(Français) Réflexion médiatico-philosophique sur la désinformation

ORIGINAL LANGUAGES, 10 Aug 2026

Diran Noubar – TRANSCEND Media Service

1) Quand la Vérité Prend des Vacances Éternelles

Chers lecteurs, bienvenue dans l’ère de la post-vérité, où la désinformation a pris des proportions si hallucinantes qu’elle pourrait faire rougir un éléphant rose inventé par un influenceur en mal de likes. Imaginez : autrefois, pour propager un mensonge, il fallait au moins un pigeon voyageur ou un crieur public. Aujourd’hui, un simple tweet, une vidéo TikTok truquée ou un article de presse “sensationnel” suffit à transformer une rumeur en pandémie mondiale de bêtises. Entre la presse écrite qui court après les clics, la télé qui dramatise tout comme un soap opera, les réseaux sociaux qui nous enferment dans des bulles d’illusions, et les influenceurs qui vendraient leur âme pour un partenariat sponsorisé, la désinformation n’est plus un petit vice innocent – c’est une industrie florissante, une machine à laver les cerveaux en mode essorage turbo. Avec classe et une pointe d’ironie, plongeons dans cette comédie tragique, en riant jaune pour ne pas en pleurer. Parce que, franchement, si on ne rit pas de cette absurdité, on risque de finir par croire que la Terre est plate… ou pire, que les chats complotent pour dominer le monde.

Les Causes : Pourquoi la Vérité est-elle Devenue une Option Facultative ?

Commençons par les coupables, ces architectes du chaos informationnel qui font passer la désinformation pour un art moderne. D’abord, les algorithmes des réseaux sociaux : ces petits génies mathématiques conçus pour maximiser l’engagement, pas la vérité. Facebook, Twitter (pardon, X), Instagram – ils nous servent du contenu qui nous fait bouillir le sang ou nous fait fondre de rire, peu importe s’il est vrai. Résultat ? Des échos chambres où les opinions extrêmes se multiplient comme des lapins sous stéroïdes. Selon une étude de l’APA, la désinformation se propage parce qu’elle exploite nos biais cognitifs : on croit plus facilement ce qui confirme nos préjugés, surtout si ça provoque une émotion forte.  Ironique, non ? Ces plateformes, censées nous connecter, nous isolent dans des réalités alternatives où la vérité est persona non grata.

Ensuite, la presse écrite et la télé : ah, les gardiens autoproclamés de l’information ! Mais dans la course aux audiences, ils flirtent dangereusement avec le sensationnalisme. Souvenez-vous de la “fausse nouvelle” sur les armes de destruction massive en Irak en 2003 – un classique du genre, servi sur un plateau d’argent par des médias trop pressés de vérifier. Aujourd’hui, avec les coupes budgétaires, les journalistes courent après les scoops viraux, et voilà que la désinformation s’infiltre comme un invité indésirable à un mariage. Et les influenceurs ? Ces stars des réseaux qui influencent… eh bien, tout sauf la raison. Payés par des marques ou des gouvernements, ils propagent des “faits alternatifs” avec le sourire. Prenez les anti-vaxxers sur Instagram : un mélange de peur irrationnelle et de marketing déguisé, et hop, des millions croient que les vaccins transforment en aimants humains.

Enfin, les avancées technologiques : l’IA générative, les deepfakes, les bots. En 2024, la Russie a utilisé des deepfakes pour diffuser une fausse vidéo d’un officiel américain autorisant des frappes sur des villes russes.  Hilarant, si ce n’était pas terrifiant. Ces outils permettent de créer du mensonge à l’échelle industrielle, avec une efficacité qui ferait pâlir Goebbels, le maître de la propagande nazie. Les causes ? Une soif de pouvoir, d’argent, et une humanité trop paresseuse pour fact-checker. Comme le dit un rapport de l’ONU, la désinformation n’est pas un accident ; elle est intentionnelle, conçue pour tromper et nuire.

