{"id":77702,"date":"2016-08-15T12:00:15","date_gmt":"2016-08-15T11:00:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/?p=77702"},"modified":"2016-08-14T19:21:53","modified_gmt":"2016-08-14T18:21:53","slug":"francais-pourquoi-le-fascisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/2016\/08\/francais-pourquoi-le-fascisme\/","title":{"rendered":"(Fran\u00e7ais) Pourquoi le fascisme ?"},"content":{"rendered":"<p><em>Remarques <\/em>contemporaines<em> sur la face non id\u00e9ologique du fascisme\u00a0: crise de surproduction et guerre aux salaires.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-content\/uploads\/2016\/08\/Fascismo-capitalismo-guerra-war-cartoon.jpg\" ><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-77703\" src=\"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-content\/uploads\/2016\/08\/Fascismo-capitalismo-guerra-war-cartoon.jpg\" alt=\"Fascismo capitalismo guerra war cartoon\" width=\"398\" height=\"371\" srcset=\"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-content\/uploads\/2016\/08\/Fascismo-capitalismo-guerra-war-cartoon.jpg 398w, https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-content\/uploads\/2016\/08\/Fascismo-capitalismo-guerra-war-cartoon-300x280.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 398px) 100vw, 398px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Le fascisme est souvent pr\u00e9sent\u00e9 comme une \u00ab\u00a0contre-r\u00e9volution pr\u00e9ventive\u00a0\u00bb des classes dirigeantes en vue d\u2019interdire le renouvellement de l\u2019agitation sociale et politique qui avait suivi la Premi\u00e8re Guerre mondiale (cas allemand, novembre 1918-janvier 1919, et italien, 1919-1920)<a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.initiative-communiste.fr\/articles\/culture-debats\/fascisme-annie-lacroix-riz\/?ct=t%28RSS_EMAIL_CAMPAIGN%29#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><\/a><a >[1]<\/a>.<\/p>\n<p>Il fut surtout une r\u00e9plique f\u00e9roce \u00e0 la crise de surproduction mena\u00e7ant d\u2019effondrement les profits. Je me bornerai ici \u00e0 l\u2019exemple du fascisme allemand, au succ\u00e8s plus tardif qu\u2019en Italie (octobre 1922) mais jug\u00e9 plus \u00ab\u00a0parfait\u00a0\u00bb\u00a0: l\u2019alignement des classes dirigeantes d\u2019Europe continentale sur ce mod\u00e8le et l\u2019attirance consid\u00e9rable qu\u2019il exer\u00e7a sur celles des \u00c9tats-Unis et du Royaume-Uni eurent les m\u00eames motivations socio-\u00e9conomiques.<\/p>\n<p><strong>La fallacieuse entente capital-travail de novembre 1918<\/strong><\/p>\n<p>Le grand patronat allemand avait mal dig\u00e9r\u00e9 les concessions <em>publiques<\/em> qu\u2019il avait d\u00fb consentir le 15\u00a0novembre 1918 pour \u00e9touffer dans l\u2019\u0153uf la \u00ab\u00a0r\u00e9volution\u00a0\u00bb qui mena\u00e7ait de succ\u00e9der \u00e0 la capitulation du Kaiser, Guillaume\u00a0II, du 9. Ce fondement du \u00ab\u00a0contrat social\u00a0\u00bb de la R\u00e9publique de Weimar reposait pourtant sur une capitulation fallacieuse. L\u2019ADGB (Conf\u00e9d\u00e9ration g\u00e9n\u00e9rale syndicale allemande), majoritaire, organiquement li\u00e9e au SPD et aussi arc-bout\u00e9e que lui contre la r\u00e9volution sociale, avait <em>en m\u00eame temps<\/em> sign\u00e9 avec les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s patronaux un protocole <em>secret<\/em> les lib\u00e9rant de leurs engagements\u00a0: les conventions collectives sur les salaires et les conditions de travail ne s\u2019appliqueraient qu\u2019\u00ab\u00a0en accord avec les conditions de l\u2019industrie concern\u00e9e\u00a0\u00bb; \u00ab\u00a0la journ\u00e9e de 8 heures dans toutes les industries\u00a0\u00bb que si \u00ab\u00a0les principales nations industrielles\u00a0\u00bb s\u2019y ralliaient.<\/p>\n<p>Cet accord clandestin entre Travail et Capital fut l\u2019\u00e9quivalent social de l\u2019alliance politique secr\u00e8te \u00ab\u00a0avec les forces de l\u2019ancien r\u00e9gime\u00a0\u00bb conclue d\u00e8s octobre-novembre par le SPD avec l\u2019\u00c9tat-major de la Reichswehr, porte-parole en 1918 des classes dominantes. Compl\u00e9t\u00e9 par une impitoyable chasse aux rouges dans laquelle s\u2019illustr\u00e8rent les futures \u00e9minences nazies, ce pacte \u00ab\u00a0contre-nature\u00a0\u00bb laissait peu de chances de survie \u00e0 la \u00ab\u00a0R\u00e9publique de Weimar\u00a0\u00bb<a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.initiative-communiste.fr\/articles\/culture-debats\/fascisme-annie-lacroix-riz\/?ct=t%28RSS_EMAIL_CAMPAIGN%29#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><\/a><a >[2]<\/a>.