{"id":5223,"date":"2010-05-10T00:00:23","date_gmt":"2010-05-09T22:00:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.transcend.org\/tms\/?p=5223"},"modified":"2010-05-05T17:04:13","modified_gmt":"2010-05-05T15:04:13","slug":"french-le-bresil-de-lula-huit-ans-plus-tard","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/2010\/05\/french-le-bresil-de-lula-huit-ans-plus-tard\/","title":{"rendered":"(French)  Le Br\u00e9sil de Lula, huit ans plus tard"},"content":{"rendered":"<p>En 2002, le Br\u00e9sil surprend le monde en \u00e9lisant \u00e0 la pr\u00e9sidence de la r\u00e9publique un ouvrier syndicaliste. Luiz In\u00e1cio Lula da Silva, fondateur et chef du Parti des travailleurs (PT) est en effet embl\u00e9matique d\u2019un grand mouvement populaire qui a d\u00e9stabilis\u00e9 la dictature au tournant des ann\u00e9es 1980. Par la suite, le PT monte \u00e0 l\u2019assaut du ciel pour contester le pouvoir historiquement dans les mains de grands caciques venant de l\u2019\u00e9lite. Peu \u00e0 peu, la gauche progresse, d\u2019abord en conqu\u00e9rant plusieurs grandes villes o\u00f9 des exp\u00e9rimentations de gestion municipales in\u00e9dites ancrent le PT et cr\u00e9ent de facto une grande coalition comprenant une partie importante des classes moyennes et populaires, urbaines et rurales. Les diverses \u00abgauche\u00bb se coalisent \u00e9galement en amenant au PT une grande partie de l\u2019ancienne mouvance marxiste, des chr\u00e9tiens progressistes, des syndicalistes.<\/p>\n<p>Finalement, tout cela d\u00e9bouche sur la victoire de Lula aux \u00e9lections pr\u00e9sidentielles de 2002, suivi d\u2019un deuxi\u00e8me mandat accord\u00e9 en 2006. De facto, le PT devient la premi\u00e8re force politique du pays, bien que la sc\u00e8ne parlementaire demeure extr\u00eamement fragment\u00e9e . Principal adversaire du PT, le Parti social-d\u00e9mocrate br\u00e9silien (PSDB), constitue l\u2019autre grand p\u00f4le de la sc\u00e8ne politique, regroupant la droite traditionnelle avec une partie des secteurs modernistes des \u00e9lites \u00e9conomiques et des couches moyennes-sup\u00e9rieures.<\/p>\n<p><strong>Nouveaux et anciens enjeux<\/strong><\/p>\n<p>Huit ans plus tard, \u00e0 l\u2019approche des prochaines \u00e9lections pr\u00e9sidentielles (octobre 2010), une nouvelle polarisation politique se r\u00e9percute sur le pays. Lula ayant r\u00e9alis\u00e9 ses deux mandats, c\u2019est Dilma Roussef (elle occupe depuis peu des fonctions importantes dans l\u2019administration Lula) qui va d\u00e9fendre les couleurs du PT. Devant elle, Jos\u00e9 Serra, au nom du PSDB. Bien que les sondages indiquent un niveau d\u2019appui populaire tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 pour Lula (autour de 80%), rien n\u2019est jou\u00e9 d\u2019avance.<\/p>\n<p>En faveur de Dilma et de la poursuite du projet de Lula, l\u2019\u00e9conomie conna\u00eet une embellie. Le gouvernement peut affirmer avoir su g\u00e9rer la crise mondiale d\u2019une mani\u00e8re qui avantage le Br\u00e9sil, ce dont t\u00e9moigne le taux de croissance du PIB (qui pourrait \u00eatre + ou \u2013 5% en 2010) et m\u00eame que la progression de l\u2019emploi et la diminution de la pauvret\u00e9, assez spectaculaire si on consid\u00e8re que, selon divers indicateurs, environ trente millions de personnes sont sorties de la pauvret\u00e9 \u00abextr\u00eame\u00bb. D\u2019autre part, la bonne sant\u00e9 \u00e9conomique se refl\u00e8te du fait d\u2019une diminution importante de la dette externe . Sans \u00eatre imperm\u00e9able aux fluctuations des march\u00e9s financiers, le Br\u00e9sil est assis sur un fort exc\u00e9dent commercial ainsi qu\u2019une confortable r\u00e9serve en devises (+ 24% en 2009). On comprend alors que le discours du gouvernement n\u2019en est pas principalement d\u2019autosatisfaction.