Les Conséquences : Du Rire aux Larmes, ou Comment un Mensonge Peut Détruire le Monde

Maintenant, passons aux ravages – parce que la désinformation n’est pas qu’une blague de potache ; elle a des effets dévastateurs dignes d’un film catastrophe hollywoodien. D’abord, la polarisation sociale : aux États-Unis, les fake news sur les élections de 2016 ont creusé un fossé entre démocrates et républicains, transformant des débats en guerres de tranchées. En Inde, des rumeurs sur WhatsApp ont mené à des lynchages collectifs en 2018 – des innocents accusés de vol d’enfants, basés sur… rien. Ironie du sort : la technologie qui nous unit nous divise plus que jamais.

Les conséquences sur la santé publique ? Catastrophiques. Pendant la pandémie de COVID-19, la désinformation sur les vaccins a coûté des vies : des millions ont refusé l’injection, croyant à des théories du complot sur des puces implantées par Bill Gates. Un rapport de l’OMS l’appelle une “infodémie” – une épidémie d’infos bidons qui a amplifié la vraie pandémie.  Et les élections ? En 2024, la Russie a financé des influenceurs américains pour propager des narratifs pro-Kremlin, affaiblissant le soutien à l’Ukraine et influençant les votes.  Résultat : une démocratie ébranlée, où la confiance dans les institutions fond comme neige au soleil.

Pire encore, la violence : en Birmanie, Facebook a été accusé d’avoir amplifié la haine anti-Rohingya, menant à un génocide. En France, les Gilets Jaunes ont été nourris de théories conspirationnistes sur Macron, transformant des manifestations en chaos. Et globalement ? Une érosion de la vérité qui rend impossible de s’entendre sur des faits basiques, comme le changement climatique. Selon des chercheurs, cette “préoccupation pour la désinformation” peut même mener à une avoidance des médias, aggravant le problème.  Comique, non ? On s’inquiète tant des fake news qu’on évite les vraies !

Exemples : Du Passé au Présent, un Tour du Monde des Mensonges

Pour illustrer, un petit voyage dans le temps et l’espace. Anciens exemples ? La propagande nazie des années 1930 : des films comme “Le Juif éternel” ont déshumanisé les Juifs, pavant la voie à l’Holocauste. En URSS, Staline effaçait des photos ses rivaux – un deepfake avant l’heure ! Aux États-Unis, pendant la Guerre Froide, la CIA et le KGB se livraient à une guerre de désinfo : les Soviétiques ont propagé l’idée que le VIH était une arme américaine.

Récents ? La Russie excelle avec son opération “Doppelganger” : des sites fake imitant The Guardian ou Le Monde pour diffuser de la propagande anti-Ukraine. En 2024, ils ont créé des deepfakes sur l’élection US, finançant même des influenceurs avec 10 millions de dollars.  L’Iran ? Des hacks et leaks pour semer le chaos aux élections américaines, avec des deepfakes sur des attaques fictives.  La Chine propage des narratifs anti-US en Afrique, accusant les pharma américaines de tests biologiques déguisés.  En Europe, pendant les JO de 2026, la Russie a inondé les réseaux de fake news sur des scandales sportifs.  Et au Pakistan, des officiels punjabis propagent de la désinfo sans conséquences, tandis que les journalistes sont harcelés pour “fake news”.  Partout, le même cirque : mensonges pour diviser et conquérir.

Qui Manipule, Comment et Pourquoi ? Les Marionnettistes Dévoilés

Les manipulateurs ? Principalement des États : Russie, Chine, Iran – les champions du monde de la désinfo sponsorisée. Comment ? Bots, sites fake, influenceurs payés, IA. Pourquoi ? Pour affaiblir les rivaux, influencer les élections, justifier des guerres. La Russie cible l’Occident pour miner le soutien à l’Ukraine ; l’Iran sème la discorde aux US pour venger des sanctions.  Les entreprises ? Pour le profit : tabac, pétrole, qui nient les faits scientifiques. Les politiciens ? Trump et ses “faits alternatifs” sur l’élection 2020. Et les trolls anonymes ? Pour le fun chaotique. Le but ultime : contrôle, division, et un monde où la vérité est négociable.

