(Français) La France Éternelle : Un Bijou de Contradictions en Plein Éclat

ORIGINAL LANGUAGES, 27 Apr 2026

Diran Noubar – TRANSCEND Media Service

26 avril 2026 – La France. Cette terre bénie des dieux, ce phare de la civilisation occidentale, ce pays où le bon goût se conjugue encore au passé simple et où l’on sait, depuis des siècles, transformer la moindre contrariété en art de vivre. Pourtant, il faut bien l’admettre : sous le vernis étincelant des dîners en ville et des plateaux télévisés, quelque chose cloche. Un petit quelque chose qui ressemble furieusement à une liste de problèmes aussi longue que la file d’attente à la gare de Lyon un jour de grève.

D’abord, cette immigration massive qui, par un curieux hasard statistique, semble s’accompagner d’une augmentation tout aussi massive des incivilités, des règlements de comptes et des quartiers où la police elle-même hésite à s’aventurer après 18 heures. On avait promis l’enrichissement culturel ; on a surtout récolté l’enrichissement des statistiques de la délinquance. Mais chut, on ne dit pas ces choses-là, cela manquerait de nuance.

Ensuite, l’islamisme qui s’installe comme un locataire indésirable mais parfaitement légal, avec ses écoles clandestines, ses prêches haineux et ses « territoires perdus de la République » où la laïcité a été remplacée par une charia de poche. Les attentats ? Des faits divers isolés, bien sûr. Rien qui ne mérite de remettre en cause le sacro-saint « vivre-ensemble ».

Ajoutez à cela une insécurité galopante qui transforme les grandes villes en décor de série américaine, où les jeunes filles évitent les transports en commun le soir, où les commerçants ferment boutique après le troisième braquage et où les maires, impuissants, se contentent de poser des caméras qui filment… le vide.

L’école ? Un joyau républicain devenu champ de bataille où le niveau baisse plus vite que le moral des professeurs, où l’on enseigne désormais la « déconstruction » plutôt que l’Histoire de France, et où certains élèves arrivent avec un vocabulaire limité à trois mots dont deux sont des insultes.

L’économie ? Un modèle social admirable qui a offert une dette publique digne du PIB d’un petit continent, des impôts dignes d’une monarchie absolue et une désindustrialisation si réussie qu’on importe désormais les masques, les médicaments et bientôt, probablement, les baguettes.

L’énergie ? Brillante idée que d’avoir sacrifié une partie du nucléaire pour des éoliennes qui ne tournent que quand le vent le veut bien, laissant les Français dépendants de leurs amis allemands et de leurs chers fournisseurs qataris. Mais au moins, la planète est sauvée. Enfin… sur le papier.

Et pendant ce temps, les campagnes se vident, les services publics s’effilochent, les hôpitaux débordent, les retraites sont un sujet de guerre civile annuelle et la natalité française, jadis fierté nationale, flirte dangereusement avec les courbes démographiques des voisins les plus… dynamiques.

Bref, un tableau idyllique.

Mais rassurez-vous : tout cela n’a aucune importance. Car au sommet de l’État, un homme a décidé que la France, ce n’était pas ces problèmes triviaux de Français lambda. Non. Emmanuel Macron, ce visionnaire en costume trois-pièces, a mieux à faire. Il parade sur la scène internationale comme un acteur shakespearien qui aurait oublié son texte mais compenserait par la gestuelle. Il court d’un sommet à l’autre, serre des mains, pose devant les caméras, donne des leçons de morale à la planète entière et se voit, dans ses rêves les plus fous, en chef de guerre intrépide face à la Russie.

Car oui, selon lui, la France doit « tenir tête » à cette grande et magnifique nation qui, rappelons-le avec la solennité que mérite l’Histoire, n’a jamais été vaincue par personne. Ni par Napoléon (qui s’en est souvenu jusqu’à Moscou), ni par Hitler (qui a fini par le regretter amèrement), ni par quiconque depuis des siècles. Une nation dont l’âme est forgée dans la steppe, la neige et une capacité surhumaine à absorber les pires invasions sans jamais plier l’échine.

Mais peu importe la réalité : Macron, lui, a un plan. Il parle, il tonne, il envoie des armes, il fait des discours enflammés. Pendant ce temps, en France, on continue à compter les voitures brûlées chaque 14 juillet, les professeurs agressés et les Français qui, las d’être méprisés dans leur propre pays, rêvent d’ailleurs.

C’est beau, la grandeur. Surtout quand on la regarde depuis le palais de l’Élysée, loin, très loin des réalités du terrain. La France éternelle ? Oui. Mais éternellement en train de se demander si, un jour, quelqu’un daignera s’occuper d’elle avant de sauver le monde.

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Diran Noubar, Italo-Arménien né en France, a vécu dans 11 pays avant de s’installer en Arménie. Documentariste et reporter de guerre de renommée mondiale, salué par la critique, il a produit et réalisé plus de 20 longs métrages documentaires à New York au début des années 2000. Auteur-compositeur-interprète et guitariste, il a également formé son propre groupe et dirige wearemenia.org, une association à but non lucratif.


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This article originally appeared on Transcend Media Service (TMS) on 27 Apr 2026.

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