<\/p>\n<p><strong>Dette priv\u00e9e et faillite de l\u2019Allemagne<\/strong><\/p>\n<p>Haineuses envers ladite R\u00e9publique (pourtant si bonne fille) n\u00e9e de leur d\u00e9faite publique, aristocratie et grande bourgeoisie la vid\u00e8rent t\u00f4t de son trompeur vernis de \u00ab\u00a0gauche\u00a0\u00bb initial. La base sociale de \u00ab\u00a0Weimar\u00a0\u00bb leur r\u00e9sista mieux jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ouragan des ann\u00e9es 1930 qui ravagea l\u2019Allemagne. Entreprises, communes, \u00c9tat s\u2019y \u00e9taient massivement endett\u00e9s aupr\u00e8s des grandes banques internationales depuis la stabilisation du mark de 1923-1924 op\u00e9r\u00e9e sous sous tutelle am\u00e9ricaine, afin de d\u00e9velopper les capacit\u00e9s productives, notamment au service de la revanche militaire.<\/p>\n<p>Ainsi le Reich devint-il le plus gros d\u00e9biteur international, envers les \u00c9tats-Unis et tous les pays du \u00ab\u00a0centre\u00a0\u00bb imp\u00e9rialiste. Le capital financier \u00e9tranger fut donc un acteur majeur, comme dans les ann\u00e9es 1920 pour l\u2019\u00e9norme d\u00e9biteur italien, des mesures drastiques prises par la Banque des r\u00e8glements internationaux pendant la tourmente de l\u2019\u00e9t\u00e9 1931 pour proroger la dette allemande. Les diktats de ce club <em>priv\u00e9<\/em> des banques centrales fond\u00e9 par le Plan Young, anc\u00eatre (toujours en vie) mal connu des institutions am\u00e9ricaines de Bretton-Woods, pr\u00e9figurent <em>exactement<\/em> celles adopt\u00e9es dans la derni\u00e8re phase aigu\u00eb de l\u2019actuelle crise syst\u00e9mique, sous la tutelle des grandes banques de chaque pays, de la Banque centrale europ\u00e9enne et du Fonds mon\u00e9taire international.<\/p>\n<p><strong>Guerre aux salaires et politique SPD du \u00ab\u00a0moindre mal\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019effondrement des march\u00e9s et des profits, et l\u2019imp\u00e9ratif de r\u00e9gler \u00ab\u00a0la dette internationale priv\u00e9e\u00a0\u00bb exigeaient de \u00ab\u00a0casser\u00a0\u00bb, outre les salaires, tous les revenus non monopolistes\u00a0: cet objectif mobilisa les classes dirigeantes vernaculaires et leurs cr\u00e9anciers am\u00e9ricains, anglais, fran\u00e7ais, etc. Parmi les conditions mises en juillet 1931 au \u00ab\u00a0sauvetage\u00a0\u00bb du Reich figurait l\u2019int\u00e9gration du NSDAP, vainqueur \u00e9lectoral de septembre 1930 gr\u00e2ce au soutien apport\u00e9 de longue date (surtout depuis 1923 et l\u2019occupation de la Ruhr) par le patronat le plus concentr\u00e9 de l\u2019industrie lourde, que suivit le reste du patronat\u00a0: cette formule de droite sans exclusive permettrait, avec ses m\u00e9thodes de terreur (et de s\u00e9duction), de casser les revenus des victimes sans crainte de r\u00e9action.<\/p>\n<p>Avant que le NSDAP n\u2019en pr\u00eet, en f\u00e9vrier 1933, aux c\u00f4t\u00e9s de la droite \u00ab\u00a0classique\u00a0\u00bb, la charge gouvernementale, la mission avait \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e aux organisations ouvri\u00e8res \u00ab\u00a0compr\u00e9hensives\u00a0\u00bb. Elles appelaient leurs adh\u00e9rents \u00e0 participer aux sacrifices pr\u00e9sent\u00e9s comme indispensables \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat national en r\u00e9duisant leurs salaires\u00a0: l\u2019ultra-droitier chef (SPD) du syndicat du bois et un des chefs nationaux de l\u2019ADGB, parlementaire SPD (1928), Fritz Tarnow pr\u00f4na en 1931 \u00ab\u00a0\u201cun mariage de raison\u201d avec les patrons\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0ne devons-nous pas \u00eatre le m\u00e9decin au chevet du capitalisme ?\u00a0\u00bb). Le SPD soutint <em>son<\/em> chancelier Hermann M\u00fcller qui, investi apr\u00e8s le succ\u00e8s \u00e9lectoral de la gauche, gouverna avec la droite \u00ab\u00a0classique\u00a0\u00bb et tenta une premi\u00e8re \u00ab\u00a0r\u00e9forme\u00a0\u00bb (par baisse) des allocations ch\u00f4mage (juin 1928-mars 1930).