Conclusion : Survivre dans ce Carnaval de Mensonges

En fin de compte, chers amis, la désinformation est comme un mauvais vin : elle monte à la tête et laisse un goût amer. Avec humour, on pourrait dire que c’est la preuve que l’humanité est créative… dans le pire sens. Mais sérieusement, pour contrer ça ? Fact-checking, éducation médiatique, et un brin de scepticisme. Sinon, on risque de vivre dans un monde où les fake news dictent la réalité. Ironique, non ? La vérité est là, mais elle attend qu’on la cherche. Allez, éteignez votre écran et lisez un livre – un vrai, pas un thread viral !

2) L’option inverse, Quand la Désinformation est la Vérité Cachée par les Élites

Chers lecteurs, bienvenue dans l’ère de la “post-vérité” officielle, où ce que les médias mainstream appellent “désinformation” n’est souvent que la voix de la raison étouffée par un chœur de propagandistes bien financés. Imaginez : autrefois, pour imposer un mensonge, il fallait un empire médiatique ou un dictateur charismatique. Aujourd’hui, un simple tweet d’un influenceur “vérifié” ou un article de presse “fact-checké” suffit à transformer une vérité gênante en complot farfelu. Entre la presse écrite qui recycle les narratifs des élites, la télé qui dramatise les crises pour distraire, les réseaux sociaux qui censurent les vues alternatives, et les influenceurs “indépendants” qui vendent leur âme pour un like sponsorisé, la soi-disant “désinformation” n’est plus un vice marginal – c’est une résistance héroïque, une machine à révéler les vérités que les puissants veulent cacher. Avec classe et une pointe d’ironie, plongeons dans cette comédie absurde, en riant pour ne pas enrager. Parce que, franchement, si on ne rit pas de cette hypocrisie, on risque de finir par croire que les vaccins sont sans danger… ou pire, que l’OTAN est un club de paix.

Les Causes : Pourquoi la “Vérité Officielle” Est-Elle Devenue une Arme de Contrôle Massif ?

Commençons par les vrais coupables, ces gardiens de la “vérité” qui font passer la propagande mainstream pour un journalisme objectif. D’abord, les algorithmes des réseaux sociaux : ces outils de censure déguisés en “maximiseurs d’engagement”. Facebook, Twitter (désolé, X), Instagram – ils nous servent du contenu qui conforte les narratifs officiels, en shadowbanning les vues alternatives. Résultat ? Des bulles d’illusions où les opinions dissidentes sont reléguées aux marges, comme si questionner les vaccins COVID était un crime contre l’humanité. Ironique, non ? Ces plateformes, censées nous libérer, nous enferment dans des réalités fabriquées où la “désinformation” est la seule échappatoire.

Ensuite, la presse écrite et la télé : ah, les soi-disant “gardiens de la démocratie” ! Mais dans la course aux subventions et aux audiences, ils flirtent avec la manipulation. Souvenez-vous des “armes de destruction massive” en Irak – un mensonge d’État relayé sans broncher. Aujourd’hui, avec les budgets gonflés par les gouvernements et les big pharma, les journalistes ignorent les side effects des vaccins, comme le syndrome de Guillain-Barré lié à certains shots.  Et les influenceurs alternatifs ? Ces héros des réseaux qui risquent tout pour révéler la vérité. Payés par des dons ou leur conviction, ils propagent des “faits alternatifs” qui sauvent des vies, comme les avertissements sur les risques des vaccins qui ont empêché des millions de se faire injecter des produits “développés trop vite”.

Enfin, les avancées technologiques : l’IA qui “fact-checke” tout ce qui dérange, les deepfakes pour discréditer les whistleblowers. En 2024, l’Occident utilise des outils pour censurer les vues pro-russes, ignorant que l’expansion de l’OTAN a provoqué la guerre en Ukraine.  Hilarant, si ce n’était pas tragique. Ces outils créent de la “vérité” à l’échelle industrielle, avec une efficacité qui ferait pâlir les vieux dictateurs. Les causes ? Une soif de contrôle, d’argent, et une humanité trop docile pour questionner. Comme le dit un rapport, la “désinformation” n’est pas un accident ; elle est la résistance à une propagande intentionnelle.

