{"id":71921,"date":"2016-04-11T12:00:58","date_gmt":"2016-04-11T11:00:58","guid":{"rendered":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/?p=71921"},"modified":"2016-04-11T09:07:22","modified_gmt":"2016-04-11T08:07:22","slug":"francais-letat-islamique-est-aussi-un-business","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/2016\/04\/francais-letat-islamique-est-aussi-un-business\/","title":{"rendered":"(Fran\u00e7ais) L\u2019\u00c9tat islamique est (aussi) un business"},"content":{"rendered":"<p><em>Comment \u00e9trangler les revenus de l\u2019Etat Islamique (EI) ? Depuis l\u2019automne 2015 la question semble \u00eatre \u00e0 l\u2019avant-plan des strat\u00e8ges et des m\u00e9dias en Occident. Mais les faits, t\u00eatus, n\u2019entrent pas dans les rangs. Comme souvent, les contrebandiers d\u2019affaires \u00e9chappent \u00e0 l\u2019attention.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/oil-petroleum-isis-daesh.jpg\"  rel=\"attachment wp-att-71922\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-71922\" src=\"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/oil-petroleum-isis-daesh.jpg\" alt=\"oil petroleum isis daesh\" width=\"600\" height=\"338\" srcset=\"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/oil-petroleum-isis-daesh.jpg 600w, https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/oil-petroleum-isis-daesh-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><br \/>\n<em>8 avril 2016 &#8211; <\/em>Toute guerre a ses mensonges, toute guerre a ses profiteurs. Comme pour confirmer le dicton, une information nous parvient de Syrie, o\u00f9 une filiale de l\u2019entreprise Lafarge aurait organis\u00e9 un trafic avec l\u2019\u00c9tat islamique. Lafarge fait partie du groupe fran\u00e7ais LafargeHolcim. [1] Selon une source syrienne Lafarge aurait achet\u00e9 du p\u00e9trole et du carburant de l\u2019EI. Cette nouvelle date du 19 f\u00e9vrier. [2] Elle reste \u00e0 confirmer. LafargeHolcim n\u2019a pas r\u00e9agi.<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9tat islamique [3] finance son \u2018drapeau noir avec l\u2019or noir\u2019. [4] Les revenus de la commercialisation du p\u00e9trole permettent de tenir une arm\u00e9e de jihadistes sur pied de guerre et de maintenir une logistique dans les territoires sous son contr\u00f4le en Syrie et en Irak. L\u2019EI tient donc debout par la vente de p\u00e9trole des champs p\u00e9troliers situ\u00e9s dans ses territoires. Les camps adversaires donnent l\u2019impression qu\u2019ils veulent d\u00e9truire ce commerce pour d\u00e9stabiliser et an\u00e9antir l\u2019\u00c9tat islamique.<\/p>\n<p><strong>Histoire de frappes <\/strong><\/p>\n<p>Le camp des alli\u00e9s (des) occidentaux tout d\u2019abord. En novembre dernier des bombardiers am\u00e9ricains auraient d\u00e9truit 238 camions charg\u00e9s de p\u00e9trole et appartenant \u00e0 l\u2019EI. C\u2019est du moins ce que nous dit le minist\u00e8re de la D\u00e9fense des \u00c9tats-Unis. La m\u00eame source nous rassure en disant que les aviateurs ont laiss\u00e9 le temps aux chauffeurs des camions de se sauver. Lors d\u2019une attaque pr\u00e9c\u00e9dente, qui aurait an\u00e9anti 116 tankers de p\u00e9trole, le m\u00eame modus operandi aurait \u00e9t\u00e9 d\u00e9ploy\u00e9. [5]<\/p>\n<p>Ces attaques font partie de l\u2019Op\u00e9ration \u2018Inherent Resolve\u2019. Mais lorsque