<\/p>\n<p>Le SPD appuya aussi le successeur de M\u00fcller, Br\u00fcning (mai 1930-mai 1932), et la r\u00e9\u00e9lection d\u2019Hindenburg \u00e0 la Pr\u00e9sidence du Reich (avril 1932), et resta l\u2019arme au pied face au coup d\u2019\u00c9tat de la droite alli\u00e9e aux nazis (G\u00f6ring) en Prusse (juillet 1932) en disant compter sur les \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales \u00e0 venir (novembre 1932). Le tout au nom du \u00ab\u00a0moindre mal\u00a0\u00bb contre Hitler alors que la droite, Br\u00fcning et Hindenburg en t\u00eate, pr\u00e9parait ouvertement l\u2019av\u00e8nement du NSDAP. Les adeptes du \u00ab\u00a0front r\u00e9publicain\u00a0\u00bb du 21<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle devraient se pencher sur l\u2019acquis politique des ann\u00e9es 1930.<\/p>\n<p><strong>Gauche allemande et nazisme<\/strong><\/p>\n<p>Le bavardage sur la culpabilit\u00e9 du KPD \u00ab\u00a0gauchiste\u00a0\u00bb dissimule les responsabilit\u00e9s \u00e9crasantes, per\u00e7ues comme telles d\u00e8s 1933, des directions du SPD et de ses organisations, dont l\u2019ADGB<a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.initiative-communiste.fr\/articles\/culture-debats\/fascisme-annie-lacroix-riz\/?ct=t%28RSS_EMAIL_CAMPAIGN%29#_ftn3\" name=\"_ftnref3\"><\/a><a >[3]<\/a>. La passivit\u00e9 devant le patronat et<em>sa<\/em> solution nazie, pouss\u00e9e jusqu\u2019aux offres de services, servirait de s\u00e9same pour les carri\u00e8res \u00ab\u00a0occidentales\u00a0\u00bb de l\u2019apr\u00e8s-guerre, comme celle de Tarnow\u00a0: aplati en 1933, mais rejet\u00e9 par les hitl\u00e9riens et contraint \u00e0 l\u2019exil, il revint de Su\u00e8de en 1946 sollicit\u00e9 par les Am\u00e9ricains, qui l\u2019avaient choisi pour diriger, contre tout risque d\u2019union avec les communistes, dans la Bizone en 1947, en Allemagne occidentale en 1949, la vieille centrale syndicale devenue DGB (<em>Deutscher Gewerkschaftsbund<\/em>).<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas l\u2019agitation sociale qui assura en 1933 l\u2019av\u00e8nement des hitl\u00e9riens au pouvoir\u00a0: c\u2019est le refus <em>majoritaire<\/em>des classes l\u00e9s\u00e9es de repousser cet assaut contre leurs revenus, ou leur passivit\u00e9 face \u00e0 cette \u00ab\u00a0strat\u00e9gie du choc\u00a0\u00bb, pour reprendre une expression ult\u00e9rieure de Naomi Klein. Contre cette ligne, qu\u2019avaient fix\u00e9e les organisations, majoritaires, de la \u00ab\u00a0gauche de gouvernement\u00a0\u00bb, les combatifs isol\u00e9s, essentiellement ouvriers, du KPD et de son \u00ab\u00a0Organisation syndicale rouge\u00a0\u00bb (RGO), combattirent vaillamment, apr\u00e8s comme avant f\u00e9vrier 1933, mais en vain. Il est urgent d\u2019y r\u00e9fl\u00e9chir dans la pr\u00e9sente crise syst\u00e9mique du capitalisme o\u00f9 les \u00ab\u00a0m\u00e9decin[s de \u00ab\u00a0gauche\u00a0\u00bb \u00e0 la Tarnow] au chevet du capitalisme\u00a0\u00bb font mine de croire \u00e0 la magie des incantations \u00ab\u00a0antifascistes\u00a0\u00bb<a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.initiative-communiste.fr\/articles\/culture-debats\/fascisme-annie-lacroix-riz\/?ct=t%28RSS_EMAIL_CAMPAIGN%29#_ftn4\" name=\"_ftnref4\"><\/a><a >[4]<\/a>.<\/p>\n<p><strong>Deux textes <em>in\u00e9dits<\/em> d\u2019illustration<\/strong><\/p>\n<p>D\u00e9couverte et transcription, Annie Lacroix-Riz<\/p>\n<p><strong>Gauche allemande et triomphe du nazisme\u00a0: un jugement policier fran\u00e7ais<\/strong><\/p>\n<p>Source, RG S\u00fbret\u00e9 nationale SN\u00a0JC5. A.\u00a04509, Paris, 18\u00a0mai 1933, F7 (fonds police g\u00e9n\u00e9rale), vol.\u00a013430, Allemagne, janvier-juin 1933, Archives nationales, dactylographi\u00e9, 7 p., <em>in extenso<\/em>, passage en italique soulign\u00e9 dans le texte.<\/p>\n<p>Rappelons pour m\u00e9moire l\u2019animosit\u00e9 de l\u2019appareil d\u2019\u00c9tat policier envers le communisme.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le r\u00f4le et le sort des communistes et des socialistes allemands.