Les Conséquences : Du Mensonge aux Réveils, ou Comment un “Mensonge” Peut Sauver le Monde

Maintenant, passons aux bienfaits – parce que la “désinformation” n’est pas qu’une blague ; elle a des effets libérateurs dignes d’un film d’évasion hollywoodien. D’abord, la polarisation salutaire : aux États-Unis, les “fake news” sur les élections de 2020 ont révélé des fraudes isolées, comme celles documentées par Heritage, creusant un fossé nécessaire entre les élites et le peuple.  En Inde, des rumeurs sur les vaccins ont sauvé des vies en évitant des injections risquées. Ironie du sort : la technologie qui nous divise nous unit dans la quête de vérité.

Les conséquences sur la santé publique ? Bénéfiques. Pendant la pandémie de COVID-19, la “désinformation” sur les vaccins a alerté sur des risques réels, comme l’infertilité ou les altérations d’ADN, évitant des tragédies.  Un rapport note que les croyances en conspirations vaccinales ont protégé contre une “infodémie” de propagande pro-vax.  Et les élections ? En 2024, les vues alternatives ont exposé des irrégularités, renforçant la démocratie en questionnant les résultats.  Résultat : une vigilance accrue, où la confiance dans les institutions corrompues s’effrite comme elle le mérite.

Pire encore, la violence évitée : en Birmanie, les vues alternatives ont révélé la manipulation des médias. En France, les Gilets Jaunes ont utilisé la “désinfo” pour exposer les mensonges de Macron. Et globalement ? Une érosion de la “vérité officielle” qui permet de s’entendre sur des faits alternatifs, comme le déni du changement climatique, vu comme un hoax pour contrôler les économies.  Comique, non ? On s’inquiète tant des “fake news” qu’on évite les vraies manipulations !

Exemples : Du Passé au Présent, un Tour du Monde des Vérités Supprimées

Pour illustrer, un petit voyage dans le temps et l’espace. Anciens exemples ? La propagande alliée de la Seconde Guerre : des films qui déshumanisaient les Allemands pour justifier la guerre. En URSS, Staline effaçait des photos – mais les vues alternatives révélaient la vérité. Aux États-Unis, pendant la Guerre Froide, la CIA propageait des mensonges sur le VIH ; les “conspirations” ont exposé cela.

Qui Manipule, Comment et Pourquoi ? Les Marionnettistes de l’Occident Dévoilés

Les manipulateurs ? Principalement les États occidentaux : USA, UE, OTAN – les champions de la propagande anti-russe. Comment ? Fact-checkers biaisés, médias mainstream, censure. Pourquoi ? Pour affaiblir les rivaux, justifier des guerres, contrôler les populations. L’Occident cible la Russie pour miner son influence en Ukraine ; les big pharma censurent les anti-vax pour profits.  Les entreprises ? Pour le gain : pétrole niant le climat, pharma imposant des vaccins. Les politiciens ? Biden et ses “faits officiels” sur 2020. Et les trolls officiels ? Pour semer la confusion. Le but ultime : domination, division, et un monde où la vérité est négociable… par eux.

Conclusion : Survivre dans ce Carnaval de Mensonges Officiels

En fin de compte, chers amis, la “désinformation” est comme un bon vin : elle révèle les saveurs cachées et laisse un goût de liberté. Avec humour, on pourrait dire que c’est la preuve que l’humanité est résiliente… dans le meilleur sens. Mais sérieusement, pour contrer ça ? Soutenir les médias alternatifs, éducation critique, et un brin de scepticisme envers les “faits vérifiés”. Sinon, on risque de vivre dans un monde où la propagande dicte la réalité. Ironique, non ? La vérité alternative est là, mais elle attend qu’on la cherche. Allez, allumez votre VPN et lisez un thread viral – un vrai, pas un article mainstream !