<\/p>\n<p>Entre-temps, Lula est devenu le Pr\u00e9sident de \u00abtous les Br\u00e9siliens\u00bb. Sa popularit\u00e9 d\u00e9passe de loin celle de son parti dont il s\u2019est partiellement autonomis\u00e9. Lula est populaire pas seulement (et pas principalement) \u00e0 cause de son charisme et des mesures de redistribution qui ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 aux couches populaires, mais aussi et surtout parce qu\u2019il repr\u00e9sente un projet et un processus de transformation qui encourage les classes populaires. Certes ce projet n\u2019est pas (et n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9) \u00abr\u00e9volutionnaire\u00bb, ni dans sa forme, ni dans son contenu. Et dans ce sens, on peut reconna\u00eetre dans la gouvernance de la gauche br\u00e9silienne des \u00e9l\u00e9ments tr\u00e8s similaires \u00e0 ce qui s\u2019est pass\u00e9 en Europe et en Am\u00e9rique du Nord dans le sillon du keyn\u00e9sianisme et de la social-d\u00e9mocratie.<\/p>\n<p>\u00c9l\u00e9ments similaires, mais non-identiques : le Br\u00e9sil, pays de pauvret\u00e9 et d\u2019exclusion sociale structurelles, h\u00e9ritier de l\u2019esclavagisme qui a pr\u00e9valu jusque au dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle, est encore aujourd\u2019hui le pays le plus in\u00e9galitaire au monde . Le Br\u00e9sil par ailleurs, reste une d\u00e9mocratie r\u00e9cente, encore fragile, ayant v\u00e9cu pendant plusieurs d\u00e9cennies sous la dictature militaire. Aussi on peut comprendre que dans un tel contexte, une politique de r\u00e9formes partielles bas\u00e9es sur une sorte de grand \u00abcompromis\u00bb entre dominants et domin\u00e9s et \u00e0 travers l\u2019architecture complexe des structures sociales restent un d\u00e9fi consid\u00e9rable.<\/p>\n<p>On observe donc que la lutte politique demeure vive. Et la candidate du PT est handicap\u00e9e, du fait qu\u2019elle est relativement inconnue, sans le parcours spectaculaire de son pr\u00e9d\u00e9cesseur. Les m\u00e9dias lui font la vie dure, mettant en question ses capacit\u00e9s de pr\u00e9sider un pays aussi compliqu\u00e9 que le Br\u00e9sil. Le PSDB promet de \u00abmieux\u00bb gouverner, en \u00e9vitant d\u2019attaquer Lula, ce qui est contre-productif. Pour autant, la droite n\u2019est pas assur\u00e9e de l\u2019emporter. Le Br\u00e9sil d\u2019aujourd\u2019hui est passablement transform\u00e9 par rapport \u00e0 la situation qui pr\u00e9valait avant Lula. Les classes populaires sont plus affirmatives, moins subordonn\u00e9es et d\u00e9pendantes des r\u00e9seaux de pouvoir traditionnels qui avaient maintenu la majorit\u00e9 de la population dans une situation de non-citoyennet\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Continuit\u00e9s et ruptures<\/strong><\/p>\n<p>En huit ans que s\u2019est-il pass\u00e9 donc ? Au d\u00e9part, la t\u00e2che de Lula ne semble pas facile. En 2002, le pays est en effet passablement affaibli par huit ans de gestion n\u00e9olib\u00e9rale \u00abpure et dure\u00bb par le gouvernement de Fernando Henrique Cardoso. La dette explose, en partie par l\u2019ouverture sans pr\u00e9c\u00e9dent de l\u2019\u00e9conomie br\u00e9silienne et l\u2019alignement du gouvernement br\u00e9silien sur le \u00abconsensus de Washington\u00bb impos\u00e9 par les \u00c9tats-Unis et le FMI . Les revenus des couches populaires et moyennes sont en forte r\u00e9gression. Le ch\u00f4mage frappe presque 20% de la main d\u2019\u0153uvre active. Le secteur public est disloqu\u00e9 par une vague de privatisations qui permet \u00e0 l\u2019\u00e9lite \u00e9conomique de racheter \u00e0 bas prix des pans entiers de l\u2019\u00e9conomie. La pauvret\u00e9 et les in\u00e9galit\u00e9s s\u2019accroissent de mani\u00e8re spectaculaire. Que faire ?<\/p>\n<p>D\u2019embl\u00e9e, Lula d\u00e9cide de calmer le jeu L\u2019id\u00e9e est d\u2019assurer la stabilit\u00e9, d\u2019\u00e9viter des d\u00e9bordements et des crises, que promette d\u2019ailleurs la droite qui annonce, dans le cas d\u2019une victoire de Lula, la fuite des capitaux, voire l\u2019\u00e9croulement de l\u2019\u00e9conomie. Pour contre-attaquer ces accusations mais aussi parce que cela correspond \u00e0 sa vision des choses, Lula annonce ses couleurs dans une fameuse \u00abLettre aux Br\u00e9siliens\u00bb qu\u2019il doit, malheureusement, respecter les engagements pr\u00e9c\u00e9dents, notamment le paiement de la dette, et la continuation de la politique mon\u00e9taire.