019\u00e9quit\u00e9 dans le partage des ressources, le respect des limites de la plan\u00e8te, et sont assortis d\u2019une instance d\u2019op\u00e9rationnalisation et de suivi dot\u00e9e de pouvoirs contraignants, d\u2019un engagement ferme des \u00c9tats membres, et, au-del\u00e0, d\u2019une refonte de l\u2019organisation du commerce international, des syst\u00e8mes financiers public et priv\u00e9, des mod\u00e8les de production et de consommation dominants&#8230;, dans ce cas-l\u00e0 (illusoire \u00e0 ce stade, c\u2019est entendu), dans ce cas-l\u00e0 seulement, la \u00ab\u00a0transition\u00a0\u00bb structurelle sera bien amorc\u00e9e.<\/p>\n<p><b>Notes<\/b><\/p>\n<p>[<a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.cetri.be\/spip.php?article2993&amp;lang=fr#nh1\" title=\"Notes 1\" >1<\/a>] Fond\u00e9 en 2010, le Global Green Growth Institute (GGGI) est \u00ab\u00a0un nouveau type d\u2019organisation internationale &#8211; interdisciplinaire, multi-acteurs et tir\u00e9e par des pays \u00e9mergents et en d\u00e9veloppement\u00a0\u00bb (<a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.gggi.org\" >www.gggi.org<\/a>), qui compte parmi ses initiateurs, bailleurs ou partenaires, la Cor\u00e9e du Sud, le Br\u00e9sil, l\u2019Australie, le Japon, le Vietnam, le Danemark, l\u2019Indon\u00e9sie, le Qatar, le Paraguay, le Kazakhstan&#8230;, mais aussi la Banque asiatique de d\u00e9veloppement, la Banque europ\u00e9enne pour la reconstruction et le d\u00e9veloppement, le Forum \u00e9conomique de Davos, etc.<\/p>\n<p>[<a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.cetri.be\/spip.php?article2993&amp;lang=fr#nh2\" title=\"Notes 2\" >2<\/a>] En 2012, PwC (pour \u00ab\u00a0PricewaterhouseCoopers\u00a0\u00bb, lire \u00c9vasion fiscale et pauvret\u00e9, CETRI, 2006) a publi\u00e9 l\u2019\u00e9tude Assurer le d\u00e9veloppement tout en m\u00e9nageant les ressources\u00a0: la n\u00e9cessaire co-construction du d\u00e9veloppement durable. A cette occasion, PwC est all\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 appeler \u00e0 un \u00ab\u00a0changement radical du fonctionnement de l\u2019\u00e9conomie mondiale\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>[<a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.cetri.be\/spip.php?article2993&amp;lang=fr#nh3\" title=\"Notes 3\" >3<\/a>] \u00ab\u00a0Les profits d\u2019aujourd\u2019hui font les investissements de demain qui font les emplois d\u2019apr\u00e8s-demain.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>[<a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.cetri.be\/spip.php?article2993&amp;lang=fr#nh4\" title=\"Notes 4\" >4<\/a>] C\u2019est par exemple \u00ab\u00a0le paradoxe du moteur propre\u00a0\u00bb qui, plus sobre et moins polluant, n\u2019incite pas \u00e0 rouler moins&#8230; L\u2019effet rebond est d\u00e9fini par Fran\u00e7ois Schneider, membre du Sustainable Europe Research Institute, comme \u00ab\u00a0l\u2019augmentation de consommation li\u00e9e \u00e0 la r\u00e9duction des limites \u00e0 l\u2019utilisation d\u2019une technologie, ces limites pouvant \u00eatre mon\u00e9taires, temporelles, sociales, physiques, li\u00e9es \u00e0 l\u2019effort, au danger, \u00e0 l\u2019organisation&#8230;\u00a0\u00bb (The Ecologist, octobre 2003).<\/p>\n<p>[<a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.cetri.be\/spip.php?article2993&amp;lang=fr#nh5\" title=\"Notes 5\" >5<\/a>] REDD pour \u00ab\u00a0R\u00e9duction des \u00e9missions li\u00e9es \u00e0 la d\u00e9forestation et \u00e0 la d\u00e9gradation des for\u00eats\u00a0\u00bb. Voir <a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.un-redd.org\" >www.un-redd.org<\/a>\u00a0: \u00ab\u00a0The UN-REDD Programme is the United Nations collaborative initiative on Reducing Emissions from Deforestation and forest Degradation (REDD) in developing countries. The Programme was launched in 2008 and builds on the convening role and technical expertise of the Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO), the United Nations Development Programme (UNDP) and the United Nations Environment Programme (UNEP).\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>[<a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.cetri.be\/spip.php?article2993&amp;lang=fr#nh6\" title=\"Notes 6\" >6<\/a>] Fusion des mots anglais \u00ab\u00a0biomass\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0masters\u00a0\u00bb\u00a0: les ma\u00eetres de la biomasse.<\/p>\n<p>[<a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.cetri.be\/spip.php?article2993&amp;lang=fr#nh7\" title=\"Notes 7\" >7<\/a>] Dont notamment les agrocarburants&#8230; aux impacts sociaux et environnementaux pourtant si d\u00e9cri\u00e9s (cf. CETRI, 2011\u00a0; Polet, 2012).