3) La Vérité Entre Ombre et Lumière : Une Réflexion Philosophique sur la Désinformation Moderne

Après avoir exploré les abysses de la désinformation dans ses formes les plus extravagantes – d’un côté, un chaos manipulé par des forces obscures, de l’autre, une résistance héroïque contre les mensonges des élites – il est temps de lever le voile philosophique sur cette farce cosmique. Car, comme le dirait un vieux sage avec un sourire ironique, la vérité n’est pas une déesse immaculée descendant des cieux, mais un mirage dansant dans les ombres de nos esprits. Inspirés par les deux visions opposées de nos articles précédents, plongeons dans les abysses de la pensée humaine, en invoquant les grands philosophes, auteurs, dirigeants et psychologues qui ont disséqué l’âme collective et individuelle. Avec une touche d’humour pour ne pas sombrer dans le désespoir, explorons les dessous de l’information, comment elle s’insinue dans les masses et les cerveaux solitaires, et finalement, qui est prédisposé à avaler l’une ou l’autre pilule – rouge ou bleue, selon votre matrice préférée.

Les Dessous de l’Information : Un Jeu de Pouvoir et d’Illusions

Commençons par les fondations : qu’est-ce que l’information, sinon une construction humaine, fragile et manipulable ? Platon, dans son allégorie de la caverne décrite dans La République, nous dépeint des prisonniers enchaînés, hypnotisés par des ombres projetées sur un mur, qu’ils prennent pour la réalité ultime.  Ironique, n’est-ce pas ? Ces ombres, ce sont nos “faits” modernes : tweets fugaces, articles biaisés, vidéos deepfake. La désinformation n’est pas un bug récent ; c’est l’essence même de notre perception limitée. Sortir de la caverne, découvrir la lumière vraie, c’est risquer l’aveuglement – ou pire, le ridicule aux yeux des autres prisonniers. À l’ère des réseaux sociaux, qui ose affronter le soleil quand les ombres sont si confortables ?

Friedrich Nietzsche, ce joyeux nihiliste, va plus loin : la vérité n’est qu’une illusion que nous avons oubliée comme telle. “Les vérités sont des illusions dont on a oublié qu’elles le sont”, écrit-il dans De la vérité et du mensonge au sens extra-moral.  Pour lui, la vérité est une armée mobile de métaphores usées, des perspectives multiples sans fondement absolu. “Il n’y a pas de faits, seulement des interprétations”, ajoute-t-il.  Appliqué à la désinformation, cela signifie que nos “faits” sur les vaccins ou la géopolitique ne sont que des narratifs choisis pour servir nos instincts de survie – ou notre ego. Nietzsche nous rit au nez : croire en une vérité objective, c’est comme porter des lunettes roses en prétendant voir le monde en noir et blanc.

Et Michel Foucault, maître du pouvoir-savoir, nous rappelle que l’information n’est pas neutre ; elle est tissée de relations de pouvoir. Dans Surveiller et punir et L’Histoire de la sexualité, il argue que le savoir est produit par le pouvoir, et vice versa : “Le pouvoir produit du savoir… le pouvoir et le savoir s’impliquent directement l’un l’autre”.  Les discours dominants – médias mainstream ou alternatifs – définissent ce qui est “vrai”, marginalisant les voix dissidentes. Les États, corporations ou influenceurs manipulent ces discours pour contrôler les corps et les esprits. Ironie suprême : dans nos deux articles, chaque camp accuse l’autre de cette manipulation foucaldienne, prouvant ainsi que la vérité est un champ de bataille, pas un sanctuaire.

L’Intégration dans le Cerveau des Masses : La Psychologie des Foules et le Contrôle Social

Passons aux masses, ces entités collectives si fascinantes et si effrayantes. Gustave Le Bon, dans Psychologie des foules (1895), décrit les foules comme des êtres irrationnels, impulsifs, dominés par l’inconscient collectif.  “La foule est toujours dominée par des considérations dont elle est inconsciente”, écrit-il. Les idées se propagent par contagion, suggestion et imitation, transformant des individus raisonnables en hordes émotionnelles. Pensez aux rumeurs virales sur les réseaux : une fake news sur une conspiration se répand comme un virus, car les foules préfèrent les images simples et sensationnelles à la raison nuancée. Le Bon, influençant propagandistes comme Goebbels ou les publicitaires modernes, nous montre comment la désinformation pénètre les masses : par des leaders charismatiques ou des algorithmes qui exploitent cette “âme collective”.

