Dans le dernier épisode de Le podcast “Perspectives de médiation”, Christel Hildegard Schirmer – Bâtisseur de Liens et Joëlle Dunoyer ont reçu Céline Vallières, avocate, médiatrice et formatrice chevronnée au Québec. Forte de 27 ans d’expérience, elle nous livre une réflexion profonde sur le rôle de l’authenticité et de la vulnérabilité dans la transformation des conflits.
Pour voir/écouter le podcast:
La sécurité et le sens : Les deux piliers du cerveau humain
Les neurosciences nous apprennent que face à une crise, le cerveau humain a deux besoins fondamentaux : la sécurité et le sens. Tant que ces deux éléments ne sont pas garantis, aucune négociation durable n’est possible.
C’est là que l’entretien individuel préalable (ou cocus) prend toute sa valeur. C’est un espace privilégié hors du temps où le médiateur, par sa qualité de présence et son absence de masque, permet aux parties de faire tomber les leurs.
Vulnérabilité n’est pas faiblesse
En s’appuyant sur les travaux de la chercheuse Brené Brown, Céline Vallières rappelle une vérité essentielle : la vulnérabilité n’est pas une faiblesse, c’est notre plus grande mesure du courage.
- Pour les parties : Nommer une émotion, exprimer une peur ou admettre un tort permet de passer des murs aux fenêtres, ouvrant la voie à une empathie réciproque.
- Les limites du dévoilement : Attention toutefois à ne pas basculer dans l’exposition à tout prix. Face à des profils manipulateurs ou en cas de déséquilibre de pouvoir, le médiateur a un devoir de protection. La vulnérabilité doit être un choix conscient, jamais une exigence.
La posture du médiateur : Tenir la barre dans la tempête
Si l’authenticité du médiateur est une condition sine qua non pour inspirer la confiance, sa propre vulnérabilité doit être maniée avec une extrême prudence.
“Les parties ont besoin de sécurité. Vous ne pouvez pas vous sentir en sécurité avec un capitaine qui ne sait pas mener son bateau dans l’orage.” – Céline Vallières
Le rôle du médiateur est de garantir le cadre et la sécurité psychologique. Si le doute ou l’inquiétude s’installent, c’est au sein de la co-médiation ou en supervision qu’ils doivent s’exprimer, et non devant les médiés, qui cherchent avant tout un ancrage solide.
En développant notre intelligence émotionnelle et notre capacité à décoder le non-verbal, nous apprenons à faire confiance à notre intuition pour savoir exactement quand inciter à la transparence, et quand poser un stop pour protéger les personnes.
Quelles sont vos pratiques pour instaurer une sécurité psychologique rapide lors de vos interventions complexes ? Partagez vos retours d’expérience dans les commentaires !
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Pascal Gemperli est membre du réseau TRANSCEND Peace Development Environment. Il est un spécialiste reconnu de la médiation, de la négociation, de la réforme du secteur de la sécurité et d’autres domaines. Fort d’une vaste expérience de travail avec des agences des Nations Unies, des organisations internationales et des ONG, il a conçu et dirigé des initiatives de consolidation de la paix et de dialogue dans des contextes culturels et institutionnels divers. Son expertise comprend la transformation des conflits et la promotion de la gouvernance dans les environnements fragiles. Email: gemperlipascal@gmail.com