<\/p>\n<p>Il promet aussi de garder comme priorit\u00e9 la lutte contre l\u2019inflation comme la priorit\u00e9, via des taux d\u2019int\u00e9r\u00eats tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s, ce qui s\u00e9curise les d\u00e9tenteurs de capitaux. Il s\u2019engage \u00e0 respecter l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 fiscale et \u00e0 limiter les d\u00e9penses de l\u2019\u00c9tat. Avec son controvers\u00e9 ministre des finances, Ant\u00f4nio Palocci, Lula rassure les secteurs dominants, tant les \u00e9lites br\u00e9siliennes que les institutions financi\u00e8res et internationales comme le FMI. La pilule est am\u00e8re\u2026<\/p>\n<p>En m\u00eame temps, Lula annonce un programme de \u00abr\u00e9cup\u00e9ration\u00bb \u00e9conomique. Il stoppe les privatisations et remet \u00e0 l\u2019agenda public l\u2019id\u00e9e d\u2019un \u00c9tat \u00abd\u00e9veloppementiste\u00bb, intervenant et r\u00e9gulateur. Il reprend langue avec le mouvement syndical et les secteurs populaires. Surtout, il cr\u00e9e un nouveau filet de s\u00e9curit\u00e9 sociale qui conna\u00eet un grand succ\u00e8s, notamment aupr\u00e8s des populations les plus pauvres et paysannes, dans le nord du pays (dont le \u00abNordeste\u00bb). Le projet Fome zero (faim z\u00e9ro) met \u00e0 la disposition des plus pauvres du pays (un quart de la population totale) une aide sociale sous la forme d\u2019une allocation familiale (Bolsa Fam\u00edlia) et qui contribue fortement \u00e0 r\u00e9duire la famine et la pauvret\u00e9 \u00abextr\u00eame\u00bb.<\/p>\n<p>Sur d\u2019autres plans, la politique impos\u00e9e par Lula indique \u00e9galement des continuit\u00e9s et des ruptures. Il mise sur le d\u00e9veloppement du secteur agro-industriel, et facilite la croissance des exportations de soja transg\u00e9nique et de viande, sous la houlette des grandes entreprises priv\u00e9es qui exploitent la majeure partie des terres arables. Il refuse donc l\u2019id\u00e9e d\u2019une r\u00e9forme agraire \u00abradicale\u00bb, pourtant promue par ses alli\u00e9s historiques, dont le formidable Mouvement des sans-terre, le MST . En m\u00eame temps, son gouvernement aide le MST \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer des terres en friche, lui apporte aussi des financements pour renforcer ses capacit\u00e9s techniques, notamment dans la gestion des coop\u00e9ratives mises en place sur les terres \u00abr\u00e9cup\u00e9r\u00e9es\u00bb par les sans-terre.<\/p>\n<p>De tout cela \u00e9merge peu \u00e0 peu une sorte de projet de d\u00e9veloppement, diff\u00e9rent sur bien des aspects du traditionnel \u00abdesarollisme\u00bb bas\u00e9 sur l\u2019\u00c9tat \u00abfort\u00bb et l\u2019industrialisation par la substitution des importations. Mais ce projet est \u00e9galement en rupture avec le mod\u00e8le n\u00e9olib\u00e9ral des ann\u00e9es 1980-90 sur quelques points essentiels, notamment le r\u00f4le central de l\u2019\u00c9tat et la n\u00e9cessit\u00e9 de recr\u00e9er un filet de s\u00e9curit\u00e9 sociale comme moyen de relancer le march\u00e9 interne et donc l\u2019\u00e9conomie.<\/p>\n<p><strong>L\u2019\u00e9preuve du pouvoir <\/strong><\/p>\n<p>Pendant son premier mandat de 2002 \u00e0 2006, le gouvernement navigue entre divers \u00e9cueils. L\u2019orientation \u00abcontinuiste\u00bb en mati\u00e8re \u00e9conomique lui fait mal, notamment aupr\u00e8s de ses alli\u00e9s sociaux et m\u00eame aupr\u00e8s de certaines franges du PT. Quelques d\u00e9missions d\u2019\u00e9lus se manifestent, d\u2019o\u00f9 \u00e9merge un parti qui s\u2019affirme \u00e0 la gauche du PT, le PSOL (Partido Socialismo e Liberdade), men\u00e9 par la d\u00e9put\u00e9e Helo\u00edsa Helena et endoss\u00e9e par des personnalit\u00e9s \u00e0 l\u2019origine de la fondation du PT comme Pl\u00ednio Arruda Sampaio. Plus tard, l\u2019\u00e9rosion de la base militante du PT s\u2019acc\u00e9l\u00e8re, provoqu\u00e9e par une s\u00e9rie de \u00abscandales\u00bb sur le financement du parti. Le