{"id":36120,"date":"2013-11-11T12:00:09","date_gmt":"2013-11-11T12:00:09","guid":{"rendered":"http:\/\/www.transcend.org\/tms\/?p=36120"},"modified":"2015-05-05T22:21:14","modified_gmt":"2015-05-05T21:21:14","slug":"francais-politique-de-drogues-lemancipation-latino-americaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/2013\/11\/francais-politique-de-drogues-lemancipation-latino-americaine\/","title":{"rendered":"(Fran\u00e7ais) Politique de Drogues : L\u2019\u00c9mancipation Latino-Am\u00e9ricaine"},"content":{"rendered":"<p><i>Impos\u00e9 \u00e0 l\u2019ensemble du monde depuis plus d\u2019un si\u00e8cle &#8211; c\u2019est en 1912 que le premier trait\u00e9 international interdisant le commerce de stup\u00e9fiants a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9\u00a0-, le paradigme prohibitionniste qui sous-tend le r\u00e9gime international de contr\u00f4le des drogues prend lentement l\u2019eau. L\u2019approche purement punitive des questions de d\u00e9pendance ne convainc plus depuis belle lurette dans l\u2019Union europ\u00e9enne, o\u00f9 la majorit\u00e9 des \u00c9tats-membres exp\u00e9rimentent l\u2019approche de \u00ab\u00a0r\u00e9duction des risques\u00a0\u00bb (1) et d\u00e9fendent sa reconnaissance &#8211; sans succ\u00e8s \u00e0 ce jour &#8211; dans les conventions internationales. Mais d\u2019autres voix dissonantes se font entendre avec une d\u00e9termination grandissante depuis l\u2019autre bout de la fili\u00e8re &#8211; dans certains pays de production et de transit des drogues &#8211; pour d\u00e9noncer les impacts d\u00e9sastreux de la \u00ab\u00a0guerre aux drogues\u00a0\u00bb sur leurs soci\u00e9t\u00e9s.<\/i><i><\/i><\/p>\n<p><b>Remises en causes multiples<\/b><\/p>\n<p>A la grande surprise des observateurs, les initiateurs du r\u00e9cent mouvement latino-am\u00e9ricain de remise en cause du tout r\u00e9pressif dans la gestion des drogues sont des alli\u00e9s proches des \u00c9tats-Unis, principal garant de l\u2019orientation prohibitionniste du r\u00e9gime actuel. Les pr\u00e9sidents P\u00e9rez Molina du Guatemala et Santos de Colombie ont effectivement profit\u00e9 de la tenue du sixi\u00e8me Sommet des Am\u00e9riques de Cartagena d\u2019avril 2012 pour exprimer un sentiment largement partag\u00e9 par les autres pays travers\u00e9s par la coca\u00efne \u00e0 destination des \u00c9tats-Unis (Andes &#8211; Am\u00e9rique centrale &#8211; Mexique)\u00a0: \u00ab\u00a0<i>la seule chose que nous proposons est d\u2019aborder le sujet, car jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent beaucoup de pays, notamment les \u00c9tats-Unis, ont refus\u00e9 de le faire. Cela fait 40 ans que le monde est plong\u00e9 dans cette guerre aux drogues et je pense que nous devrions analyser si nous faisons la bonne chose <\/i>\u00a0\u00bb (Juan Manuel Santos)(2).<\/p>\n<p>Cette volte-face diplomatique n\u2019en est pas r\u00e9ellement une. Les manifestations des r\u00e9ticences latino-am\u00e9ricaines montent en puissance ces derni\u00e8res ann\u00e9es. A commencer par la d\u00e9cision sans pr\u00e9c\u00e9dent du gouvernement bolivien de se retirer de la Convention unique sur les stup\u00e9fiants de 1961 (le principal des trois accords qui composent l\u2019architecture du syst\u00e8me international de contr\u00f4le des drogues), suite au rejet de sa proposition de retirer la mastication traditionnelle de la coca de la liste des interdictions pr\u00e9vues par ce texte. Plusieurs pays d\u2019Am\u00e9rique du Sud ont par ailleurs entam\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es une r\u00e9vision de leur l\u00e9gislation afin de d\u00e9p\u00e9naliser la possession de drogues \u00e0 usage personnel (Uruguay, Br\u00e9sil, Equateur, Argentine). Enfin, l\u2019impasse de la militarisation de la lutte contre le trafic a \u00e9t\u00e9 abord\u00e9e avec une franchise grandissante lors des derni\u00e8res rencontres entre pays centro-am\u00e9ricains, notamment \u00e0 Tegucigalpa en mars 2012, lorsque l\u2019option de la d\u00e9p\u00e9nalisation fut carr\u00e9ment mise en d\u00e9bat en pr\u00e9sence du vice-pr\u00e9sident \u00e9tats-unien Joe Biden.