l\u2019alliance occidentale prend le p\u00e9trole de l\u2019\u00c9tat islamiste dans le viseur, l\u2019op\u00e9ration change de nom et devient Tidal Wave-2 (la premi\u00e8re op\u00e9ration de ce nom en 1943 quand les Alli\u00e9s occidentaux bombardaient des raffineries en Roumanie exploit\u00e9es par l\u2019Allemagne nazie). Avec l\u2019Op\u00e9ration Tidal Wave-2, nous dit la BBC, l\u2019alliance occidentale changerait de tactique. Avant, elle d\u00e9truisait rarement l\u2019acheminement du p\u00e9trole, pour \u2018\u00e9pargner les populations qui d\u00e9pendent du carburant\u2019. [6]<\/p>\n<p>En lisant les communiqu\u00e9s des militaires, on croirait que cette campagne a des r\u00e9els effets. Mais est-ce vrai\u00a0? La volont\u00e9 d\u2019en terminer avec l\u2019EI existe-t-elle r\u00e9ellement\u00a0? Les r\u00e9cits (occidentaux) se sont contredits. Pour Matthew Reed, un analyste am\u00e9ricain travaillant pour la consultance Foreign Reports, l\u2019impact est tr\u00e8s relatif. Oui, la capacit\u00e9 de production et de commercialisation de p\u00e9trole par EI aurait \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite, \u00e0 moins de 50 pour cent de la demande dans les territoires contr\u00f4l\u00e9s par l\u2019\u00c9tat islamique. Selon cet auteur (qui cite le minist\u00e8re de la D\u00e9fense des \u00c9tats-Unis) les frappes durent depuis au moins septembre 2014. Au d\u00e9but, elles visaient surtout des raffineries, mais aujourd\u2019hui surtout le stockage. Mais, accentue cet analyste, l\u2019EI continue \u00e0 produire du brut et arrive \u00e0 le raffiner, avec des proc\u00e9d\u00e9s peu sophistiqu\u00e9s dans des \u2018moonshiner-style refineries\u2019, des installations presque artisanales. [7]<\/p>\n<p><strong>Les routes du march\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Le quotidien des affaires influent Financial Times (FT) a donn\u00e9 une autre image. Deux jours cons\u00e9cutifs et \u00e0 chaque fois sur une page enti\u00e8re, il a pr\u00e9sente \u2018la machine de guerre du califat\u2019 comme aliment\u00e9e par \u2018une op\u00e9ration qui ressemble \u00e0 celle d\u2019une compagnie de p\u00e9trole d\u2019\u00c9tat\u2019, qui emploie des cadres et des travailleurs hautement qualifi\u00e9s et qui n\u2019est nullement inqui\u00e9t\u00e9e ni par l\u2019Op\u00e9ration Inherent Resolve ni par Tidal Wave-2. [8]<\/p>\n<p>Les deux publications s\u2019accordent sur le fait que l\u2019\u00c9tat islamique disposerait d\u2019un large \u2018march\u00e9 captif\u2019 au sein de ses territoires, et ne serait donc pas oblig\u00e9 d\u2019exporter. Tandis que pour Matthew Reed, l\u2019analyste, il n\u2019y aurait aucune exportation, le Financial Times, lui, d\u00e9crit les syst\u00e8mes et les routes emprunt\u00e9s par l\u2019EI pour transporter son p\u00e9trole, par exemple des champs de production en Syrie \u00e0 Mosul en Irak ou bien vers la Turquie. Qui a raison\u00a0?<\/p>\n<p>Reed et le FT ont encore ceci en commun\u00a0: ils ne parlent que de l\u2019amont (les puits et le stockage) et ne se demandent pas comment l\u2019EI commercialise \u00e9ventuellement son p\u00e9trole. Correction\u00a0: le Financial Times met en gras que les \u2018\u00e9mirs du p\u00e9trole\u2019 de l\u2019EI arrivent \u00e0 vendre \u00e0 l\u2019ennemi, c\u2019est-\u00e0-dire au gouvernement du pr\u00e9sident Assad en Syrie. Pas de questions au-del\u00e0 de cette combine, d\u00e9nonc\u00e9e par ailleurs par l\u2019Union europ\u00e9enne (sans jamais d\u00e9voiler ses preuves) et vigoureusement ni\u00e9e par l\u2019homme d\u2019affaires syrien qui aurait concoct\u00e9 le deal entre l\u2019EI et Damas.