syst\u00e8me politique br\u00e9silien est construit sur l\u2019opacit\u00e9, les jeux d\u2019influence, les alliances sans principe et les \u00abdeals\u00bb qui se n\u00e9gocient entre les acteurs politiques sur la base d\u2019int\u00e9r\u00eats. Le gouvernement Lula, qui a pourtant promis de \u00abnettoyer\u00bb cette situation, la g\u00e8re \u00e0 sa mani\u00e8re, en offrant aux uns et aux autres, partis et personnalit\u00e9s, des avantages, petits et gros, en autant qu\u2019ils n\u2019entravent pas la politique gouvernementale . Cette \u00e9volution devient connue, en partie par les m\u00e9dias de droite qui accusent le gouvernement de corruption et provoque le d\u00e9part, ou la critique, de personnalit\u00e9s de gauche, notamment dans la mouvance chr\u00e9tienne, ainsi que des mouvements sociaux.<\/p>\n<p>Mais ces turbulences n\u2019affectent pas le gouvernement Lula de mani\u00e8re strat\u00e9gique. En 2006, il est r\u00e9\u00e9lu (au deuxi\u00e8me tour cependant). La population, surtout des secteurs populaires et paysans, vote massivement pour Lula. Les grands mouvements, comme le MST, d\u00e9cident de l\u2019appuyer, d\u2019une part pour \u00e9viter le retour de la droite, d\u2019autre part parce qu\u2019ils sont conscients que Lula apporte \u00e9galement des \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9ponse qui sont en phase avec les revendications du peuple et du mouvement populaire.<\/p>\n<p>Au d\u00e9part de son deuxi\u00e8me mandat, Lula promet d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer la cadence et de relancer le d\u00e9veloppement. Il augmente le salaire minimal de plus de 30%, \u00e0 la fois pour accro\u00eetre les revenus des couches populaires, \u00e0 la fois pour relancer le march\u00e9 int\u00e9rieur. \u00c0 la Bolsa familia s\u2019ajoutent de nouvelles initiatives comme le ProUni (soutien aux \u00e9tudiants universitaires des familles modestes), le PRONAF (appuis \u00e0 l\u2019agriculture paysanne), le programme Territorios da Cidadania (transferts budg\u00e9taires vers les municipalit\u00e9s et r\u00e9gions pauvres). Parall\u00e8lement, le gouvernement, \u00e0 travers le Programme d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration de la croissance (PAC), investit 200 milliards de dollars dans la r\u00e9habilitation des infrastructures (routes, a\u00e9roports, ports maritimes, assainissement des eaux.<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats de ces initiatives, de nature assistantialiste essentiellement, permettent une r\u00e9elle am\u00e9lioration des conditions de vie de la majorit\u00e9 des Br\u00e9siliens . Certes comme l\u2019explique Laurent Delcourt, il faut analyser cette \u00e9volution avec des nuances . Les d\u00e9penses canalis\u00e9es sur le filet de s\u00e9curit\u00e9 sociale restent tr\u00e8s inf\u00e9rieures \u00e0 celles consacr\u00e9es au service de la dette. Les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat demeurent tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s, au profit des d\u00e9tenteurs de capitaux et au d\u00e9triment de l\u2019emploi.<\/p>\n<p>Dans le domaine des politiques agricoles, central dans la dynamique de l\u2019\u00e9conomie et de la soci\u00e9t\u00e9 br\u00e9siliennes, Lula maintient un mod\u00e8le \u00abde d\u00e9veloppement agraire fond\u00e9 sur les monocultures d\u2019exportation et l\u2019agrobusiness, certes moteur de croissance et source de pr\u00e9cieuses devises, mais socialement inique, \u00e9cologiquement d\u00e9sastreux et intenable sur le long terme\u00bb .<\/p>\n<p>C\u2019est un peu la m\u00eame tendance qui se manifeste au niveau \u00e9nerg\u00e9tique, alors que l\u2019emphase est mise sur le renforcement de l\u2019\u00e9norme entreprise publique PETROBRAS, qui accro\u00eet consid\u00e9rablement ses capacit\u00e9s de production, ainsi que sur d\u2019autres initiatives pour augmenter le potentiel \u00e9nerg\u00e9tique du pays via des grands barrages, le d\u00e9tournement de fleuves et m\u00eame la construction de centrales nucl\u00e9aires.