<\/p>\n<p><b>Un r\u00e9gime contre-productif et d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9 <\/b><\/p>\n<p>Les reproches des gouvernements latino-am\u00e9ricains au r\u00e9gime de contr\u00f4le international se d\u00e9ploient en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 trois niveaux. Il y a d\u2019abord une mise en cause de l\u2019efficacit\u00e9 d\u2019une approche tourn\u00e9e vers la r\u00e9duction de l\u2019offre (la production et le trafic de stup\u00e9fiants). La Commission onusienne sur les stup\u00e9fiants le reconna\u00eet elle-m\u00eame, la prohibition a eu comme cons\u00e9quence non voulue \u00ab\u00a0<i>la cr\u00e9ation d\u2019un immense march\u00e9 noir criminel (&#8230;) (et) il ne manque pas de criminels pour disputer une part de ce march\u00e9 dans lequel la multiplication par cent du prix entre la production et la vente n\u2019est pas rare <\/i>\u00a0\u00bb (3). Malgr\u00e9 les immenses ressources militaires et polici\u00e8res investies ces vingt derni\u00e8res ann\u00e9es, la production globale de stup\u00e9fiants n\u2019a pas diminu\u00e9. Et pour cause, \u00e0 demande \u00e9gale, toute r\u00e9duction de l\u2019offre (caus\u00e9e par les campagnes d\u2019\u00e9radication des plantations ou le d\u00e9mant\u00e8lement de tel cartel) se traduit par une hausse des prix et une plus grande incitation pour les millions de paysans et de banlieusards pauvres \u00e0 s\u2019impliquer dans le trafic.<\/p>\n<p>D\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9, r\u00e9guli\u00e8rement exprim\u00e9e par des gouvernants latino-am\u00e9ricains ces vingt derni\u00e8res ann\u00e9es, d\u2019un recentrage des efforts et des ressources sur la r\u00e9duction de la demande de coca\u00efne au sein du premier march\u00e9 mondial. La consommation est bien entendu r\u00e9prim\u00e9e \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des \u00c9tats-Unis, mais la strat\u00e9gie de ces derniers consiste surtout \u00e0 viser une diminution de la demande interne par le biais de l\u2019augmentation du prix de la coca\u00efne (ou la baisse de sa puret\u00e9) r\u00e9sultant de la r\u00e9duction manu militari de l\u2019offre au sud du Rio Grande.<\/p>\n<p>Cette focalisation sur l\u2019offre se traduit donc, et c\u2019est l\u00e0 le second reproche latino-am\u00e9ricain, par une distribution in\u00e9gale des co\u00fbts sociaux et financiers r\u00e9sultant de l\u2019existence du narcotrafic comme de la lutte contre ce dernier. Le premier de ces co\u00fbts est bien entendu celui de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 li\u00e9e \u00e0 la violence d\u00e9brid\u00e9e qui touche les pays de production et, davantage encore ces derni\u00e8res ann\u00e9es, de transit de la coca\u00efne en route vers les \u00c9tats-Unis. La militarisation de la lutte contre le trafic d\u00e9cid\u00e9e en 2006 par le pr\u00e9sident mexicain, suivi par d\u2019autres leaders centro-am\u00e9ricains dans le cadre de l\u2019initiative de M\u00e9rida financ\u00e9e par les \u00c9tats-Unis, n\u2019a fait qu\u2019augmenter les niveaux de violence sans entamer la puissance des cartels.