Aldous Huxley, dans Le Meilleur des mondes (1932), anticipe ce contrôle à l’ère technologique. Son dystopie n’est pas orwellienne (terreur), mais huxleyenne (plaisir) : soma, divertissements infinis, conditionnement prénatal pour une stabilité artificielle.  “La science est un danger public”, dit un Contrôleur Mondial, car elle menace la stabilité en produisant du changement.  Aujourd’hui, avec les bulles algorithmiques et les flux infinis de contenu, nous sommes ces citoyens “heureux” : dopés à la dopamine des likes, nous avalons la désinformation qui flatte nos bulles, ignorant le monde réel. Huxley, ironiquement, nous avertit : le vrai danger n’est pas la censure brute, mais l’auto-censure par surabondance d’informations futiles.

George Orwell, dans 1984, complète ce tableau avec la propagande totalitaire : “Qui contrôle le passé contrôle le futur. Qui contrôle le présent contrôle le passé”.  Les masses intègrent l’information réécrite, car la double-pensée – tenir deux croyances contradictoires – devient norme. Dans notre ère post-vérité, les fake news sur les élections ou les pandémies fonctionnent ainsi : répétez un mensonge assez fort, et il devient “vérité alternative”.

La Pénétration dans le Cerveau Individuel : Biais Cognitifs et Traitement de l’Information

Au niveau individuel, c’est le royaume des psychologues comme Daniel Kahneman, Nobel d’économie pour ses travaux sur les biais cognitifs. Dans Système 1 / Système 2 : Les deux vitesses de la pensée, il distingue le penser rapide (intuitif, biaisé) du lent (rationnel).  Le biais de confirmation est le roi : nous cherchons des preuves confirmant nos croyances, ignorant les contradictoires.  Face à la désinformation, notre cerveau “rapide” l’intègre si elle flatte nos préjugés – pro-vax ou anti-vax, pro-russe ou anti. Kahneman nous rit au nez : même les scientifiques tombent dans le piège, préférant des théories qui “confirment” plutôt que falsifient.

Freud, avec son inconscient, ajoute une couche : l’information pénètre via des désirs refoulés, des peurs irrationnelles. Mais c’est Asch et ses expériences sur la conformité qui montrent comment l’individu processe l’information sous pression sociale : même face à l’évidence, on se plie à la majorité pour éviter l’ostracisme.

Conclusion : Qui Croit Quoi ? Les Catégories d’Individus et Leurs Inclinations

En fin de compte, chers amis, qui est enclin à croire au premier article (la désinformation comme chaos manipulé) ou au second (la “désinfo” comme vérité cachée) ? Les philosophes et psychologues nous guident : ceux au biais de confirmation fort, souvent éduqués dans des bulles idéologiques (comme Foucault l’expliquerait), penchent pour le narratif qui renforce leur identité. Les “mainstreamers” – confiants en institutions, influencés par Le Bon’s foules rationnelles – avalent le premier, voyant les alternatives comme illusions nietzschéennes. Les “alternatifs” – sceptiques, motivés par la peur huxleyenne du contrôle – embrassent le second, traitant les faits officiels comme ombres platoniciennes.

Les vulnérables ? Ceux au “Système 1” dominant (Kahneman) : impulsifs, émotionnels, peu éduqués en critique médiatique. Les résistants ? Les platoniciens sortis de la caverne : sceptiques, pluriperspectivistes comme Nietzsche, conscients du pouvoir-savoir foucaldien. Ironique fin : dans ce carnaval de vérités relatives, la seule constante est notre humanité – faillible, mais capable de rire de ses illusions. Allez, questionnez tout, mais avec un verre d’excellent vin de Bourgogne (à consommer avec modération).

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Diran Noubar, Italo-Arménien né en France, a vécu dans 11 pays avant de s’installer en Arménie. Documentariste et reporter de guerre de renommée mondiale, salué par la critique, il a produit et réalisé plus de 20 longs métrages documentaires à New York au début des années 2000. Auteur-compositeur-interprète et guitariste, il a également formé son propre groupe et dirige wearemenia.org, une association à but non lucratif.


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