<\/p>\n<p>Au total, le bilan du gouvernement d\u00e9gage un portrait que le sociologue br\u00e9silien Emir Sader qualifie d\u2019\u00abhybride\u00bb et contradictoire. D\u2019une part, la gouvernance de Lula permet en effet au secteur financier de conserver son r\u00f4le central, ce qui permet aux couches privil\u00e9gi\u00e9es d\u2019engranger d\u2019\u00e9normes profits. D\u2019autre part, l\u2019\u00c9tat redevient \u00abd\u00e9veloppementiste\u00bb, tant par la redistribution des revenus que par le renforcement du r\u00f4le r\u00e9gulateur de l\u2019\u00c9tat dans l\u2019\u00e9conomie .<\/p>\n<p><strong>Le nouveau Br\u00e9sil dans le monde<\/strong><\/p>\n<p>Ces d\u00e9veloppements consid\u00e9rables doivent \u00eatre contextualis\u00e9s \u00e9galement dans l\u2019\u00e9volution du positionnement du Br\u00e9sil sur l\u2019\u00e9chiquier mondial. \u00c0 l\u2019arriv\u00e9e au pouvoir de Lula, le Br\u00e9sil fait du sur place en restant ancr\u00e9 sur la politique \u00e9tats-unienne, tant \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des Am\u00e9riques que sur des questions plus vastes comme l\u2019avenir des r\u00e9gulations commerciales (dans le cadre des n\u00e9gociations de l\u2019OMC).<\/p>\n<p>En 2003, il s\u2019exprime assez fortement lors des n\u00e9gociations de l\u2019OMC pour s\u2019opposer \u00e0 ce qu\u2019il consid\u00e8re comme des politiques de lib\u00e9ralisation commerciale n\u00e9gatives du point de vue du Br\u00e9sil et des pays du sud. Assez rapidement, Lula change la donne \u00e0 ce niveau. Il affirme la priorit\u00e9 d\u2019avancer dans l\u2019int\u00e9gration des Am\u00e9riques et s\u2019oppose explicitement au projet promu par les \u00c9tats-Unis et le Canada d\u2019une Zone de libre \u00e9change pour les Am\u00e9riques (ZL\u00c9A) .<\/p>\n<p>Dans les Am\u00e9riques, le gouvernement entend renforcer divers projets d\u2019int\u00e9gration, ce qui d\u00e9bouche (2008) sur le projet de l\u2019UNASUR (Union des nations d\u2019Am\u00e9rique du Sud). Cet embryon de structure int\u00e9gr\u00e9e est certes tr\u00e8s embryonnaire et ne peut se comparer \u00e0 l\u2019Union europ\u00e9enne, cependant elle a des ambitions. Reste \u00e0 coordonner r\u00e9ellement les initiatives en cours (MERCOSUR, ALBA), travers\u00e9es de diverses luttes d\u2019influence, notamment entre le Br\u00e9sil et un \u00abbloc\u00bb de pays plus revendicateurs compos\u00e9 du Venezuela, de la Bolivie, de l\u2019\u00c9quateur et de Cuba . Reste aussi \u00e0 cr\u00e9er de nouvelles institutions politiques et \u00e0 d\u00e9passer le cadre \u00e9conomique et commercial qui pr\u00e9vaut actuellement et qui, faute de base politique commun, n\u2019avance pas rapidement, en d\u00e9pit de la cr\u00e9ation de nouveaux outils d\u2019int\u00e9gration comme Petrosur (\u00e9nergie), Bancosur (finances), Telesur (communication) .<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, l\u2019activisme du gouvernement Lula se fait valoir dans diverses crises o\u00f9 se confrontent les int\u00e9r\u00eats br\u00e9siliens (et latinos) et ceux des \u00c9tats-Unis. \u00c0 cet effet, l\u2019affrontement le plus direct survient au Honduras o\u00f9 un coup d\u2019\u00e9tat organis\u00e9 par les \u00e9lites locales appuy\u00e9 par les \u00c9tats-Unis renverse (juin 2009) le gouvernement \u00e9lu appuy\u00e9 fortement par le Br\u00e9sil qui parvient m\u00eame \u00e0 isoler Washington au sein de l\u2019Organisation des \u00c9tats Am\u00e9ricains (OEA), pourtant le fief traditionnel des \u00c9tats-Unis dans la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>Face aux \u00c9tats-Unis justement, la situation demeure tendue. Les plans de remilitarisation de la Colombie, amorc\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9poque de Bush, continuent sous Obama. Les menaces contre le Venezuela et m\u00eame contre Cuba prennent toute leur place au sein d\u2019une administration qui avait \u00e9t\u00e9 \u00e9lue pour s\u2019\u00e9loigner de la \u00abguerre sans fin\u00bb des n\u00e9oconservateurs.