<\/p>\n<p>L\u2019effacement total des organisations marxistes allemandes en pr\u00e9sence de l\u2019hitl\u00e9risme triomphant est un fait sans pr\u00e9c\u00e9dent. Il n\u2019est pas de dictature qui n\u2019ait rencontr\u00e9, au moins au moment de son \u00e9tablissement, quelques tentatives de r\u00e9sistance ou de r\u00e9action. Rien de pareil en Allemagne. Si des rencontres, parfois sanglantes, se produisaient couramment entre racistes et r\u00e9volutionnaires de gauche\u00a0\u2013\u00a0presque toujours communistes\u00a0\u2013\u00a0lorsque le NSDAP \u00e9tait un parti d\u2019opposition, ces rencontres ont radicalement cess\u00e9, d\u00e8s que Hitler a eu pris le pouvoir. Pourtant, \u00e0 ce moment, les partisans du nouveau Chancelier et ceux de ses alli\u00e9s nationalistes ne repr\u00e9sentaient gu\u00e8re plus de la moiti\u00e9 de la population du Reich. La partie pour les forces r\u00e9volutionnaires, si elle \u00e9tait difficile, pouvait du moins \u00eatre tent\u00e9e, et il y avait en tout cas, <em>apr\u00e8s les appels de confiance faits \u00e0 l\u2019\u00e9tranger par \u201cl\u2019Allemagne r\u00e9publicaine<\/em>\u201d, l\u2019honneur \u00e0 sauver. On n\u2019a rien fait, rien entrepris. Cette question n\u2019a pas seulement un int\u00e9r\u00eat historique. Car l\u2019on peut se demander ce qu\u2019est devenue la masse, que les partis socialiste et communiste pr\u00e9tendaient encadrer; quels sont les sentiments de cette masse apr\u00e8s la carence ou la disparition des chefs.<\/p>\n<p>Mais il convient de distinguer entre socialistes et communistes. Constatons tout d\u2019abord qu\u2019aucun dirigeant du parti communiste ne s\u2019est inclin\u00e9 devant la r\u00e9volution nationale. Tous sont en prison, en fuite ou se cachent. Ce sont des communistes surtout qui sont all\u00e9s peupler les camps de concentration. Dans ces camps se trouveraient \u00e0 l\u2019heure actuelle 50\u00a0000 r\u00e9volutionnaires. Parmi les chefs incarc\u00e9r\u00e9s citons\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Ernst Thaelmann, leader du parti communiste.<\/li>\n<li>Ernst Torgler, chef de la fraction communiste au Reichstag [un des rarissimes futurs ren\u00e9gats, le KPD en ayant tr\u00e8s peu compt\u00e9, Annie Lacroix-Riz];<\/li>\n<li>Willi Kasper, chef du groupe parlementaire au Landtag prussien<\/li>\n<li>Ernst Scheller, Anton Jadasch, [Fritz] Selbmann, Willi Kunz, etc.<\/li>\n<\/ul>\n<p>D\u2019autres ont cherch\u00e9 \u00e0 gagner l\u2019\u00e9tranger. Leur conduite a \u00e9t\u00e9 s\u00e9v\u00e8rement jug\u00e9e par la Troisi\u00e8me Internationale, qui voit en eux des \u201cd\u00e9serteurs\u201d. Ceux qui se sont r\u00e9fugi\u00e9s en Russie ont re\u00e7u le conseil de retourner \u00e0 leur poste et de continuer la lutte ill\u00e9galement. D\u2019autres ayant r\u00e9ussi \u00e0 franchir les fronti\u00e8res occidentales du Reich, ont \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s \u00e0 rentrer en Allemagne. Ceux qui s\u2019y sont refus\u00e9s, ont \u00e9t\u00e9 exclus du parti. Ainsi \u00e0 la fin du mois d\u2019avril, l\u2019<em>Arbeiter Zeitung<\/em>, organe communiste de Sarrebruck, a publi\u00e9 l\u2019avis ci-apr\u00e8s\u00a0: <em>\u201cLe district Bade-Palatinat nous demande de publier l\u2019exclusion suivante\u00a0: le d\u00e9put\u00e9 au Reichstag Bennedom-Kusel, install\u00e9 depuis quelques semaines en Sarre et ayant re\u00e7u de la direction du district l\u2019ordre de rentrer en Allemagne, n\u2019a pas d\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00e0 cette invitation. Il a \u00e9t\u00e9 exclu du parti communiste allemand pour l\u00e2chet\u00e9 devant l\u2019ennemi de classe\u201d.<\/em><\/p>\n<p>Quelles t\u00e2ches donc propose-t-on aux chefs rest\u00e9s \u00e0 leur poste? Les voici, telles qu\u2019elles sont d\u00e9finies par le Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de la Troisi\u00e8me Internationale\u00a0: a) D\u00e9velopper les organisations ill\u00e9gales; b) \u00c9tendre le r\u00e9seau de la presse ill\u00e9gale du parti; c) Noyauter au maximum les organisations des partis adverses; d) Agir principalement dans les usines.<\/p>\n<p>Tout cela \u00e9videmment ne manque pas d\u2019allure. Mais les r\u00e9sultats ne sont pas ce que de telles dispositions pourraient laisser croire. La n\u00e9cessit\u00e9 o\u00f9 se trouvent les dirigeants rest\u00e9s \u00e0 leur poste de se cacher et de travailler clandestinement r\u00e9duit leur action \u00e0 tr\u00e8s peu de chose, et il est m\u00eame douteux que leur travail puisse se prolonger longtemps en pr\u00e9sence des recherches d\u2019une police d\u00e9velopp\u00e9e \u00e0 l\u2019extr\u00eame. Sans doute la presse communiste \u00e9trang\u00e8re annonce-t-elle \u00e0 grand fracas que les Services hitl\u00e9riens ont saisi des exemplaires de journaux ou de brochures \u00e9dit\u00e9s clandestinement, ce qui