(Français) Google est ton ami… Ou pas, en fait

ORIGINAL LANGUAGES, 26 Aug 2019

Philippe Huysmans | Le Vilain Petit Canard – TRANSCEND Media Service

« Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument. »
— Lord Acton

18 août 2019Tous les éditeurs de médias alternatifs pourraient vous le dire, Google pratique une censure féroce, sous couvert de lutter contre les « fake news ».  Ce n’est même plus un secret de polichinelle, chacun peut bien le voir.  Voici presque trois ans, un ami qui se trouve être aussi un éditeur de presse m’avait demandé si je serais prêt à écrire un bouquin sur le sujet.  Après avoir examiné la question de plus près, je m’étais aperçu qu’on manquait cruellement d’éléments de preuve pour fonder un dossier, et que du coup, ç’aurait été purement spéculatif, et je n’aime pas brasser de l’air.

Mais aujourd’hui, on a les preuves

La première question que vous devriez vous poser, c’est de savoir pourquoi la presse mainstream n’en a pas parlé, et pourquoi ce qui est une révélation explosive est passée inaperçue de ce coté-ci de l’Atlantique ?  J’y vois personnellement deux raisons :

  • Le dossier parle de manipulation et de censure exercée par Google, mais qui sert d’agrégateur des sources principales d’information à destination des agences de presse et des rédactions du monde entier ?  Google, qui a pratiqué une politique de l’édredon digne de l’époque soviétique.
  • Dans le cadre de « partenariats » dans la lutte contre les fake news, Google procure aux grands médias nationaux des revenus non négligeables, là où leur revenus propres sont en constante régression.  Ils sont sous assistance vitale à coups de subventions publiques et d’injection de capitaux par les millionnaires qui les possèdent.

Ne vous y trompez pas, l’affaire est hautement explosive et elle a suscité un scandale monumental aux États-Unis, au point de donner lieu à plusieurs auditions aussi bien devant le Sénat que devant le Congrès.   Étrange qu’en Europe, personne ou presque1 n’en ait parlé ?  Et ceux qui ont évoqué la convocation du CEO de Google devant le Congrès ont soigneusement évité d’évoquer ce qui avait motivé ces enquêtes parlementaires.    Les médias nous présentent l’affaire comme s’il avait été bien clair pour tout le monde que « non non, Google ne favorise pas le camp démocrate au détriment du camp républicain ».

Tissu de mensonges

Aujourd’hui on le sait, Sundar Pichai, CEO de Google a menti dans sa déclaration sous serment, et il y a au moins deux anciens ingénieurs en développement de chez Google qui l’affirment, preuves à la clé.  Mais personne n’a mentionné ce fait dans les médias de ce côté-ci de l’Atlantique !

Pendant deux ans on vous a abreuvés d’une histoire à dormir debout concernant l’ingérence « russe » dans le processus électoral américain, dossier qui s’est révélé totalement bidon, mais on ne parle pas des actions répétées de Google visant à influencer ce même processus électoral.  Apparemment, il y aurait des « gentilles » ingérences, donc foncièrement « bonnes » et puis les autres, forcément criminelles, même s’il s’avère qu’elles n’ont jamais existé.

Zachary Vorhies

Connaissez-vous Zachary Vorhies ?

Si les médias et Google ont bien fait leur boulot, aucune chance que vous ayez jamais entendu parler de lui.  C’est un Ingénieur développeur senior qui a bossé durant huit années chez Google, jusqu’à très récemment.   En juin dernier, il avait accordé une interview au journaliste vedette de la fondation Projet Veritas, Une ONG de journalisme d’investigation fondée par James O’Keefe et proche des idées républicaines.  Dans cet entretien à visage dissimulé, il accusait Google de biaiser volontairement les résultats renvoyés par les applications et de promouvoir l’agenda démocrate tout en rétrogradant les résultats présentant les républicains sous un jour favorable.

Nous le verrons, c’est bien plus grave que cela en fait : non seulement ils manipulent les résultats de recherche en prenant fait et cause pour le parti démocrate, mais leur ambition n’est rien moins que de sculpter l’information pour faire ressortir leur propre version de ce qu’on devrait regarder comme une représentation objective de la réalité.  J’en donnerai un exemple concret un peu plus loin, et je vous garantis qu’on nage en plein univers orwéllien, peuplé par des « social justice warriors » qui se prendraient plus ou moins pour Dieu le père.

Et ne vous laissez pas abuser par les inévitables tentatives de discréditer le lanceur d’alerte qui ne manqueront pas d’être reprises en coeur par les médias à la botte.  Peu m’importent les opinions de l’intéressé, son discours est cohérent, les faits semblent bien lui donner raison, et si les documents qu’il a publiés sont vrais (même Google ne prétend pas qu’ils seraient faux), on a du mouron à se faire, et il est grand temps de siffler la fin de la récréation.