<\/p>\n<p>Les co\u00fbts sont \u00e9normes par ailleurs en termes de d\u00e9penses de s\u00e9curit\u00e9, de congestion des prisons et des tribunaux, de frais hospitaliers, de d\u00e9placement de paysans. Des externalit\u00e9s n\u00e9gatives que la classe politique aujourd\u2019hui \u00e9value plus pr\u00e9cis\u00e9ment\u00a0: \u00ab\u00a0<i>Pour le Costa Rica, la voie n\u2019est pas celle de la guerre aux drogues, car nous n\u2019avons pas d\u2019arm\u00e9e et nous ne voulons pas devenir d\u00e9pendant de ce convoi de destruction, de militarisme, de d\u00e9penses exorbitantes qui d\u00e9tourne l\u2019\u00c9tat de ses efforts en mati\u00e8re d\u2019investissement social. C\u2019est pourquoi nous disons qu\u2019il faut chercher des alternatives <\/i>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Moins spectaculaire mais sans doute plus dommageable en termes de d\u00e9mocratie\u00a0: l\u2019immense pouvoir de corruption des r\u00e9seaux de trafiquants. D\u2019aucuns n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 qualifier le Mexique de narco-\u00c9tat, tant ses appareils politiques, judiciaires et militaires sont gangren\u00e9s. Mais aucun des \u00c9tats plac\u00e9s sur les routes principales de la coca\u00efne andine, notamment en Afrique de l\u2019Ouest, nouvel \u00ab\u00a0itin\u00e9raire-bis\u00a0\u00bb vers l\u2019Europe de l\u2019Ouest, et de l\u2019h\u00e9ro\u00efne afghane (Asie centrale, Pakistan, Turquie, Iran) ou birmane (Asie du Sud-Est), n\u2019\u00e9chappe \u00e0 l\u2019action corrosive du trafic sur les institutions, de la \u00ab\u00a0simple\u00a0\u00bb complaisance passive des \u00e9chelons inf\u00e9rieurs des services de s\u00e9curit\u00e9 aux alliances au sommet entre chefs de cartels et hauts responsables politiques ou militaires.<\/p>\n<p>Enfin le m\u00e9contentement latino-am\u00e9ricain est \u00e9galement aliment\u00e9 par l\u2019asym\u00e9trie du processus politique qui sous-tend le r\u00e9gime international de lutte contre les stup\u00e9fiants. Pr\u00e9\u00e9minence des \u00c9tats-Unis dans les agences onusiennes anti-drogues, immixtions incessantes dans les politiques nationales, unilat\u00e9ralisme du m\u00e9canisme de \u00ab\u00a0certification\u00a0\u00bb \u00e0 travers lequel Washington s\u2019arroge le droit de classer annuellement l\u2019implication des pays dans la lutte contre les drogues&#8230; les pays de la r\u00e9gion sont lass\u00e9s de l\u2019alignement automatique sur le grand voisin du Nord et entendent s\u2019affirmer politiquement ce sujet (comme sur d\u2019autres soit dit en passant). D\u2019autant qu\u2019en d\u00e9pit du moralisme obtus qui impr\u00e8gne historiquement l\u2019approche \u00e9tats-unienne (\u00ab\u00a0la drogue est un mal qu\u2019il faut combattre, le drogu\u00e9 un d\u00e9prav\u00e9 qu\u2019il faut punir\u00a0\u00bb), leur autorit\u00e9 morale en la mati\u00e8re est s\u00e9rieusement entam\u00e9e par l\u2019instrumentalisation r\u00e9guli\u00e8re de cette politique intrusive \u00e0 d\u2019autres fins g\u00e9opolitiques, ce que d\u2019aucuns qualifient \u00ab\u00a0d\u2019imp\u00e9rialisme par le contr\u00f4le des drogues\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><b>R\u00e9formes et marges de manoeuvre nationales<\/b><\/p>\n<p>Les perspectives de r\u00e9forme de la l\u00e9gislation internationale sont cependant incertaines. Certes le volontarisme latino-am\u00e9ricain co\u00efncide avec d\u2019autres \u00e9volutions prometteuses au sein du contexte mondial. L\u2019administration Obama a rompu avec les accents autoritaires de la p\u00e9riode