tendrait \u00e0 d\u00e9montrer qu\u2019une abondante litt\u00e9raire r\u00e9volutionnaire circule sous le manteau. Mais la plupart de ces saisies remontent aux premiers jours d\u2019avril, et le dernier num\u00e9ro de la <em>Rote Fahne<\/em> (journal du KPD) ill\u00e9gale est du 15\u00a0avril. S\u2019il a \u00e9t\u00e9 tir\u00e9, il est douteux qu\u2019il ait \u00e9t\u00e9 beaucoup plus r\u00e9pandu. On signale aussi que des manifestations d\u2019usines ont eu lieu, mais les derni\u00e8res sont du mois de mars. Certains \u201cconseils d\u2019exploitation\u201d (<em>Betriebsraete<\/em>) enfin, compos\u00e9s d\u2019\u00e9l\u00e9ments de gauche, auraient \u00e9t\u00e9 r\u00e9\u00e9lus lors du dernier renouvellement, mais ce renouvellement a eu lieu il y a plus d\u2019un mois et aucune r\u00e9action ne s\u2019est produite devant les mesures de police imm\u00e9diatement prises contre les <em>Betriebsraete<\/em> dont il s\u2019agit.<\/p>\n<p>Au surplus, les chefs communistes ne peuvent dissimuler enti\u00e8rement qu\u2019une grande partie de leurs troupes les ont quitt\u00e9s ou sont d\u00e9courag\u00e9es. Le militant Erich, l\u2019un des dirigeants de la <em>Rote Gewerkschaft<\/em> (organisation syndicale rouge) \u00e9crit lui-m\u00eame dans la <em>Rundschau<\/em>, bulletin maintenant \u00e9dit\u00e9 \u00e0 B\u00e2le\u00a0: \u201cLa <em>Rote Gewerkschaftsorganisation<\/em> [RGO] a extr\u00eamement souffert de la terreur fasciste. Cette terreur a eu pour effet qu\u2019une partie de nos camarades ont quitt\u00e9 nos drapeaux et que d\u2019autres ont adopt\u00e9 une attitude absolument passive.\u201d<\/p>\n<p>Si les communistes qui, r\u00e9p\u00e9tons-le, ont fait preuve d\u2019un cran incontestable jusqu\u2019en mars dernier, en sont l\u00e0, on s\u2019imagine ais\u00e9ment jusqu\u2019o\u00f9 sont all\u00e9s les socialistes. Les communistes ont toujours reproch\u00e9 aux socialistes d\u2019\u00eatre anim\u00e9s d\u2019un esprit petit-bourgeois et, dans un certain sens, conservateur. Rien n\u2019est plus vrai. Apr\u00e8s avoir cueilli sans dommage en 1918 les fruits d\u2019une r\u00e9volution arriv\u00e9e \u00e0 maturit\u00e9, les socialistes allemands n\u2019ont jamais su qu\u2019\u00e9difier des constructions bureaucratiques, qui pouvaient faire illusion \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et dont la propagande de la Deuxi\u00e8me Internationale n\u2019a pas manqu\u00e9 de se servir, mais qui, en r\u00e9alit\u00e9, sans \u00e2me et parfaitement incapables de briser le cours des \u00e9v\u00e9nements trop pr\u00e9visibles.<\/p>\n<p>Ces \u00e9v\u00e9nements ont, du reste, d\u00e9montr\u00e9 que les chefs, sur les d\u00e9clarations desquels se fondaient les espoirs d\u2019une grande partie de l\u2019opinion \u00e9trang\u00e8re dans l\u2019avenir de la R\u00e9publique allemande, n\u2019avaient pas la foi. Ils n\u2019ont su que s\u2019incliner ou fuir comme Braun, Grzesinski, Breitscheid, Dittmann, Crisprein, Noske, Bergemann \u00e0 moins qu\u2019ils n\u2019apportassent au nouveau r\u00e9gime une adh\u00e9sion plus ou moins voil\u00e9e comme Leipart, Grassmann, Tarnow, Wels, Stampfer, Hilferding. On se souvient de la soumission sensationnelle du chef socialiste Wels et de la d\u00e9claration en date du 21\u00a0mars du comit\u00e9 directeur de l\u2019<em>Allgemeiner Deutscher Gewerkschaftsbund<\/em> (Conf\u00e9d\u00e9ration g\u00e9n\u00e9rale du Travail) consentant \u00e0 son incorporation \u2013 repouss\u00e9e avec m\u00e9pris \u2013 \u00e0 l\u2019organisation syndicale du III\u00e8 Reich. La f\u00e9d\u00e9ration des employ\u00e9s socialistes (<em>Afa Bund<\/em>) et la F\u00e9d\u00e9ration des fonctionnaires socialistes (l\u2019<em>Allgemeiner Deutscher Beamter Bund<\/em>) ont suivi le m\u00eame chemin et les treize cent mille membres des organisations sportives ouvri\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 livr\u00e9s par leurs chefs au r\u00e9gime hitl\u00e9rien. Il n\u2019est pas jusqu\u2019\u00e0 la <em>Reichsbanner<\/em>, faite pour d\u00e9fendre la R\u00e9publique, qui ne soit spontan\u00e9ment tomb\u00e9e en morceaux. Elle comprenait pourtant un million de membres encadr\u00e9s. Mais ceux qui connaissaient les affaires d\u2019Allemagne savaient fort bien que la combativit\u00e9 de ces troupes, conduites par des bureaucrates, \u00e9tait \u00e0 peu pr\u00e8s nulle et qu\u2019il \u00e9tait imprudent de faire fond sur elle. La<em>Reichsbanner<\/em> avait re\u00e7u de ses adversaires le surnom de <em>Papenhelm<\/em> (Casque de carton). Quant aux sections de la Jeunesse socialiste, elles ont \u00e9t\u00e9 transform\u00e9es en d\u2019innocentes associations de tourisme, malgr\u00e9 une m\u00e9ritoire opposition d\u2019Erich Schmitt, chef de la section de Berlin.