<\/p>\n<p>[<a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.cetri.be\/spip.php?article2993&amp;lang=fr#nh8\" title=\"Notes 8\" >8<\/a>] Think tank intergouvernemental de 51 \u00ab\u00a0pays en d\u00e9veloppement\u00a0\u00bb, conseiller du Groupe des 77 et du Mouvement des non-align\u00e9s. Le \u00ab\u00a0Groupe des 77\u00a0\u00bb est une coalition, constitu\u00e9e en 1964, qui rassemble aujourd\u2019hui 132 \u00ab\u00a0pays en d\u00e9veloppement\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>[<a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.cetri.be\/spip.php?article2993&amp;lang=fr#nh9\" title=\"Notes 9\" >9<\/a>] \u00ab\u00a0Selon ce principe, les pays d\u00e9velopp\u00e9s ont une plus grande responsabilit\u00e9 pass\u00e9e et pr\u00e9sente dans le saccage de l\u2019environnement, d\u00e9tiennent davantage de ressources du fait des d\u00e9s\u00e9quilibres de l\u2019\u00e9conomie mondiale et ont un plus grand devoir de r\u00e9solution des probl\u00e8mes environnementaux.\u00a0\u00bb (Khor, 2011).<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><b>Bibliographie<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">ATTAC (2012),<i> La nature n\u2019a pas de prix &#8211; Les m\u00e9prises de l\u2019\u00e9conomie verte<\/i>, Paris, LLL &#8211; Les liens qui lib\u00e8rent.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">B\u00e4r H. et al. (2011), \u00ab\u00a0Green Economy Discourses in Run-Up to Rio 2012\u00a0\u00bb, <i>FFU &#8211; Report 07<\/i>, Freie Universit\u00e4t Berlin, Environmental Policy Research Centre.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Benson E. et Greenfield O. (2012), \u00ab\u00a0Post-Rio to Post-2015 Think Piece \u2013 Surveying the \u2019green economy\u2019 and \u2019green growth\u2019 landscape\u00a0\u00bb, Green Economy Coalition, <a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.stakeholderforum.org\" >http:\/\/www.stakeholderforum.org<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">CETRI (2008), D\u00e9forestation\u00a0: causes, acteurs et enjeux, <i>Alternatives Sud<\/i>, Louvain-la-Neuve\/Paris, Syllepse.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">CETRI (2010), Pressions sur les terres &#8211; Devenir des agricultures paysannes, <i>Alternatives Sud<\/i>, Louvain-la-Neuve\/Paris, Syllepse.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">CETRI (2011), Agrocarburants\u00a0: impacts au Sud,<i> Alternatives Sud<\/i>, Louvain-la-Neuve\/Paris, Syllepse.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">CETRI (2012), Emprise et empreinte de l\u2019agrobusiness, <i>Alternatives Sud<\/i>, Louvain-la-Neuve\/Paris, Syllepse.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">CETRI (2013), Industries mini\u00e8res &#8211; Extraire \u00e0 tout prix\u00a0?, <i>Alternatives Sud<\/i>, Louvain-la-Neuve\/Paris, Syllepse.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">CTB \u2013 Agence belge de d\u00e9veloppement (2012), \u00ab\u00a0Rio+20 et l\u2019\u00e9conomie verte \u2013 Enjeux et perspectives\u00a0\u00bb, 21 juin, <a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.btcctb.org\" >www.btcctb.org<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Daiber B. et Houtart F. (2012),<i> A Postcapitalist Paradigm\u00a0: the Common Good of Humanity<\/i>, Bruxelles, Rosa Luxemburg Foundation.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Duterme B. (2008), \u00ab\u00a0Le business de la d\u00e9forestation au secours du climat\u00a0?\u00a0\u00bb, <i>La Libre Belgique<\/i>, 5 d\u00e9cembre.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Duterme B. (2012), \u00ab\u00a0Le \u2019tourisme durable\u2019\u00a0: marketing vert ou alternative postcapitaliste\u00a0?\u00a0\u00bb, <i>RTBF et Le Soir<\/i>, juin.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Jackson T. (2009), <i>Prosperity Without Growth. Economics for a Finite Planet<\/i>, Oxford\/New York, Earthscan\/Routledge.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Jacobs M.\u00a0(2013), \u00ab\u00a0Green growth\u00a0: economic theory and political discourse\u00a0\u00bb, in Falkner R. (dir.), <i>Handbook of Global Climate and Environmental Policy<\/i>, Oxford, Wiley Blackwell.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Karsenty A. et al. (2012), \u00ab\u00a0La probl\u00e9matique des \u2019droits sur le carbone\u2019 dans REDD+\u00a0\u00bb, <i>VertigO &#8211; la revue \u00e9lectronique en sciences de l\u2019environnement<\/i>, <a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.vertigo.revues.org\/12974\" >www.vertigo.revues.org\/12974<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Kenis A. et Lievens M.\u00a0(2012), <i>De mythe van de groene economie &#8211; Valstrik, verzet, alternatieven<\/i>, EPO\/Jan Van Arkel.