pr\u00e9c\u00e9dente en abandonnant les notions de \u00ab\u00a0guerre aux drogues\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0narco-terrorisme\u00a0\u00bb, en subordonnant les campagnes d\u2019\u00e9radication de plantes \u00e0 drogue aux objectifs de d\u00e9veloppement alternatif, en s\u2019ouvrant \u00e0 l\u2019id\u00e9e de \u00ab\u00a0r\u00e9duction des risques\u00a0\u00bb. Des rapprochements ont lieu dans les enceintes internationales entre pays europ\u00e9ens et latino-am\u00e9ricains les plus progressistes en la mati\u00e8re. Par ailleurs le prohibitionnisme a perdu pas mal de points dans le d\u00e9bat international suite \u00e0 l\u2019appel de la communaut\u00e9 m\u00e9dicale, lors de la XVIII\u00e8me conf\u00e9rence mondiale sur le sida de 2010, \u00e0 mettre un terme \u00e0 la criminalisation des toxicomanes, puis \u00e0 la publication en juin 2011 d\u2019un tr\u00e8s influent rapport de la \u00ab\u00a0Commission mondiale pour la politique des drogues\u00a0\u00bb condamnant la guerre aux drogues.<\/p>\n<p>Pour autant les facteurs de blocage ne doivent pas \u00eatre sous-estim\u00e9s. Tout d\u2019abord, pour peser efficacement dans les enceintes onusiennes, les nations latino-am\u00e9ricaines devront s\u2019accorder sur des objectifs et une strat\u00e9gie communes, ce qui est loin d\u2019\u00eatre acquis. Ensuite la tol\u00e9rance des \u00c9tats-Unis vis-\u00e0-vis des \u00e9carts les plus manifestes au r\u00e9gime prohibitionniste a ses limites, en t\u00e9moigne l\u2019empressement du vice-pr\u00e9sident Biden \u00e0 sermonner les gouvernants centro-am\u00e9ricains lors de la r\u00e9union de Tegucigalpa. Enfin d\u2019autres nations de poids, \u00e0 commencer par la Russie et le Japon, mettent tout leur poids dans la balance pour maintenir le statu quo.<\/p>\n<p>Cette sanctuarisation des conventions internationales n\u2019arr\u00eatera cependant pas les \u00e9volutions en cours. A l\u2019instar de certains pays europ\u00e9ens, les pays latino-am\u00e9ricains se donneront vraisemblablement le droit d\u2019une interpr\u00e9tation de plus en plus l\u00e2che des textes pour les conformer \u00e0 leur r\u00e9alit\u00e9 politique, forme de d\u00e9clinaison de l\u2019id\u00e9e de \u00ab\u00a0marges de manoeuvre nationales\u00a0\u00bb (policy space) exig\u00e9e dans l\u2019application des accords commerciaux. La d\u00e9cision r\u00e9cente de l\u2019Uruguay de r\u00e9glementer la vente du cannabis (via un r\u00e9seau de pharmacies agr\u00e9\u00e9es), une premi\u00e8re mondiale, illustre clairement cette tendance.<\/p>\n<p><b>Notes\u00a0<\/b>:<\/p>\n<p>1. Approche visant \u00e0 r\u00e9duire les risques sanitaires et sociaux li\u00e9s \u00e0 la toxicomanie, via notamment les programmes d\u2019\u00e9change de seringues.<\/p>\n<p>2. Amira Armenta et al. (2013), \u00ab\u00a0D\u00e9bat sur les drogues en Am\u00e9rique latine\u00a0: un d\u00e9veloppement d\u00e9cisif\u00a0\u00bb, <i>Alternatives Sud <\/i>Vol XX n\u00b03 , CETRI.<\/p>\n<p>3. Commission sur les stup\u00e9fiants des Nations unies (2008), \u00ab\u00a0Making drug control \u2019fit for purpose\u2019\u00a0: Building on the UNGASS decade\u00a0\u00bb, 7 mars.<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.cetri.be\/spip.php?article3242&amp;lang=fr\" >Go to Original \u2013 cetri.be<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab La seule chose que nous proposons est d\u2019aborder le sujet, car jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent beaucoup de pays, notamment les \u00c9tats-Unis, ont refus\u00e9 de le faire. 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