<\/p>\n<p>La soumission totale de la social-d\u00e9mocratie n\u2019a, du reste, pas emp\u00each\u00e9 enti\u00e8rement les repr\u00e9sailles et les sanctions. L\u2019ex-ministre Sollmann a \u00e9t\u00e9 s\u00e9rieusement malmen\u00e9 \u00e0 Cologne. Les leaders syndicalistes Leipart, Grassmann et Wissel ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s, bien qu\u2019ils eussent donn\u00e9 leur adh\u00e9sion aux entreprises hitl\u00e9riennes. Le chef de la Reichsbanner, Holtermann en fuite, est recherch\u00e9. C\u2019est pourtant sous son administration exactement le 6\u00a0avril que le district Berlin-Brandebourg de la Reichsbanner avait d\u00e9fini l\u2019attitude de l\u2019organisation d\u2019une mani\u00e8re qui devait, de toute \u00e9vidence, donner satisfaction aux Nazis. Ce district avait, en effet, le 6 avril adress\u00e9 \u00e0 ses sections une circulaire o\u00f9 il est dit en particulier\u00a0: \u201cIl nous reste trois possibilit\u00e9s\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>\u00a0L\u2019emploi des m\u00e9thodes violentes des communistes. Mais il est clair pour chacun de nos camarades que ces m\u00e9thodes sont criminelles et qu\u2019elles doivent \u00eatre laiss\u00e9es de c\u00f4t\u00e9.<\/li>\n<li>\u00a0L\u2019abstention.<\/li>\n<li>\u00a0La recherche d\u2019une collaboration dans le cadre de la vie pratique.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Depuis des ann\u00e9es nous portons dans nos c\u0153urs la foi en l\u2019Allemagne et en l\u2019avenir de l\u2019Allemagne. C\u2019est pourquoi nous r\u00e9clamerons notre place dans la vie nouvelle de l\u2019\u00c9tat allemand et nous ferons pour l\u2019Allemagne ce qu\u2019elle attend de nous\u00a0: notre devoir. Le comit\u00e9 directeur n\u00e9gocie avec les services comp\u00e9tents au sujet de l\u2019activit\u00e9 de notre association. Les points suivants sont fondamentaux\u00a0: culture de l\u2019amiti\u00e9; aide aux anciens combattants; \u00e9ducation de la jeunesse, pr\u00e9paration militaire; service du travail volontaire.\u201d Voil\u00e0 tout ce qu\u2019a pu trouver une organisation d\u2019autod\u00e9fense socialiste, faite pour prot\u00e9ger le r\u00e9gime r\u00e9publicain, au moment o\u00f9 ce r\u00e9gime s\u2019effondre.<\/p>\n<p>M\u00eame attitude de l\u2019organisation sportive ouvri\u00e8re. La <em>Zentral Kommission f\u00fcr Arbeitersport und Koerperpflege<\/em> a fait para\u00eetre la d\u00e9claration suivante\u00a0: \u201cLa Commission centrale sportive ouvri\u00e8re affirme qu\u2019elle est pr\u00eate \u00e0 collaborer loyalement sous le r\u00e9gime national au bien du peuple. Elle est d\u2019avis que cette collaboration doit avoir lieu sur une base neutre. Les associations sportives ouvri\u00e8res sont dispos\u00e9es \u00e0 s\u2019incorporer sans r\u00e9serve dans l\u2019organisation sportive de l\u2019\u00c9tat et \u00e0 faire pour cela tous les sacrifices n\u00e9cessaires. Elles font appel \u00e0 l\u2019esprit chevaleresque du nouveau gouvernement, sans renier l\u00e2chement leur ancienne position. Pour elles, faire du sport \u00e9tait servir le peuple. Il en sera encore ainsi \u00e0 l\u2019avenir\u201d.<\/p>\n<p>Tant de platitude ne devait servir \u00e0 rien. La collaboration offerte a \u00e9t\u00e9 d\u00e9daign\u00e9e, les organisations balay\u00e9es, les chefs \u00e9cart\u00e9s et m\u00e9pris\u00e9s. Le nouveau r\u00e9gime fait tout par lui-m\u00eame et construit tout \u00e0 partir de sa base. Mais les troupes socialistes? Les troupes pouvaient-elles aller contre la consigne d\u2019en haut? Que l\u2019attitude des chefs ait pu irriter quelques militants, cela est possible. Mais ceux-ci ont \u00e9t\u00e9 impuissants au milieu du d\u00e9couragement et de la l\u00e2chet\u00e9 universels, et nulle r\u00e9action, si minime soit-elle, ne s\u2019est produite. Il est \u00e9vident que la trahison des chefs a bris\u00e9 toutes les \u00e9nergies dispos\u00e9es \u00e0 s\u2019employer. Elle les a bris\u00e9es aussi pour l\u2019avenir et elle a \u00e9t\u00e9 ainsi plus n\u00e9faste pour le r\u00e9publicanisme et le lib\u00e9ralisme allemands que les batailles malheureuses qui auraient pu \u00eatre livr\u00e9es.