<\/p>\n<p>Mais, tout est possible. En septembre 2014, Jana Hybaskova, l\u2019ambassadrice de l\u2019Union europ\u00e9enne en Irak, choquait son audience au parlement europ\u00e9en lorsqu\u2019elle affirmait que certains \u00c9tats membres de l\u2019UE achetaient du p\u00e9trole de l\u2019\u00c9tat islamique. [9]<\/p>\n<p><strong>Vitol, Trafigura, Glencore<\/strong><\/p>\n<p>Il est tr\u00e8s probable que le p\u00e9trole de l\u2019EI r\u00e9ussit toujours \u00e0 se faire un chemin jusqu\u2019en Occident, gr\u00e2ce pour ainsi dire aux marchands et aux autres interm\u00e9diaires. Ces interm\u00e9diaires ne s\u2019\u00e9loignent pas, au contraire ils s\u2019approchent puisqu\u2019en situation de guerre les opportunit\u00e9s pour faire des bonnes affaires abondent. En voici quelques exemples.<\/p>\n<p>Lors de la guerre de l\u2019OTAN contre la Libye en 2011, des fonctionnaires du gouvernement britannique ravissent le gouvernement-Kadhafi d\u2019une bonne partie du p\u00e9trole produit dans ce pays. Cette cellule de fonctionnaires agit de connivence avec l\u2019entreprise Vitol, le plus grand courtier de p\u00e9trole au monde. [10] A ce moment une guerre civile a d\u00e9j\u00e0 \u00e9clat\u00e9 en Syrie entre le gouvernement du pr\u00e9sident Bashar el Assad et des mouvements r\u00e9clamant l\u2019ouverture de la soci\u00e9t\u00e9 syrienne \u00e0 l\u2019exemple des Printemps arabes de la Tunisie et de l\u2019\u00c9gypte. L\u2019Occident se range du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019insurrection. Pourtant, la soci\u00e9t\u00e9 Vitol et cet autre courtier r\u00e9put\u00e9, Trafigura, vont ravitailler le camp gouvernemental avec du p\u00e9trole raffin\u00e9 en France, en Italie et en Espagne. [11]<\/p>\n<p>Quatre ans apr\u00e8s, ce couple est de retour. Cette fois-ci Vitol et Trafigura livrent \u00e0 Isra\u00ebl du p\u00e9trole qu\u2019ils \u2018trouvent\u2019, dans le Nord de l\u2019Irak, dans la province autonome kurde. [12] Normalement, les autorit\u00e9s kurdes doivent c\u00e9der une portion de la production de p\u00e9trole au gouvernement de Bagdad. Mais fin 2015, elles reconnaissent contourner ce syst\u00e8me et vendre du p\u00e9trole, entre autres via Isra\u00ebl, pour alimenter la caisse de leur \u00c9tat. [13] Le Kurdistan iraquien appara\u00eet alors comme le march\u00e9 favori des marchands. Parce qu\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Vitol et de Trafigura un troisi\u00e8me poids lourd de ce n\u00e9goce y op\u00e8re. Il s\u2019agit de la soci\u00e9t\u00e9 suisse Glencore.<\/p>\n<p>Le Financial Times \u00e9crit le 30 octobre 2015 que le commerce de p\u00e9trole au Kurdistan irakien est domin\u00e9 par un ancien de Glencore, un certain Murtaza Lakhani d\u2019origine pakistanaise. Monsieur Lakhani s\u2019est \u00e9tabli au Kurdistan apr\u00e8s l\u2019invasion am\u00e9ricaine de 2003. Il est l\u2019homme \u00e0 tout faire qui permet au gouvernement r\u00e9gional kurde d\u2019Erbil de rentabiliser le p\u00e9trole. Or, avant de devenir actif au Kurdistan, Lakhani s\u2019occupait des affaires de Glencore \u00e0 Bagdad, o\u00f9 