Mais revenons à nos moutons : peu après la publication de cette première interview, Zach Vorhies n’était retourné au boulot que pour s’entendre dire qu’il était viré, ils l’avaient identifié comme étant le lanceur d’alerte masqué.  Toutefois, l’affaire ne s’arrête pas là.  Dès le lendemain, un cadre de Google téléphonera à la police pour leur demander de procéder à un « mental wellness check » : en gros, ils ont dit aux flics qu’ils pensaient qu’un de leurs employés était devenu amok et qu’ils craignaient pour sa sécurité… ou celles des autres.  La police, prenant ceci très au sérieux (trop ?), n’y est pas allée par quatre chemins, et l’affaire se termine par une drôle d’arrestation administrative filmée, semble-t-il, par les flics eux-mêmes.  Appelons ceci une tentative d’intimidation, si vous voulez, et maintenant imaginez une seconde comment cela se serait terminé si Vorhies avait tout simplement tenté de s’enfuir ou s’était rebellé ?  On en a vu mourir des mains des flics pour beaucoup moins que ça.

Notez que tout ceci se retrouve dans les deux vidéos d’interview dont les liens sont données ci-dessous :

Craignant désormais pour sa peau, Zach Vorhies a fait le choix de publier 300 mégas de documents qu’il avait glânés sur l’intranet de Google, prouvant ses assertions.  Dès lors, pensait-il, il n’y aurait plus grand intérêt à le « suicider ».

Pour télécharger l’ensemble des documents (fichier zip), cliquez sur ce lien, puis dans la fenêtre qui s’ouvrira, choisissez l’option « Can’t use the app », qui vous donnera accès au fichier sans avoir à passer par une application propriétaire.

Ce que contient le dossier

Tout d’abord, la preuve formelle que Sundai Pichar est un menteur.  L’un des fichiers archivés contient une liste noire de tous les sites qui ne peuvent en aucun cas apparaître dans les « top stories » de Google Now lorsqu’on le consulte à partir d’un téléphone Android.  Et devinez un peu de quel bord sont les sites d’information qui s’y trouvent ?

Dans une autre liste, intitulée Youtube Controversial Twiddler Query Blacklist, on trouve toutes les requêtes qui sur Youtube doivent déclencher un « trigger » appelé Twinddler qui amènera les vidéos au top de ces requêtes à être évaluées par des membres du personnel, pour être ensuite soit déclassées soit supprimées.   On y retrouve des requêtes comme « port authority » ou « bnai brith », ou encore « planned parenthood ».    Pas de biais, on vous dit.

Jen Gennai, reine des tourtes

Au cours de l’enquête, les journalistes ont piégé Jen Gennai, qui se trouve diriger le service « Innovation Responsable » de Google, seulement quatre échelons en dessous de Sundai Pichar.  Au cours de ce dîner, filmé en caméra cachée, elle déclare2 :

Elizabeth Warren dit que nous devrions scinder Google — je l’aime beaucoup mais elle est dans l’erreur —  cela ne va rien améliorer, ça aggravera le problème, car maintenant toutes ces petites entreprises, qui n’ont pas d’aussi grandes ressources que nous seront en charge d’empêcher la prochaine situation Trump, une petite entreprise ne pourrait pas le faire.

Donc Google aurait pour mission d’empêcher l’élection d’un président républicain?  Oh ben ça, c’est sûrement pas une tentative de manipulation du processus électoral, n’est-ce pas ?

Covfeve

Le 31 mai 2017, Donald Trump envoyait le un tweet se terminant par un terme énigmatique.

Despite the constant negative press covfeve

Sur lequel la presse se jeta immédiatement pour tourner l’intéressé en dérision, en dépit du fait que le porte-parole de Trump avait déclaré peu après que Trump et son entourage savaient parfaitement ce que covfefe voulait dire.  Rien n’y fît et les médias du monde entier s’en donnèrent à coeur joie pour nous dire comment le président Trump il est ridicule…  L’histoire s’arrête là ?  Pas vraiment !

Chez Google, ils apprennent que leur propre application Google translate traduisait (de manière erronée) Cov’fe’fe par « I will stand up »

Traduction du tweet de Trump Mafia :

cov fe fe en arabe signifie « I will stand up », ce qui donne « en dépit d’une presse négative, je résisterai ».

Et c’est là que ça devient épique…  Sachant cela, que va faire Google ?  Il va s’arranger pour que le moteur de recherche ne renvoie plus ce résultat. Mieux, quand un utilisateur tapera le mot en question dans l’interface de Google Translate, il recevra ceci :

(¯\_(ツ)_/¯)

C’est que qu’on appelle un oeuf de Pâques (Easter egg), et c’est supposé être drôle, mais tout ce que j’y vois, moi, c’est une manière d’attaquer Donald Trump.  Comment Google pourrait-il justifier que ceci a été fait de bonne foi ?

C’est très clairement évoqué dans le document intitulé ‘covfefe’ Translate Easter egg – Google Docs

Nous traduisons actuellement la requête « cov fe’fe » de l’arabe en anglais en « I will stand up ».  Ce qui a créé une certaine confusion cette semaine alors que les utilisateurs essayaient de traduire le tweet de Donald Trump de mercredi soir qui contenait le mot « covfefe ».  Puisque le mot n’a pas de véritable sens, nous voulons faire un oeuf de Pâques qui traduit « cov fe’fe » et « covfefe » en « (¯ \ _ () _ / ¯) » sur Google Translate.

Sculpter l’information

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