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Surexploitation ouvri\u00e8re en Allemagne, f\u00e9vrier 1933-f\u00e9vrier 1939<\/strong><\/p>\n<p>Source, RG Pr\u00e9fecture de police, Information, 20\u00a0f\u00e9vrier 1939, BA 2140, Allemagne, 1928-1947, Archives de la Pr\u00e9fecture de police<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les ouvriers allemands travaillant dans l\u2019industrie de guerre sont soumis \u00e0 une discipline particuli\u00e8rement s\u00e9v\u00e8re.<\/p>\n<p>Les ouvriers des usines de la chimie sont soumis \u00e0 la loi militaire [. des] r\u00e8glements des grandes entreprises de l\u2019IG Farben. Dans les usines Leuna une v\u00e9ritable arm\u00e9e d\u2019agents de la Gestapo et de mouchards professionnels surveille les ouvriers pendant et apr\u00e8s le travail. Il est interdit aux ouvriers de p\u00e9n\u00e9trer dans d\u2019autres ateliers que ceux o\u00f9 ils travaillent. Certains ateliers sont m\u00eame interdits aux contrema\u00eetres et aux ing\u00e9nieurs. Chaque ouvrier doit prendre l\u2019engagement, par \u00e9crit, de ne rien dire sur son travail \u00e0 l\u2019usine. Le r\u00e8glement de l\u2019usine contient un syst\u00e8me de sanctions impliquant jusqu\u2019\u00e0 la peine de mort.<\/p>\n<p>L\u2019industrie chimique a pris une extension \u00e9norme en raison des pr\u00e9paratifs de guerre du fascisme hitl\u00e9rien, \u00e0 preuve les immenses constructions d\u2019ateliers et d\u2019usines qui ont \u00e9t\u00e9 entreprises. Depuis 1935, le nombre des entreprises de l\u2019industrie chimique a augment\u00e9 de 2\u00a0520, le nombre des ouvriers a augment\u00e9 de 131\u00a0415 de sorte qu\u2019en 1938 cette industrie a occup\u00e9 plus de 500\u00a0000 personnes.<\/p>\n<p>Le plan quadriennal a notamment entra\u00een\u00e9 une augmentation des fabrications des produits de remplacement, gr\u00e2ce aux subventions extraordinaires de l\u2019\u00c9tat. En 1938, l\u2019Allemagne a produit 165\u00a0000 tonnes de laine v\u00e9g\u00e9tale, le Japon 130\u00a0000, l\u2019Italie 100\u00a0000; cela signifie que les puissances de l\u2019Axe totalisent les 81% de la production mondiale qui s\u2019est \u00e9lev\u00e9e \u00e0 440\u00a0000 tonnes.<\/p>\n<p>Il n\u2019est pas \u00e9tonnant que l\u2019industrie chimique ait pu enregistrer ces derni\u00e8res ann\u00e9es des profits fort consid\u00e9rables malgr\u00e9 le fait que les produits de remplacement ne sont pas rentables. Les IG Farben ont enregistr\u00e9 un profit net [d\u00e9clar\u00e9] de<\/p>\n<ul>\n<li>49,14 millions en 1933<\/li>\n<li>50,98 millions en 1934<\/li>\n<li>51,44 millions en 1935<\/li>\n<li>55,40 millions en 1936.<\/li>\n<\/ul>\n<p>En tenant compte de certains autres postes camoufl\u00e9s, on aboutit \u00e0 une somme de 1\u00a0500 millions de marks pour les premi\u00e8res quatre ann\u00e9es du r\u00e9gime hitl\u00e9rien.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la production augment\u00e9e et l\u2019effort beaucoup plus grand qu\u2019on demande aux ouvriers, ceux-ci ont vu baisser le salaire r\u00e9el. Les statistiques nazies font l\u2019aveu que le salaire annuel d\u2019un ouvrier de la chimie \u00e9tait en 1930, en moyenne de 2\u00a0543 R.M. contre 2\u00a0193 en 1936. Mais ce ne sont que des salaires bruts. Il faut en d\u00e9duire des retenues de 20 \u00e0 25%, ainsi que les \u201cdons volontaires\u201d qu\u2019on impose aux ouvriers. Avec ces salaires on n\u2019arrive pas \u00e0 joindre les deux bouts. Les tribunaux ont constat\u00e9 que beaucoup d\u2019ouvriers employ\u00e9s aux usines d\u2019explosifs \u00e0 Coswig-Anhalt sont oblig\u00e9s de travailler aux heures libres comme gar\u00e7ons ou comme musiciens. Le chef de l\u2019entreprise a d\u00e9pos\u00e9 devant le m\u00eame tribunal que les \u201couvriers venaient au travail apr\u00e8s avoir d\u00e9j\u00e0 travaill\u00e9 ailleurs\u201d, c\u2019est \u00e0 dire qu\u2019ils travaillaient 16 heures de suite.<\/p>\n<p>[Le Dr Ley a reconnu dans un discours prononc\u00e9 \u00e0 Essen le 30 octobre\u00a0:] \u201cJusqu\u2019ici nous avons eu dans chaque entreprise une augmentation de l\u2019effort d\u2019au moins 30%. Dans une grande fabrique de caoutchouc, l\u2019un des plus grandes, nous avons eu une augmentation de la production de 60%. Les gens \u00e9taient fatigu\u00e9s et s\u2019\u00e9croulaient\u2026 Il s\u2019agit de la fabrique Phoenix de Hambourg\u201d.