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Khor M.\u00a0(2011), \u00ab\u00a0<i> Les risques associ\u00e9s \u00e0 une utilisation abusive du concept d\u2019\u00e9conomie verte dans le contexte du d\u00e9veloppement durable, de la pauvret\u00e9 et de l\u2019\u00e9quit\u00e9<\/i>\u00a0\u00bb, Document de recherche, n\u00b040, South Centre.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Lander E. (2011), \u00ab\u00a0La Econom\u00eda Verde\u00a0: el lobo se viste con piel de cordero\u00a0\u00bb, Transnational Institute, <a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.tni.org\" >www.tni.org<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">McAfee K. (2012), \u00ab\u00a0Selling nature through green grabbing\u00a0: discourses and resistances\u00a0\u00bb, Draft Paper, septembre.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">PNUE (2011), <i>Towards a Green Economy\u00a0: Pathways to Sustainable Development and Poverty Eradication<\/i>, <a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.unep.org\" >www.unep.org<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Polet F. (2012), \u00ab\u00a0Agrocarburants\u00a0: comment et pourquoi la Commission a minimis\u00e9 les risques\u00a0\u00bb, <i>Politique &#8211; revue de d\u00e9bats<\/i>, n\u00b077, novembre-d\u00e9cembre.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Purugganan J. (2012), \u00ab\u00a0Greening Free Trade Means Protecting the Status Quo\u00a0\u00bb, Focus on the Global South, <a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.focusweb.org\" >www.focusweb.org<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Rigot V. (2012), Rio+20\u00a0: \u2019<i>L\u2019ab\u00eeme ou la m\u00e9tamorphose\u00a0?<\/i>\u2019, Point Sud, n\u00b06, CNCD.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Stiglitz J. (2012), <i>Le prix de l\u2019in\u00e9galit\u00e9<\/i>, Paris, LLL &#8211; Les liens qui lib\u00e8rent.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Tanuro D. (2012), \u00ab\u00a0Rio+20\u00a0: \u2019The future we don\u2019t want\u2019 &#8211; celui o\u00f9 conduit la destruction sociale et \u00e9cologique capitaliste\u00a0\u00bb, Europe Solidaire Sans Fronti\u00e8res, <a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.europe-solidaire.org\" >www.europe-solidaire.org<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Unmussig B. (2012), \u00ab\u00a0\u00c9conomie verte, la nouvelle formule magique\u00a0?\u00a0\u00bb, <i>Revue Etopia<\/i>, n\u00b011.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Van Nuffel N. (2012), \u00ab\u00a0Rio+20, chronique d\u2019une paralysie annonc\u00e9e\u00a0\u00bb, D\u00e9mocratie, n\u00b018, septembre.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">WSF &#8211; World Social Forum (2012), \u00ab\u00a0Is the Green Economy a new Washington Consensus\u00a0?\u00a0\u00bb, Working Group on Green Economy, <a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.tni.org\" >www.tni.org<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Cet article a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 dans <a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.cetri.be\/spip.php?rubrique141\" >\u00ab\u00a0\u00c9conomie verte\u00a0\u00bb\u00a0: marchandiser la plan\u00e8te pour la sauver\u00a0?<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.cetri.be\/spip.php?article2993&amp;lang=fr\" >Go to Original \u2013 cetri.be<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9finie par l\u2019ONU comme \u00ab une mani\u00e8re \u00e9cologique de faire des affaires \u00bb, l\u2019\u00e9conomie verte entend r\u00e9concilier croissance et nature. Le troisi\u00e8me pilier du d\u00e9veloppement durable (le social) mis entre parenth\u00e8ses, le temps de rebooster le premier (l\u2019\u00e9conomique) en valorisant le deuxi\u00e8me (l\u2019environnemental) ? A d\u00e9faut de prot\u00e9ger les ressources et de partager les richesses, le capitalisme, d\u00e9sormais vert, y sauverait sa peau. La controverse clive les \u00c9tats du Nord et du Sud.<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[61,55,146,46],"tags":[],"class_list":["post-27255","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-environment","category-capitalism","category-economics","category-original-languages"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27255","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=27255"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27255\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=27255"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=27255"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=27255"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}