<\/p>\n<p>Lula pendant ce temps cherche \u00e0 cultiver ses relations avec Washington, d\u2019une part parce qu\u2019il le faut (!), d\u2019autre part en misant sur l\u2019image d\u2019un \u00c9tat \u00abresponsable\u00bb, capable de participer \u00e0 la r\u00e9organisation des Am\u00e9riques d\u2019une mani\u00e8re qui ne nuirait pas n\u00e9cessairement aux \u00c9tats-Unis, mais sans subordination. Le projet est ambitieux, c\u2019est le moins qu\u2019on puisse dire.<\/p>\n<p>Certes sur cela, Lula arrive au bon moment, au fur et \u00e0 mesure que se consolident comme r\u00e9sultat des mobilisations populaires sans pr\u00e9c\u00e9dent toute une s\u00e9rie de gouvernements de centre-gauche latino-am\u00e9ricains et qui s\u2019opposent, \u00e0 des degr\u00e9s divers au \u00abconsensus de Washington\u00bb. Sans prendre les devants de cette opposition au traditionnel ennemi \u00abyankee\u00bb, le gouvernement de Lula prend acte d\u2019une mani\u00e8re astucieuse, en diversifiant ses relations commerciales (notamment avec la Chine et l\u2019Union europ\u00e9enne) , et en devenant plus activiste et volontariste dans les grands d\u00e9bats mondiaux.<\/p>\n<p>Cette inflexion survient heureusement au moment o\u00f9 d\u2019importantes transformations \u00e9conomiques s\u2019esquissent, jusqu\u2019\u00e0 la crise de 2008. \u00c0 l\u2019avantage du Br\u00e9sil, la flamb\u00e9e du prix des mati\u00e8res premi\u00e8res, notamment alimentaires, permet une grande pouss\u00e9e des exportations (principalement soja et produits animaux).<\/p>\n<p>Tout en restant relativement confin\u00e9 dans une traditionnelle division du travail, le Br\u00e9sil avec un secteur financier solide et un solide surplus budg\u00e9taire consolide sa r\u00e9putation d\u2019\u00c9tat \u00ab\u00e9mergent\u00bb. Il forme avec d\u2019autres pays dits \u00e9mergents une alliance informelle, le BRICS (Br\u00e9sil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), avec lesquels se tissent de nouveaux liens \u00e9conomiques et politiques. De tout cela \u00e9merge un \u00abG20\u00bb, pour faire contrepoids, relativement parlant, au G8, traditionnel club des pays riches du nord . Ce face-\u00e0-face reste relatif puisque les deux \u00abcamps\u00bb s\u2019inscrivent dans une perspective commune de \u00ablib\u00e9ralisation\u00bb des march\u00e9s, tout en se disputant sur les termes de cette \u00ablib\u00e9ralisation\u00bb.<\/p>\n<p><strong>La prochaine \u00e9tape<\/strong><\/p>\n<p>Dans quelques mois, des millions de Br\u00e9siliens iront voter aux \u00e9lections pr\u00e9sidentielles, de m\u00eame que pour \u00e9lire les gouverneurs des \u00c9tats, \u00e9galement pour renouveler une partie des s\u00e9nateurs et parlementaires au Congresso national. Certes, tous ont les yeux fix\u00e9s sur l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle, \u00e0 la fois centre nerveux de la gouvernance et site de la l\u00e9gitimit\u00e9 populaire. Depuis l\u2019annonce officieuse de sa candidature, Dilma Roussef progresse dans les sondages sur les intentions de vote. La machine politique de Lula, de m\u00eame qu\u2019une partie de celle de l\u2019\u00c9tat f\u00e9d\u00e9ral, est mobilis\u00e9e pour assurer sa victoire sur un discours simple mais convainquant : il fait continuer ! Aux succ\u00e8s enregistr\u00e9s en mati\u00e8re de lutte contre la pauvret\u00e9, l\u2019\u00e9quipe de Lula fait valoir la stabilit\u00e9 \u00e9conomique (\u00abm\u00eames les riches sont devenus plus riches\u00bb, affirme le pr\u00e9sident sortant), de m\u00eame que l\u2019\u00ab\u00e9mergence\u00bb du Br\u00e9sil, \u00e0 qui The Economist promet de devenir la \u00abcinqui\u00e8me puissance \u00e9conomique du monde\u00bb. Selon Dilma, le Br\u00e9sil de Lula a r\u00e9ussi \u00e0 gouverner d\u2019une mani\u00e8re o\u00f9 \u00able d\u00e9veloppement avec l\u2019inclusion sociale devient un mod\u00e8le \u00e9conomique\u00bb . La candidate du PT promet de cr\u00e9er, rien de moins, qu\u2019un \u00abpays de welfare state \u00e0 la mode br\u00e9silienne\u00bb avec comme acteur principal, \u00abun \u00c9tat capable de planifier et de g\u00e9rer\u00bb.