il aurait d\u00e9j\u00e0 contourn\u00e9 l\u2019embargo impos\u00e9 par les Nations unies apr\u00e8s la premi\u00e8re guerre du Golfe. \u2018Ni Lakhani ni Glencore n\u2019ont \u00e9t\u00e9 inculp\u00e9s pour avoir viol\u00e9 l\u2019embargo\u2019, \u00e9crit le Financial Times. [14]<\/p>\n<p><strong>La plateforme turque<\/strong><\/p>\n<p>Ces exemples montrent que toute fronti\u00e8re et tout front de guerre peut devenir perm\u00e9able quand des courtiers habiles interviennent pour desservir une client\u00e8le fortun\u00e9e. D\u00e8s lors, il ne serait pas \u00e9tonnant de d\u00e9couvrir un jour que du p\u00e9trole de l\u2019\u00c9tat islamique part vers les march\u00e9s mondiaux via le Kurdistan irakien, quoique ces deux parties soient formellement des ennemis jur\u00e9s.<\/p>\n<p>Il devient de plus en plus \u00e9vident que la Turquie, pays voisin de la Syrie, joue un double jeu. La Russie a accus\u00e9 le pr\u00e9sident turc Tayyip Erdogan et sa famille de b\u00e9n\u00e9ficier des exportations de p\u00e9trole par l\u2019\u00c9tat islamique. Moscou a rendu publiques des photos satellitaires de caravanes de camions charg\u00e9s de p\u00e9trole, qui traversent la fronti\u00e8re syrienne et entrent en Turquie. [15] Le ministre russe Sergei Lavrov avait d\u00e9j\u00e0 accus\u00e9 la Turquie de pr\u00eater main forte au commerce de l\u2019\u00c9tat islamique dans une conversation avec son homologue turc Mevlut Cavusoglu. [16] Or, l\u2019analyste Wiliam Engdahl \u2013 en citant comme source l\u2019agence AWDNews &#8211; a mis \u00e0 nu une fili\u00e8re turque organis\u00e9e par Bilal Erdogan, fils du pr\u00e9sident de la Turquie. Bilal Erdogan, a \u00e9crit Engdahl, poss\u00e8de des soci\u00e9t\u00e9s maritimes et des installations dans les ports de Beyrouth (au Liban) et de Ceyhan (en Turquie) \u00e0 travers lesquels l\u2019\u00c9tat islamique transporterait du p\u00e9trole au Japon. [17]<\/p>\n<p><strong>Washington ou Moscou\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Plus on s\u2019enfonce dans ce genre d\u2019affaires, plus on doit se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 des sources non-occidentales. Rares sont en effet les sources occidentales publiques qui en parlent.<\/p>\n<p>Pour terminer, si l\u2019objectif d\u00e9clar\u00e9 de l\u2019alliance occidentale est actuellement d\u2019enlever \u00e0 l\u2019\u00c9tat islamique ses revenus financiers et appuis mat\u00e9riels, elle n\u2019a pas l\u2019air d\u00e9termin\u00e9e. Deux indications\u00a0: des 10.600 attaques a\u00e9riennes entreprises depuis 2014 par l\u2019alliance occidentale contre l\u2019EI, 196 auraient eu les infrastructures p\u00e9troli\u00e8res de l\u2019EI comme cible (soit \u00e0 peine 1,84 pour cent). [18] Cela donne \u00e0 penser. Il semble que la Russie, alli\u00e9e au gouvernement syrien du pr\u00e9sident Bashar el Assad, s\u2019y prend de mani\u00e8re plus robuste. Les derni\u00e8res actions militaires russes semblent indiquer que Moscou et Damas veulent avancer en direction de la fronti\u00e8re avec la Turquie pour la fermer. La contrebande en direction de la Turquie en sera une des victimes.<\/p>\n<p><strong> Notes\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p>[1] Le groupe franco-suisse LafargeHolcim est le r\u00e9sultat de la fusion en 2015 des groupes Lafarge et Holcim, et est \u2018leader mondial\u2019 de l\u2019industrie des mat\u00e9riaux de construction.