<\/p>\n<p>Cette exploitation accrue, cette cadence exag\u00e9r\u00e9e ainsi que les bas salaires, les mauvaises conditions de travail, la p\u00e9nurie des vivres provoquent une augmentation des accidents de travail. Le Front du travail, section chimie, avoue que depuis 1933 le nombre des accidents de travail n\u2019a cess\u00e9 de cro\u00eetre. On en a compt\u00e9 en 1936 32\u00a0453 dont 144 mortels, en 1937 40\u00a0225 dont 188 mortels et ces chiffres ont encore augment\u00e9 en 1938. Il y a eu en effet plus de 200 accidents mortels. Malgr\u00e9 cet \u00e9tat de choses, on veut obtenir une augmentation du rendement par des nouvelles mesures de rationalisation. Cette exploitation \u00e9hont\u00e9e se heurte, cependant, \u00e0 une r\u00e9sistance grandissante.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>NOTES :<\/strong><\/p>\n<p><a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.initiative-communiste.fr\/articles\/culture-debats\/fascisme-annie-lacroix-riz\/?ct=t%28RSS_EMAIL_CAMPAIGN%29#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><\/a><a >[1]<\/a> Pierre Milza, <em>Les fascismes, <\/em>Paris, Points Seuil, 1991.<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.initiative-communiste.fr\/articles\/culture-debats\/fascisme-annie-lacroix-riz\/?ct=t%28RSS_EMAIL_CAMPAIGN%29#_ftnref2\" name=\"_ftn2\"><\/a><a >[2]<\/a> Gerald Feldman,<em> Army, Industry and Labour in Germany, 1914-1918<\/em>, Princeton, 1966, chef-d\u2019\u0153uvre non traduit en fran\u00e7ais; Gilbert Badia, <em>Histoire de l\u2019Allemagne contemporaine 1933-1962<\/em>, Paris, \u00c9ditions sociales, 1962, et <em>Les spartakistes, 1918: l\u2019Allemagne en r\u00e9volution<\/em>, Paris, Julliard, 1966.<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.initiative-communiste.fr\/articles\/culture-debats\/fascisme-annie-lacroix-riz\/?ct=t%28RSS_EMAIL_CAMPAIGN%29#_ftnref3\" name=\"_ftn3\"><\/a><a >[3]<\/a> RG Pr\u00e9fecture de police, sur \u00ab\u00a0Les \u00e9v\u00e9nements d\u2019Allemagne\u00a0\u00bb 8\u00a0mai, et RG S\u00fbret\u00e9 nationale SN\u00a0JC5. A.\u00a04509, Paris, 18\u00a0mai 1933, F7 (police g\u00e9n\u00e9rale), vol.\u00a013430, Allemagne, janvier-juin 1933, Archives nationales, second document publi\u00e9 ci-dessous; et Derbent, <em>La r\u00e9sistance communiste allemande<\/em>, Bruxelles, Aden, 2008 (et transcription en ligne).<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.initiative-communiste.fr\/articles\/culture-debats\/fascisme-annie-lacroix-riz\/?ct=t%28RSS_EMAIL_CAMPAIGN%29#_ftnref4\" name=\"_ftn4\"><\/a><a >[4]<\/a> Badia, <em>Histoire de l\u2019Allemagne<\/em>; Lacroix-Riz, <em>Industrialisation et soci\u00e9t\u00e9s (1880-1970). L\u2019Allemagne<\/em>, Paris, Ellipses, 1997; comparaison fascisme fran\u00e7ais et allemand, <em>Le<\/em> <em>Choix de la d\u00e9faite\u00a0: les \u00e9lites fran\u00e7aises dans les ann\u00e9es 1930<\/em>, Paris, Armand Colin, 2010, et <em>De Munich \u00e0 Vichy, l\u2019assassinat de la 3<sup>e<\/sup>\u00a0R\u00e9publique, 1938-1940<\/em>, Paris, Armand Colin, 2008; sur Tarnow, <em>Scissions syndicales, r\u00e9formisme et imp\u00e9rialismes dominants<\/em>, Montreuil, Le Temps des cerises, 2015, p.\u00a0172, 207-209 et 232. Le document de 1939 publi\u00e9 ci-dessous montre l\u2019effet ravageur sur les salaires et conditions de vie populaires du triomphe patronal de 1933.<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.investigaction.net\/pourquoi-le-fascisme\/\" >Go to Original \u2013 investigaction.net<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Remarques contemporaines sur la face non id\u00e9ologique du fascisme : crise de surproduction et guerre aux salaires.<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[46],"tags":[],"class_list":["post-77702","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-original-languages"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/77702","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=77702"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/77702\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=77702"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=77702"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.transcend.org\/tms\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=77702"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}