<\/p>\n<p>Reste \u00e0 savoir si l\u2019\u00e9lectorat suivra. \u00c0 son avantage, Dilma, tel qu\u2019\u00e9voqu\u00e9 auparavant, profite du d\u00e9sarroi politique de la droite, qui ne peut se r\u00e9clamer de sa gouvernance ant\u00e9rieure, au moment o\u00f9 le gouvernement de Cardoso a presque men\u00e9 le pays \u00e0 la ruine, et qui ne peut nier non plus les avanc\u00e9es \u00e9conomiques et sociales des huit derni\u00e8res ann\u00e9es. Pourtant, la victoire n\u2019est pas acquise car ce qui menace le plus Dilma et le PT et l\u2019abstentionnisme croissant, li\u00e9 \u00e0 la transformation du d\u00e9bat et de la mobilisation politique. En effet, le PT n\u2019est plus un appareil militant, men\u00e9 par un noyau dur de cadres d\u00e9di\u00e9s et ancr\u00e9s sur les mouvements populaires. D\u2019une part en partie parce qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 \u00abd\u00e9capit\u00e9\u00bb par l\u2019exode vers les fonctions \u00e9tatiques. D\u2019autre part parce qu\u2019il a perdu, du moins en partie, sa captation symbolique de l\u2019espoir de transformation, qu\u2019il avait acquis au travers des luttes populaires des ann\u00e9es 1980-1990.<\/p>\n<p>Certes, cette d\u00e9perdition n\u2019est pas \u00abtotale\u00bb. Beaucoup de militants sociaux restent fid\u00e8les au PT, moins par enthousiasme que par r\u00e9alisme, \u00abpour faire \u00e9chec \u00e0 la droite\u00bb, et aussi pour continuer de mener une bataille pour les droits sociaux et \u00e9conomiques. Pour Emir Sader, le secteur militant doit maintenir une relation de proximit\u00e9 avec le PT, pour en renforcer les \u00e9l\u00e9ments progressistes, pour concentrer l\u2019attaque contre l\u2019h\u00e9g\u00e9monie du secteur financier et de l\u2019agrobusiness .<\/p>\n<p>Les mouvements sociaux pour leur part restent align\u00e9s sur la continuit\u00e9. La Centrale unique des travailleurs, la CUT, reste la plus loyale \u00e0 Lula, m\u00eame si la classe ouvri\u00e8re, notamment dans le secteur industriel et les services, a subi les impacts de la politique macro\u00e9conomique orthodoxe. Les secteurs paysans, surtout dans le nord, restent tr\u00e8s acquis au gouvernement, en bonne partie \u00e0 cause des programmes sociaux qui ont fait une diff\u00e9rence. Le MST pour sa part, tout en se gardant un droit de r\u00e9serve, finira sans doute par faire comme en 2006, en appuyant Dilma, \u00abcontre la droite\u00bb.<\/p>\n<p>Certes, tous ne sont pas d\u2019accord avec cette optique. Une partie de la base militante du PT, tel que dit auparavant, a \u00e9t\u00e9 attir\u00e9e par le PSOL . Mais aujourd\u2019hui, ce parti traverse une crise profonde, incapable de d\u00e9terminer une ligne cons\u00e9quente et alternative face \u00e0 la politique de Lula . Et il est d\u00e9chir\u00e9 par des factions qui tentent de s\u2019arracher le pouvoir et les candidatures et confin\u00e9 \u00e0 de douteuses convergences avec la droite . Les dissidents plus r\u00e9cents regroup\u00e9s autour de la populaire ex-ministre de l\u2019environnement Marina Silva ne r\u00e9ussissent pas non plus \u00e0 relancer le Parti Vert, un \u00e9trange amalgame de gauches et de droites qui veulent promouvoir l\u2019agenda du \u00abd\u00e9veloppement durable\u00bb d\u2019une mani\u00e8re qui reste ambigu\u00eb.<\/p>\n<p><strong>La guerre de position<\/strong><\/p>\n<p>Au Br\u00e9sil et ailleurs en Am\u00e9rique latine, une puissante reconfiguration s\u2019esquisse sous nos yeux. L\u2019empire \u00e9tats-unien, avec ses aventures moyen-orientales et la mal gestion de la crise financi\u00e8re est malmen\u00e9 dans cette zone qu\u2019il consid\u00e9rait la \u00absienne\u00bb (la doctrine Monroe). Certes, les \u00c9tats-Unis sont loin d\u2019\u00eatre hors-jeu, mais ils ont maintenant devant eux des \u00c9tats, des gouvernements et des mouvements relativement coh\u00e9rents et organis\u00e9s, d\u2019o\u00f9 la marge de man\u0153uvre, restreinte mais r\u00e9elle qui existe. Est-ce suffisant pour pr\u00e9voir une \u00abrenaissance\u00bb \u00e9conomique et politique de l\u2019h\u00e9misph\u00e8re et la mise en place d\u2019un nouveau \u00abmod\u00e8le\u00bb de d\u00e9veloppement ? Il serait pour le moins imprudent de s\u2019avancer aussi loin, m\u00eame si, ici et l\u00e0, un tel projet semble se dessiner.