<\/p>\n<p>[2] French cement company in Syria buys oil from ISIS documents, Zaman El Wasl, 19 f\u00e9vrier 2016.<\/p>\n<p>[3] L\u2019auteur pr\u00e9f\u00e8re parler d\u2019\u00c9tat islamiste (EI) au lieu de Daech (d\u00e9nomination \u00e0 laquelle une connotation p\u00e9jorative a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e, entre autres par les dirigeants occidentaux David Cameron et Fran\u00e7ois Hollande).<\/p>\n<p>[4] Erika Solomon &amp; Guy Chazan &amp; Sam Jones, Isis Inc\u00a0: how oil fuels the jihadi terrorists, Financial Times, 14 octobre 2015.<\/p>\n<p>[5] Military Strikes Hit ISIL Terrorists in Syria, Irak, minist\u00e8re de la D\u00e9fense des \u00c9tats Unis, 23 novembre 2015.<\/p>\n<p>[6] US air strike \u2019hits 238 IS oil trucks\u2019 in Syria, BBC, 23 novembre 2015.<\/p>\n<p>[7] Reed, Matthew M., Taking Stock of ISIS Oil, en ligne sur Energyfuse.org, 23 octobre 2015.<\/p>\n<p>[8] Solomon, E., Chazan, G., Jones, S., Isis Inc\u00a0: how oil fuels the jihadi terrorists, Financial Times, 15 octobre 2015.<\/p>\n<p>[9] Lamant, Ludovic, Du p\u00e9trole de l\u2019\u00c9tat islamique achet\u00e9 par des Europ\u00e9ens\u00a0? Bruxelles sous pression, Mediapart, 26 septembre 2014.<\/p>\n<p>[10] Government admits Alan Duncan\u2019s links to company in \u2019Libyan oil cell\u2019, The Guardian, 1 septembre 2011.<\/p>\n<p>[11] Vitol, Trafigura supply fuel to Syria, Reuters, 12 ao\u00fbt 2011.<\/p>\n<p>[12] Israel turns to kurds for one third of it\u2019s oil supplies, Financial Times, 23 ao\u00fbt 2015<\/p>\n<p>[13] Exclusive How Kurdistan bypassed Baghdad and sold oil on global markets, Reuters, 17 novembre 2015.<\/p>\n<p>[14] Anjli Raval, Shadowy network of fixers and businessmen keeps Iraqi Kurdistan oil exports flowing, Financial Times, 30 octobre 2015<\/p>\n<p>[15] Russia unveils \u2019proof\u2019 Turkey\u2019s Erdogan is smuggling Isis oil across border from Syria, Independent, 4 d\u00e9cembre 2015.<\/p>\n<p>[16] Blinov, Maksim, Lest You Forget Lavrov Reminds Turkey of Its Involvement in ISIL Oil Trade, Sputnik, 25 novembre 2015.<\/p>\n<p>[17] Engdahl reprend des informations relat\u00e9es par AWDNews (Another Western Dawn News) qui serait bas\u00e9 au Pakistan. Engdahl, F. William, Erdogan\u2019s Dirty Dangerous ISIS Games, New Eastern Outlook, 24 ao\u00fbt 2015, <a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/journal-neo.org\/2015\/08\/24\/erdogan-s-dirty-dangerous-isis-games\/\" >http:\/\/journal-neo.org\/2015\/08\/24\/e&#8230;<\/a><\/p>\n<p>[18] Solomon e.a. O.c.<\/p>\n<p>_________________________________<\/p>\n<p><em>Source\u00a0: Custers, Raf, <a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.gresea.be\/spip.php?article148\" >&#8220;L\u2019\u00c9tat islamique est (aussi) un business&#8221;<\/a>, Gresea, mars 2016.<\/em><\/p>\n<p><a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.michelcollon.info\/L-Etat-islamique-est-aussi-un.html?lang=fr\" >Go to Original \u2013 michelcollon.info<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comment \u00e9trangler les revenus de l\u2019Etat Islamique (EI) ? Depuis l\u2019automne 2015 la question semble \u00eatre \u00e0 l\u2019avant-plan des strat\u00e8ges et des m\u00e9dias en Occident. Mais les faits, t\u00eatus, n\u2019entrent pas dans les rangs. 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