<\/p>\n<p>En fin de compte, l\u2019\u00e9volution des luttes sociales et politiques sur le plan interne risquent d\u2019\u00eatre d\u00e9terminantes. Dans le cas du Br\u00e9sil, plusieurs options s\u2019expriment. Le projet de Lula d\u2019une grande coalition multi-classe en est une. Autour d\u2019un \u00c9tat fort \u00e9paul\u00e9 par une coalition de centre-gauche, ce projet \u00abn\u00e9o-d\u00e9veloppementiste\u00bb mise sur le renforcement des capacit\u00e9s productives anim\u00e9es par le secteur priv\u00e9 (l\u2019agrobusiness notamment) et un secteur public renforc\u00e9 (dans l\u2019\u00e9nergie), et dont les retomb\u00e9es (profits) sont redistribu\u00e9es pour am\u00e9liorer les conditions des classes populaires et \u00e9galement relancer le march\u00e9 interne. Ce projet implique un \u00e9largissement des relations du Br\u00e9sil avec le reste du monde, pour dire en clair, le renforcement des liens sud-sud et l\u2019att\u00e9nuation de la d\u00e9pendance envers les \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019oppos\u00e9, le projet des \u00e9lites traditionnelles et de la droite est de rebrancher le Br\u00e9sil sur le \u00abturbocapitalisme\u00bb qui pr\u00e9vaut dans le monde capitaliste et qui mise sur une financiarisation accrue pour le b\u00e9n\u00e9fice quasi exclusif des couches sup\u00e9rieures. Dans le cours des d\u00e9bats \u00e9lectoraux actuels, il n\u2019est pas rare d\u2019entendre les m\u00e9dias, tr\u00e8s majoritairement de droite, proposer l\u2019abolition du programme Bolsa familia (\u00abtrop co\u00fbteux et favorisant la paresse naturelle des classes populaires\u00bb), de r\u00e9clamer l\u2019\u00e9radication des favellas (\u00abils occupent des zones o\u00f9 la ville moderne pourrait \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9e\u00bb) et d\u2019exiger la criminalisation des mouvements sociaux, notamment du MST. \u00c0 rebours, la droite voudrait \u00e9galement r\u00e9aligner le Br\u00e9sil sur les \u00c9tats-Unis et m\u00eame de les appuyer dans leur lutte contre des \u00c9tats consid\u00e9r\u00e9s comme \u00abdangereux\u00bb comme le Venezuela ou l\u2019Iran.<\/p>\n<p>Entre ces deux grands p\u00f4les, il y a \u00e9galement la perspective d\u2019approfondir les transformations sociales en donnant aux classes populaires non seulement de meilleures conditions de vie mais aussi du pouvoir et des capacit\u00e9s politiques, ce qui faisait partie, \u00e0 l\u2019origine, du projet du PT, via notamment les m\u00e9thodes du budget participatif. C\u2019est une option qui appara\u00eet davantage \u00abentre les lignes\u00bb que sur la sc\u00e8ne politique actuelle, \u00abr\u00e9ellement existante\u00bb pourrait-on dire. L\u2019option est quand m\u00eame pr\u00e9sente, car il est rien d\u2019\u00eatre certain que les avanc\u00e9es r\u00e9alis\u00e9es par le peuple ne lui donneront pas le go\u00fbt d\u2019aller \u00abplus loin\u00bb, compte tenu \u00e9galement des limites du keyn\u00e9sianisme redistributeur et des aspects non durables d\u2019un d\u00e9veloppement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 peu soucieux de l\u2019environnement.<\/p>\n<p>________________________________<\/p>\n<p><em>The opinions expressed and the arguments employed in this document are the responsibility of the author and do not necessarily express the views of the CETRI.<\/em><\/p>\n<p><a target=\"_blank\" href=\"  http:\/\/www.cetri.be\/spip.php?article1601&amp;lang=en\" >GO TO ORIGINAL \u2013 CENTRE TRICONTINENTAL<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 2002, le Br\u00e9sil surprend le monde en \u00e9lisant \u00e0 la pr\u00e9sidence de la r\u00e9publique un ouvrier syndicaliste. Luiz In\u00e1cio Lula da Silva, fondateur et chef du Parti des travailleurs (PT) est en effet embl\u00e9matique d\u2019un grand mouvement populaire qui a d\u00e9stabilis\u00e9 la dictature au tournant des ann\u00e9es 1980. 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